Le Play In Challenger 2026 a lieu du 15 au 22 février à Lille. Le tournoi ATP Challenger 125 nordiste a vu trois des favoris disparaitre dès le premier tour mardi. L’Autrichien Filip Misolic (tête de série n°1), l’Anglais Jacob Fearnley (n°2) et le Belge David Goffin (n°5) sont en effet passés à la trappe face à des joueurs moins côtés. Cela ouvre grand le tableau au jeune Français Moïse Kouamé, très attendu à Lille.
Le prodige francilien (17 ans) affole en effet les compteurs depuis le début de l’année. Vainqueur de son premier tournoi ITF Future à 16 ans (c’était l’Haz Master Tour à Hazebrouck), le jeune prodige a ensuite confirmé la semaine suivante à Bressuire. Cette fois, il passe à l’échelon supérieur. Moïse Kouamé a déjà ravi le public du Play In Challenger Lille en battant le Croate Matej Dodig (20 ans, 235è) en deux sets (6-4, 6-2). Révélé il y a deux ans à la Winter Cup à Ronchin, l’espoir francilien brille toujours dans le Nord, comme il l’a confié en conférence de presse, devant de nombreux journalistes.
Dodig, c’est un joueur que tu connaissais, qui est assez jeune, 20 ans, et tu as réussi à le
surclasser assez facilement finalement ?
Moïse Kouamé. « Ce n’est jamais facile, je pense que le score ne reflète pas la réalité.
Au premier set c’était vraiment très serré, il m’a briqué le premier d’entame, il jouait vraiment
très très bien. Aujourd’hui j’ai réussi à bien m’en sortir, je suis vraiment content. En
venant, je ne le connaissais pas du tout, on m’avait donné une certaine tactique en venant à ce
match et ça a fonctionné. »
Révélé dans le Nord
Le mois dernier tu gagnais deux tournois Futures. Aujourd’hui tu es passé dans la catégorie supérieure, en Challenger. Est-ce que tu sens une différence ou finalement c’est quelque chose de logique dans ta progression ?
Ce n’est jamais logique au tennis, il y a des semaines où tu peux très bien jouer, d’autres où tu peux être un petit coup de mou. Je suis vraiment très content de pouvoir enchaîner ces beaux matchs de semaine en semaine, mois en mois. Ça montre que le travail a fonctionné, a payé, je suis vraiment content.
Quels sont les rêves d’un jeune de 16 ans ?
Il y en a beaucoup au tennis: évoluer, prendre du plaisir sur le terrain, sourire, amuser. Après j’ai d’autres objectifs fixés avec l’équipe avant. Mais vraiment s’amuser et gagner le plus de matchs possibles d’abord.
Tu avais gagné ton premier tournoi Future près d’ici, à Hazebouk en début d’année. Il y a deux ans, tu avais aussi disputé la Winter Cup à Ronchin. Est-ce que tu as une affection particulière pour le Nord ?
On peut dire que le Nord ça m’a réussi pour l’instant. J’espère que ça va continuer le plus longtemps possible. En ce moment il y a du soleil, l’après-midi il y a de la neige, je n’ai pas compris ce changement (sourire)… Mais plus sérieusement, jour après jour j’apprends. Les gens sont vraiment très sympas ici, je suis vraiment très bien soutenu.
Créer son identité
Dans un match comme celui-ci, tu te situerais comment par rapport à ton niveau de jeu maximum ? Tu as été très bon, bon, excellent ?
C’est une question très compliquée. Franchement quand je suis dans le match, je ne me rends pas forcément compte. C’est une question qu’il faut poser à la team, ou aux fans d’ailleurs. Mais voilà, en tout cas j’ai respecté les objectifs, on peut dire que ça a été un bon match au niveau objectif et plan de jeu.
Parfois on voit du Monfils en toi, dans la manière de se déplacer, de couvrir ton terrain, de lâcher des
coups. On se trompe ?
Il y a du Gaël (Monfils), il y a du Djoko, il y a du Sinner, il y a du Alcaraz et surtout du Moïse Kouamé, c’est ça qui est important. Je tiens à mon identité, ma propre identité. Plus tard, j’espère que dans 10-20 ans, les jeunes pourront dire qu’il y a du Moïse Kouamé dans leur jeu. C’est vraiment cette dentité que je suis en train de créer au fur et à mesure.
Un garçon bien encadré
Quel souvenir tu as de ton passage à l’académie Justine Hénin ? Est-ce que tu as eu l’occasion d’échanger avec Justine ou avec Carlos Rodriguez, son ancien entraîneur ?
Oui, j’ai fait beaucoup de clubs, beaucoup de structures. Aujourd’hui je suis en privé, j’utilise des bases
de la Fédération Française. Je les remercie d’ailleurs pour tout ce qu’ils font pour moi. J’ai fait un petit temps avec Justine, qui est vraiment une femme formidable, très gentille. Elle était tout le temps à nos côtés. J’en garde un bon souvenir.
Tu as un team à la Fédération Française. Ça sera Laurent Raymond et Richard Gasquet. Plutôt Laurent sur l’ensemble des tournois et Richard le reste du temps ?
Oui, c’est ça. Richard m’accompagnera durant plusieurs semaines, on ne sait pas encore. Peut-être une dizaine, une vingtaine de semaines, on verra, ce n’est pas encore fixé. Laurent serait là aussi en cours de travail, pareil, 20, 25 semaines, on ne sait pas encore, c’est le début, on se découvre.«
Propos recueillis par Jean-Marc Devred. Retrouvez aussi l’interview de Moïse Kouamé à Lille, en vidéo sur You Tube/SPORTS-VIDEOS-NORD.