CYCLISME: LE BILAN DES CHAMPIONNATS DE FRANCE DE CYCLO-CROSS A LIEVIN

cyclo-cross Liévin
De belles courses sur un circuit très boueux (photo Pierre Willemetz)

Les championnats de France de cyclo-cross avaient lieu pour la 3è fois au Val de Souchez à Liévin. Malgré le contexte sanitaire, et des conditions météo défavorables, l’organisation est globalement satisfaisante. Un bon test (courant en cette période) avant les championnats du Monde qui seront organisés sur ce même circuit en janvier 2025, dans trois ans donc.

John Gadret, le président du comité d’organisation Liévin 2022 (photo JMD/Sports5962)

Ces championnats de France de cyclo-cross à Liévin sont une réussite. C’est l’avis général qui circulait tant au niveau des organisateurs que des concurrents et des media à l’issue de ces deux jours de courses dans le Bassin Minier. Pourtant, le pari n’était pas gagné d’avance depuis les annonces gouvernementales de fin décembre pour lutter contre le covid. La crainte d’une annulation de dernière minute a longtemps plané.

La grosse déception: un public moins nombreux qu’espéré

Mais l’équipe d’organisation réunie autour de l’ancien champion de France John Gadret a poursuivi son travail jusqu’au bout. Liévin a d’abord été soulagée par une jauge à 5 000 spectateurs, suffisante pour ce genre d’évènement (on n’est pas en Flandre belge où le cyclo-cross est une vraie religion).

Cette jauge a d’ailleurs était loin d’être atteinte, en grande partie à cause d’une météo particulièrement défavorable. Surtout le samedi, où il a plu toute la journée, ce qui a transformé le circuit et les abords en bourbier.

Malgré cela, les spectateurs ont assisté à de belles courses. A la fin de la compétition, le président de la Fédération française de cyclisme, Michel Callot, dressait un bilan positif et ne cachait pas son soulagement vu la menace sanitaire.

Vidéo. Michel Callot, président de la FFC, dresse le bilan de Liévin 2022 pour France-Bleu Nord et Sports 59/62.

Certes, tout n’a pas été parfait, surtout pour le public. Les organisateurs n’y pouvaient rien. Mais les pluies de la semaine ont rendu l’Espace Guy Dheruelle au Val De Souchez particulièrement inconfortable pour le public. Il y avait par endroits des mares de boue, comme devant la friterie. La seule installée sur le site et qui s’est vue en rupture de stock avant la fin de la compétition. La file d’attente était bien longue le midi…

De bonnes conditions techniques malgré la météo

Il aurait sans doute fallu un food-truck supplémentaire à un endroit différent, et peut-être des planches ou des cailloux sur les parties les plus humides de ce site d’accueil du cyclo-cross à Liévin.

Les concurrents, eux, ont semblé satisfaits de leur installation. Même si le parcage a constitué un problème. Il faudra pour les championnats du Monde 2025 trouver plus d’espace pour les parkings. Pas évident dans cette zone très urbaine. Ce sera un des challenges de l’équipe d’organisation de Liévin 2025.

Sur le plan purement sportif en revanche, la satisfaction est totale. John Gadret, en fin connaisseur, a tracé un parcours particulièrement sélectif, autour duquel les spectateurs pouvaient facilement circuler et apprécier plusieurs « spots » durant la course.

Même la boue n’a pas trop contrarié les concurrents. Ceux-ci pouvaient passer deux fois durant chaque tour au poste d’assistance ou les jets d’eau ont fonctionné à haute fréquence. Les assistants et mécaniciens ont été très sollicités…

Les « mécanos » ont été très sollicités durant les deux jours (photo Pierre Willemetz).

Ces conditions dantesques ont favorisé les « costauds ». Les coureurs puissants ont pris l’avantage sur les petits gabarits et les bons techniciens. Mais c’est la règle du jeu en cyclo-cross où les conditions météo font intégralement partie de la course.

De belles courses de cyclo-cross à Liévin

Du relais des comités le samedi matin, jusqu’à la course Elite masculine dimanche après-midi, on a assisté à de belles courses, de cyclo-cross à Liévin. Des courses souvent très disputées, et qui ont couronné de beaux champions dans toutes les catégories d’âge.

« En France, le cyclo-cross fonctionne très très bien », explique aussi Michel Callot. » Dans nos comités régionaux, les calendriers sont remplis. Il y a des cross tous les samedis, tous les dimanches. Il y a beaucoup de participation en nombre, notamment chez les jeunes. « 

Certes, les Français sont encore loin du haut-niveau international dans un contexte totalement dominé par les Belges et les Néerlandaises. Mais certains tricolores se rapproche du Top 10 mondial comme Joshua Dubau chez les Hommes ou Hélène Clauzel chez les Femmes. Et surtout, on a assisté à l’éclosion ou la confirmation de beaux éléments pour le futur.

Marc Madiot, le manager de Groupama-FDJ, assistait à la compétition à Liévin (photo Pierre Willemetz)

On classera dans cette catégorie le champion de France Espoir Romain Grégoire ou le champion de France juniors Louka Lesueur. Ces deux jeunes de la Groupama-FDJ ont révélé de belles qualités sous les yeux de leur « patron », Marc Madiot, présent à Liévin avec une grosse structure d’assistance pour encadrer ses coureurs. On connaît l’affection de l’ancien double vainqueur de Paris-Roubaix pour le cyclo-cross. On imagine la satisfaction du Mayennais après ces deux titres.

Line Burquier, une future grande ?

On a apprécié aussi la maturité du champion de France cadets Paul Seixas, qui va rejoindre l’équipe Citroën-AG2R. Et surtout, on a vu l’explosion de la toute jeune (18 ans) Line Burquier. Sortie à peine des rangs juniors, la Haut-Savoyarde rafle et le titre Espoirs, et le titre Elite devant des concurrentes bien plus expérimentées. Tout le monde voit déjà en Line Burquier la relève de Pauline Ferrand-Prévôt, à laquelle elle ressemble beaucoup. Car elle a aussi un beau palmarès déjà en VTT.

Line Burquier a été la grande révélation de ces championnats de cyclo-cross à Liévin (photo FFC)

Le constat est malheureusement moins réjouissant dans les Hauts-de-France. Le comité régional n’a pas du tout pesé dans ces championnats nationaux « à la maison ». Seules Adèle Hurteloup (5ème chez les juniors filles) et Camille Devigne (5ème espoir féminine) intégrent le Top 10 national. Quentin Jaurégui, sur lequel on pouvait espérer un exploit, se contente d’une 13ème place en Elite. Le Lensois n’a pas réussi à combler le manque de préparation provoqué par une absence de compétition de presque un an.

Les Hauts-de-France à la peine

On a cru au podium, voire au titre, dans le relais des comités régionaux. L’équipe des Hauts-de-France était en tête à l’attaque du dernier tour. Mais la stratégie n’était pas la bonne. La plupart des équipes ont mis leur meilleur coureur dans le dernier relais. La jeune Camille Devigne s’est vu ainsi opposée à des coureurs Elite comme le professionnel Fabien Doubey. La Madeleinoise n’a pu faire mieux que terminer 6ème. pour le comité.

Son président Pascal Sergent accueillait ces résultats avec réalisme. » Nous sommes simplement à notre place. Nous n’avons plus dans la région une culture du cyclo-cross de certains comités comme Auvergne/Rhône-Alpes, le Grand Est ou la Bretagne. Là-bas, il y a beaucoup de cross les week-end, et les jeunes suivent. Ce n’est pas le cas chez nous où les organisations sont de moins en moins nombreuses, et les plateaux de plus en plus maigres. »

Adèle Hurteloup termine 5èmes chez les juniors filles (photo Pierre Willemetz)

Pour relancer la discipline, le comité régional a mis en place des stages et des entraînements hivernaux le mercredi pour les jeunes qui veulent faire du cyclo-cross.

La Coupe du Monde de cyclo-cross à Liévin ?

Les Hauts-de-France ont aussi perdu cette saison leur meilleur espoir. Ugo Ananie (9ème ici) est désormais licencié dans le Grand Est depuis sa signature dans le team Legendre. Sans oublier Paul Anchain, blessé à la selle et absent ici. En guise de consolation, Pascal Sergent relève quand même: » en revanche les autres comités n’ont peut-être pas notre culture de la piste et les résultats qui suivent. »

En conclusion de ce week-end tricolore dans le Pas-de-Calais, le président de la FFC Michel Callot nous confiait que le Val de Souchez devrait accueillir des épreuves de Coupe du Monde avant le grand rendez-vous mondial de janvier 2025. Preuve que les édiles fédérales font confiance aux organisateurs de Liévin 2022.

Photos de Pierre Willemetz

A propos de JEAN-MARC DEVRED 677 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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