TOP 14. TOULOUSE EN FINALE … AVEC LE LILLOIS SELEVASIO TOLOFUA

Toulouse et le Lillois Tolofua se qualifie pour la finale du Top 14
Les joueurs toulousains devant la tribune ouest (photo JMD)

Le Stade Toulousain s’est qualifié dans la douleur pour la finale du Top 14. Une victoire 24-21 face à l’Union Bordeaux-Bègles réduite à 14, à l’issue d’un match palpitant. Cette 2ème demi-finale a tenu toutes ses promesses après celle de la veille entre La Rochelle et le Racing 92. Le spectacle a été de grande qualité durant ces deux soirées de rugby au stade Pierre-Mauroy. Les deux meilleures équipes de la saison disputeront le titre. Toulouse avec dans ses rangs un Lillois, Selevasio Tolofua, le n°8 des champions d’Europe qui a découvert le rugby à l’Olympique Marcquois.

Un duel du Sud-Ouest emballant

Quel rencontre emballante que ce derby du Sud-Ouest, après l’impressionnant choc de la veille qui avait vu les Rochelais imposer leur puissance devant ! Là, les 5000 spectateurs présents ont assisté à un duel très ouvert, et plein de rebondissements, avec à la clé quatre essais superbes, comme celui de l’arrière toulousain Thomas Ramos, élu homme du match. après avoir marqué 19 des 24 points de son équipe.

Vidéo. Thomas Ramos a passé quatre buts de pénalité.

Le Stade Toulousain, qui partait favori, a pris l’ascendant dès le début grâce à une percée de Romain Ntamack conclue par un essai dès la 5ème minute, suivi par une pénalité de Thomas Ramos à la 11ème. L’équipe de Ugo Mola menait alors 8-0 et semblait s’acheminer vers un succès tranquille.

Mais les Bordelais vont rapidement réagir avec un essai de Benjamin Lam transformé par Mathieu Jalibert (8-7). Mais deux nouveaux buts de pénalités de Ramos ont redonné un avantage plus confortable à son équipe au repos (14-7).

La vaillance de l’UBB

Après le repos pourtant, l’UBB va renverser la situation et prendre l’avantage (15-14) grâce à une pénalité de Jalibert suivie du 2ème essai marqué par Ben Lam, auteur d’un doublé, à la 54ème minute. Les supporters bordelais commençaient à croire à l’exploit quand survient le tournant du match peu avant l’heure de jeu.

A la 58ème minute en effet, le centre bordelais Ulepano Seuteni prend un carton rouge (justifié) après un choc violent qui voit Romain Ntamack être mis KO et sortir du terrain pour un protocole commotion. L’UBB va jouer les 22 dernières minutes en infériorité numérique.

Jalibert permet pourtant à son équipe de reprendre l’avantage après la pénalité de Ramos. Bordeaux mène 18-17 encore à la 67ème minute, juste avant l’essai transformé de Thomas Ramos (24-18). Malgré toute leur vaillance et une dernière pénalité de Jalibert, Les Bordelais doivent s’incliner les armes à la main (21-24) face aux champions d’Europe.

Vidéo. L’essai de Thomas Ramos après un beau rush.

Si Ramos, auteur de 19 des 24 points de son équipe, a été logiquement désigné homme du match, d’autres Toulousains ont été bien noté à commencer par le troisième ligne centre Selevasio Tolofua. Cet avant un peu méconnu dans la constellation de stars que constitue le Stade Toulousain, a abattu un travail énorme durant 80 minutes.

Tolofua, de Marcq à Toulouse

Ce solide gaillard de 1m86 pour 100 kilos est en effet né à Lille le 31 mai 1997. Son père, originaire de Wallis-et-Futuna, travaillait comme chauffeur de bus à Transpole. C’est à Marcq-en-Baroeul, qui évolue aujourd’hui en Fédérale 1, que Selevasio a commencé à jouer au rugby . Comme l’Olympique marcquois a un partenariat avec le Stade Toulousain, son frère aîné Nekelo, part un an au centre de formation, avant d’être rejoint par toute la famille.

Selevasio Tolofua (photo Stade Toulousain)

Trois quart centre au départ, Selevasio Tolofua va se reconvertir en 3ème ligne lors de sa formation dans la cité rose. Il intègre le pôle France de Marcoussis en 2015 après avoir joué dans les différentes sélections jeunes. Il fait d’ailleurs partie de l’équipe de France championne d’Europe U18 en 2015.

Il débute ensuite dans le groupe pro du stade Toulousain en 2016. Son premier match en Top 14, c’est le 13 novembre 2016 , aux côtés de son autre frère Christopher, contre … La Rochelle.

L’année dernière, il est appelé pour la première fois en équipe de France par Fabien Galthié pour préparer le Tournoi des VI Nations. Il connaît sa première sélection à Twickenham lors de la finale de la Coupe d’Automne des Nations face à l’Angleterre. Quel parcours pour le jeune Lillois, déjà champion de France en 2019, et champion d’Europe cette année !

Il y avait donc bien un Nordiste ce week-end sur la pelouse du stade Pierre-Mauroy. Quand la Ligue nationale de rugby (LNR) a désigné Lille pour accueillir les demi-finales du Top 14, les spécialistes pensaient que ce Nordiste pouvait être Alexandre Flanquart. Ce Cambraisien qui compte 22 sélections comme 2ème ligne en équipe de France jouait encore à Bordeaux en début de saison. Mais vu son manque de temps jeu, il a signé en début d’année à Aix-en-Provence en ProD2.

Les réactions

Selevasio Tolofua jouera donc une nouvelle finale, vendredi soir, au Stade de France. Mais son équipe a frôlé de près la défaite, comme l’a reconnu Ugo Mola, en conférence de presse.

D’emblée, l’entraîneur toulousain a déclaré aux nombreux journalistes présents: « C’est une demi-finale, vous pensiez qu’on allait mettre 40 points à Bordeaux ? C’est un succès important, pas forcément avec le panache dont on a l’habitude mais avec beaucoup de caractère, d’application. Même si des choses nous ont échappé. On est tombés sur une magnifique équipe de Bordeaux, qui avait peut-être plus de fraîcheur que nous, qui a eu l’honneur et la capacité d’y croire très longtemps, ils nous ont mis à mal un bon moment dans la partie. C’était un adversaire d’un très haut niveau, il a fallu s’employer. »

Ugo Mola a rendu hommage à Bordeaux en conférence de presse (photo JMD)

Indirectement, Mola a rendu hommage à son homologue bordelais Christophe Urios, avec qui il n’entretient pourtant pas les meilleurs rapports.

 » Il y a des coups du sort toujours en faveur des Toulousains… Quatre fois qu’on les joue, quatre fois que c’est pareil« 

Christophe Urios, entraîneur de Bordeaux

Ce dernier était forcément amer après cette défaite. « C’est une défaite qui aurait pu être une victoire. Je pense que la meilleure équipe n’a pas gagné ce soir, même si on a beaucoup de respect pour Toulouse. Ce soir, on mérite de gagner. On n’a pas tout contrôlé, on a fait des erreurs notamment en première mi-temps. Cela ne nous a pas permis de bien rentrer dans le match, de les mettre en difficulté. Après, il y a des coups du sort toujours en faveur des Toulousains… Quatre fois qu’on les joue, quatre fois que c’est pareil… Je ne m’épancherai pas là-dessus, même si ce soir on a beaucoup de colère. »

Toujours est-il que le Stade Toulousain a confirmé sa supériorité sur le rugby français, malgré la valeur de son adversaire. Une supériorité qu’il faudra confirmer vendredi soir face à La Rochelle dans une finale du Top 14 très attendue.

Record d’audience

S’il n’y a pu avoir que 10 000 spectateurs au stade, un record d’audience a été battu sur ces dem-finales diffusées par Canal+, malgré la forte concurrence de l’Euro de football. Ce qu’a annoncé la LNR dans ce communiqué.

La feuille de match

2ème demi-finale du Top 14 (19 juin)

Stade Pierre-Mauroy de Villeneuve d’Ascq. 5000 spectateurs. Temps pluvieux et orageux. Toit fermé. Pelouse en bon état. Arbitre: M.Tual Trainini.

Stade Toulousain – Union Bordeaux-Bègles: 24 – 21 (14-7)

Pour Toulouse: 2 essais (Ntamack 5è; Ramos 67è); 1 transformation (67è), 4 pénalités (11è, 18è, 35è, 59è) Ramos.

Pour Bordeaux: 2 essais Lam (12è et 54è); 1 transformation (13è), 4 pénalités (44è, 61è, 76è) Jalibert.

Les Toulousains à l’entraînement vendredi (photo JMD)

Composition Toulouse: Baille (puis Neti 66è), Marchand, (puis Mauvaka 51è), Faumuina (puis Ainuu 66è) – Arnold (puis Youyoutte 58è), Kaino (puis Flament 51è)- Elstadt (puis Miquel 66è), Cros, Tolofua – Dupont, Ntamack (puis Cruz 58è) – Lebel, Akhi, Cordero, Kolbe – Ramos.

Composition Bordeaux: Poirot (puis Kaulashvili 45è), Maynardier, (Lamothe 45è), Cobillas (puis Taimeifuna 45è)- Douglas (puis Petti 77è), Cazeaux (Jolmes 68è)- Woki, Petti, (puis Picamoles 68è), Higginbotham – Lucu (puis Lesgourgues 68è), Jalibert – Lam, Lamerat, puis Uberti 58è) Seuteni, Cordero – Buros.

Un gros succès médiatique pour ces demi-finales (photo JMD)
A propos de JEAN-MARC DEVRED 187 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.