Le 66ème rallye du Touquet a lieu ce vendredi 27 et ce samedi 28 mars, avec 205 équipages engagés. Il ouvre comme chaque année le championnat de France des rallyes sur asphalte. Le Noeuxois Stéphane Lefebvre (Toyota Yaris) défendra son titre. Avec le champion de France 2025 Yoann Bonato (Lancia Epsylon) comme adversaire principal. Comme chaque année, l’autre pilote nordiste Adrien Fourmaux est venu saluer les concurrents lors des essais chronométrés à Clenleu. Adrien Fourmaux ne dispute pas Le Touquet à cause d’un calendrier complet en championnat du monde avec l’écurie Hyundai. Le Seclinois a fait le point sur le début de saison lors d’un entretien exclusif pour SPORTS 59/62.
Adrien, tu es fidèle au rallye du Touquet. Tu ne manques pas de venir dire bonjour et d’assister au shakedown en général ?
Adrien Fourmaux. Oui, j’ai beaucoup de copains qui roulent ici, même des partenaires, donc ça fait toujours plaisir de venir voir. J’aime bien aussi venir voir un peu mes débuts, c’était un de mes premiers rallyes en compétition en 2017. Donc forcément, c’est toujours un plaisir de venir ici, en plus il fait beau, un bel événement.
Tout près d’une première victoire
Tu reviens du rallye du Kenya, où tu a pris une brillante deuxième place. C’était vraiment un rallye dantesque ?
Oui, c’était un rallye avec beaucoup de difficultés. La pluie s’en est mêlée, c’était vraiment en plein milieu de la saison des pluies. Il y avait eu des inondations juste avant qu’on arrive au rallye. Donc les spéciales étaient déjà très boueuses, avec des gros pièges. C’est une des plus dures éditions que j’ai faites au Kenya. Mais en tout cas on a réussi à sortir un beau résultat, avec des bons points, on remonte bien au championnat, et on n’est plus qu’à 19 points de la tête. Ça c’est hyper important pour moi, et pour aussi motiver l’équipe, donc c’est plutôt positif.
C’est d’autant plus positif que vos Hyundai ont connu des ennuis de surchauffe ?
Oui, on avait quelques ennuis de surchauffe, la boue qui colmatait les radiateurs et qui faisait que la voiture surchauffait. Il a fallu gérer ces problèmes-là, on a perdu 2 minutes dans la spéciale à cause de ça. Mais on a géré la situation, avec Alexandre (Coria), on se dit qu’on aurait pu gagner, mais Toyota a aussi eu des problèmes. Ça fait partie du Kenya, tout le monde va avoir des problèmes, mais le but c’est d’en avoir le moins possible ou du moins les gérer au mieux.
Jouer le titre cette année
Donc pas trop de regrets finalement d’échouer si peu derrière Takamoto Katsuta ?
Non, après il fait une belle course aussi, il n’a pas eu de problèmes mécaniques, rien de son côté, donc une course propre. On dit chaque année qu’il y a toujours au moins une personne qui arrive à passer à travers les problèmes, et apparemment cette année c’était Taka. Alors oui, il a eu deux crevaisons à un moment, mais sinon le reste c’était bien.Il fait une belle course, à la fin on essaie de lui mettre la pression, il l’a maintenu, donc il mérite sa victoire.
Bon, Katsuta gagne son premier rallye. Pour Solberg c’était l’an passé, il en a gagné un deuxième cette année. Tu espères à ton tour connaître cette première victoire en WRC cette année ?
Oui, j’espère avoir ma première victoire le plus vite possible. Je pense qu’elle nous a vraiment glissé à travers les doigts en Arabie Saoudite avec un pointage en avance. Mais après, je me focalise aussi beaucoup sur le championnat. Avec une première victoire, le but c’est de jouer le championnat, d’être le plus proche possible sur le podium, et peut-être pourquoi pas, jouer devant.
C’est vrai que cette année on a vraiment l’impression qu’il n’y a pas de pilote au-dessus, et que le championnat du monde est très ouvert ?
Oui, c’est très serré. On voit quand même qu’Elfyn (Evans) est bien en forme cette année, comme le début d’année dernière. Donc c’est à nous d’essayer de nous rapprocher au maximum de lui. Mais c’est sûr que c’est très serré, on est à 4 pilotes à 19 points, c’est très réduit. Après, on n’a fait que 3 courses, il en reste encore 11, donc voilà, l’histoire reste à écrire.
Une intégration rapide chez Hyundai
C’est ta deuxième saison chez Hyundai. Est-ce que tu sens un changement de statut ?
Non, dès que je suis arrivé dans l’équipe, ils m’ont tout de suite pris en considération, ils m’ont tout de suite écouté. On a pris des directions aussi dans le même sens dès le début. C’est sûr que maintenant on n’a pas Ott (Tänak), donc ça fait un de moins dans l’a direction’équipe. Mais souvent, j’avais le même ressenti que lui, on allait dans la même direction. Mais je me suis vraiment senti bien dans l’équipe dès le début, il n’y a pas eu de numéro 3, tout le monde avait la même voiture, tout le monde avait les mêmes évolutions. C’était plutôt appréciable aussi en tant que pilote d’arriver dans une équipe qui offre les chances à tous ses pilotes.
En tant que pilote officiel, tu dois passer beaucoup de temps dehors de chez toi ?
Oui, je passe beaucoup de temps dehors de chez moi, surtout ces dernières semaines. On a enchaîné beaucoup de séances d’essais, ce qui est très bien. Cela montre que l’équipe est motivée pour réussir cette saison. Après, ça fait partie de la carrière de pilote de rallye. On n’a pas d’interruption, ça s’enchaîne.
Je ne sais pas si tu fais un peu comme les footballeurs, c’est-à-dire que tu vois rallye après rallye… Est-ce que quand même tu as pointé sur le calendrier ceux qui te conviennent le mieux ?
Honnêtement, j’aime bien tous les rallyes, tous les rallyes sont beaux. Avant il y en avait que j’aimais moins. En fait, je suis content, car la Croatie revient à la place de l’Europe centrale. Les Canaries, c’est chouette à rouler, même si c’est peut-être un peu moins chouette à regarder. Mais c’est en tout cas un beau rallye à piloter. J’aime bien les rallyes qui arrivent, franchement, je m’amuse dans tous. Par contre s’il y en a deux que j’aime checker et que j’aime vraiment faire, c’est la Finlande et l’Estonie.
Retrouvez l’interview en vidéo d‘Adrien Fourmaux sur You Tube/SPORTS-VIDEOS-NORD.