Le meeting Hauts-de-France/Pas-de-Calais va encore rassembler la fine fleur de l’athlétisme mondial, ce jeudi 19 février, au stade couvert régional de Liévin. La Ligue régionale d’athlétisme propose encore une fois une ribambelle de champions et médaillées européens, mondiaux et olympiques. Avec cette année, une part notable de concurrents français, attirés par l’ambiance du premier meeting indoor de la planète. C’est le cas de Marie-Julie Bonnin. La championne du monde 2025 en salle du saut à la perche vient pour la 3ème fois dans le Pas-de-Calais. Entretien de Marie-Julie Bonnin pour SPORTS 59/62 avant le meeting de Liévin.
Marie-Julie, c’est la troisième fois que vous venez au Meeting de Liévin. C’est un meeting qui est un différent des autres ?
Forcément, c’est un des plus gros meetings au monde. Donc il y a de la concurrence, ça nous met un peu dans le bain avant les championnats du monde. C’est toujours très important même d’être présent ici avant les championnats du monde.
Un titre à défendre
C’est un meeting très relevé sur le plan sportif. Il y a dess records qui tombent. Mais il y a aussi le côté l’ambiance de gala, qui ressort et qui motive les athlètes ?
Bien sûr, et puis tout est fait pour, ici à Liévin. Le public aussi est français. Donc ça envoie du steak. Nous, on adore ce type d’ambiance, c’est clairement ce que je préfère. Il y a une énergie particulière, et encore plus quand on est français. Mais c’est vraiment un luxe de pouvoir sauter ici et dans ce type de conditions.
Je suppose que votre objectif de l’hiver sera de défendre votre titre mondial ?
Forcément, on a envie de le défendre, surtout que je ne l’ai tenu qu’un an. Je n’ai pas envie de le perdre maintenant, et c’est sûr qu’il faudra être performante. Après, je ne prend pas trop la tête pour l’instant. On est vraiment un peu au jour au jour, et on essaie de se caler sur chaque compétition pour essayer d’aborder au mieux ces championnats du monde.
Ce titre mondial n’était pas spécialement attendu l’an passé, qu’est-ce que ça engendre pour vous ? De la confiance, ou de la pression ?
Je savais qu’on attendrait plus de moi, mais j’ai beaucoup de recul là-dessus. Je sais d’où je viens, comment ce titre est arrivé, comment je me suis battue. Je prends vraiment du recul, et c’est vraiment que de la confiance en plus. C’est le petit boost de confiance en me disant que j’ai réussi à être performante sur un gros championnat, et d’autant plus sur un championnat du monde. C’est que de l’expérience en magasin et et de la confiance. La pression, on sait qu’on l’aura, les gens nous attendent forcément, mais ça ne me pèse pas plus que ça.
Battre le record de France
Avez vous avez axé votre préparation pour être au top aux championnats du monde indoor ?
Ça, c’est peut-être dans les plans du coach. Mais pour moi, l’idée c’est vraiment d’y aller crescendo, de retrouver des repères en compétition. C’est ce qui a été fait. Là, on va essayer de se préciser un peu
techniquement, d’être plus pointueuse sur mes sauts, et un peu plus technique pour être au top, et d’avoir en magasin des sauts à la fois techniques et de qualité avant le championnat du monde, et de pouvoir les reproduire là-bas.
Justement, vous avez parlé avec votre coach des montées de barre. Il y a un objectif de record de France ?
Forcément, je pense que tant que je ne le battrai pas, on m’en parlera à chaque fois… Ça va passer par 5m77. C’est peut-être une barrière mentale que j’ai envie d’exploser. Pour moi, mon niveau ne se situe pas à ce plafond-là. J’ai vraiment envie de le péter.
Pour tous les athlètes, la saison d’été prime par rapport à la saison d’hiver. Vu vos résultats en 2025, est-ce que c’est aussi important ?
Aux yeux des gens, forcément l’été, c’est la saison la plus importante. Mais l’hiver, c’est hyper important pour préparer l’été. Il ne faut pas le négliger. Surtout quand on est perchiste, qu’on a de la chance d’avoir des compétitions, avec des beaux plateaux, et de l’ambiance. Pour moi, ce n’est que du plaisir.
Une saison de transition ?
Votre titre mondial en salle vous a aussi aidé à intégrer les grands meetings estivaux ?
C’est ça, c’est beaucoup plus simple de pouvoir prétendre à avoir ma place sur des meetings relevés. Et tant mieux, parce que c’est aussi là qu’on arrive à s’illustrer et à prendre la mesure des championnats qui arrivent. C’est sauter avec des filles qui vont aussi aux championnats du monde et essayer de prendre sa place dès maintenant.
Cet été, il n’y aura ni Jeux Olympiques, ni championnats du monde. Est-ce qu’on peut parler de saison de transition ?
Oui, mais le titre européen, je ne l’ai toujours pas eu. Donc ça reste important d’essayer d’aller le chercher. Je ne me mets pas non plus la pression par rapport aux Jeux. Je sais que ça va arriver rapidement, qu’on va nous parler très vite des Jeux olympiques. Mais je vois compétition après compétition. Mais Je ne me projette même pas encore encore sur les championnats du monde en salle. Donc cet été, Birmingham, c’est encore très loin.
Comment passez-vous de la saison indoor à la saison estivale ?
Normalement, on a une bonne semaine de break pour essayer de couper. Surtout l’année dernière, j’en avais vraiment besoin, avec les sollicitations et tout ce qui m’a un peu tombé sur la tête. Généralement, ça se fait facilement quand on passe à l’extérieur. Il fait beau. On a donc envie de s’entraîner avec des bonnes conditions en extérieur, avec du soleil. C’est ma saison favorite, parce qu’on a la chance de pouvoir faire un sport en extérieur. Je me régale, vraiment. »
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Meeting international Hauts-de-France/Pas-de-Calais. Aréna Stade Couvert de Liévin. Jeudi 19 février 19h.