PARIS-ROUBAIX 2026: LA COURSE FEMMES VUE PAR AUDREY CORDON-RAGOT (VIDÉO)

Paris-Roubaix Femmes 2026
Marianne Vos a reconnu les secteurs pavés de Paris-Roubaix jeudi (photo ASO/Billy Ceusters)

La 6ème édition de Paris-Roubaix Femmes aura lieu pour la 1è fois depuis sa création le même jour que les Femmes. Mais surtout, les organisateurs ont eu la bonne surprise jeudi d’apprendre la présence de Pauline Ferrand-Prévôt au départ à Denain. Le lauréate du dernier Paris-Roubaix féminin a finalement décidé de participer à la reine des classiques, après sa belle 2è place au Tour des Flandres. Pas forcément pour gagner. Mais peut-être aussi pour aider son équipière et amie néerlandaise Marianne Vos, qui ne l’a jamais gagné. C’est l’avis de l’ancienne championne de France Audrey Cordon-Ragot, qui présentait jeudi la Soirée des Légendes avant Paris-Roubaix 2026.

Audrey, on a appris que Pauline Ferrand-Prévot allait participer à la course. Cela risque de totalement redistribuer les cartes ?

« Totalement non. Je pense que les noms cités après le Tour des Flandres comme favorites pour Paris-Roubaix seront les mêmes.On y ajoute Pauline évidemment, détentrice du titre. En tant que consultante française, je suis ravie qu’elle soit au départ. Tout d’abord parce que je trouve que c’est une marque de respect envers Paris-Roubaix que de venir défendre son titre. Et puis je pense qu’il y a un côté affect aussi avec Marianne Vos qui n’a pas encore réussi à gagner Paris-Roubaix. Quand on connaît l’ogre qu’est Marianne Vos, et son palmarés , Paris-Roubaix est la seule classique qui lui résiste encore. Avoir Pauline Ferrand-Prévot à ses côtés, c’est quand même un très gros plus. Je pense que Pauline a envie de rendre la pareille à Marianne, puisqu’on se souvient que l’an passé elle avait été une carte maîtresse pour la victoire de Pauline.

De nombreuses prétendantes

Donc vous pensez qu’elle s’est engagée peut-être plus pour aider Marianne Vos à gagner ?

Oui. Déjà l’an passé, elle était vraiment là pour aider Marianne. Ça a tourné en sa faveur. Cette année elle arrive encore très forte. On ne sait jamais, ça pourrait encore tourner en sa faveur. Mais je pense que dans un coin de sa tête, elle a vraiment envie, peut-être pas d’offrir, mais en tout cas d’aider Marianne Vos à gagner cette classique qui lui manque.

L’an passé, Pauline retrouvait la route. On ne l’attendait pas vraiment pour la victoire. Cette année, elle va avoir la pancarte sur le dos ?

 Oui, c’est sûr qu’on ne la laissera pas sortir de la même manière que l’an passé. Elle aura un peu plus de monde à surveiller. L’an passé, on la voyait plus comme une vététiste qui revenait sur la route. Mais elle a prouvé en 2025 qu’elle était bien de retour sur la route. Et là, elle arrive en tant que routière, en tant que fille qui est en capacité de gagner les plus grands monuments du circuit. Donc elle va être surveillée comme le lait sur le feu. Ce qui pourrait jouer en la faveur de la Néerlandaise qu’on n’a pas encore trop vu cette saison. Marianne Vos devait reprendre sur son tour des Flandres. Mais elle a perdu son papa. Elle arrivera sur Paris-Roubaix avec une motivation décuplée.

Les Ardennaises en vue

Pauline avait fait de sa priorité les Ardennaises. Est-ce que le fait de rajouter une course aussi dure que Paris-Roubaix au programme, ça ne va pas perturber son programme ?

Non, je ne pense pas. Si elle le fait, c’est qu’elle est sûre d’elle et qu’elle sait que ça ne va pas entacher du tout sa campagne de classiques ardennaises. Elle vient vraiment là avec l’idée de continuer sa préparation avec une forme ascendante. On l’a vu sur le tour des Flandres, il ne lui manquait que ce tout petit truc pour accrocher la roue de Demi Vollering. Et ce petit truc, elle va l’acquérir avec ces semaines de compétition et ces entraînements qui vont arriver d’ici l’Amstel Gold Race dans un peu plus de dix jours maintenant.

Est-ce qu’il y a d’autres filles susceptibles de jouer la victoire ? On pense bien sûr à Lotte Kopecky. Mais on a l’impression que la Belge est un peu moins forte cette année ? 

Oui, peut-être un petit peu moins forte. Mais je pense que l’ego de la championne fait que sa quatrième place au tour des Flandres l’a sûrement surmotivée à venir à Roubaix pour s’imposer pour la deuxième fois. Ce serait la première femme à s’imposer une seconde fois sur Paris-Roubaix. On n’oublie pas non plus Lorena Wiebes, sa coéquipière, qui arrive sur un terrain qui lui correspond plutôt bien. Elle est très en forme, même si elle a chuté sur le tour des Flandres. On a aussi un duo dans cette équipe assez costaud et qui pourrait faire des étincelles. Il y a aussi Elisa Longo-Borghini, qui s’est déjà imposée ici. Et puisil y a des individualités comme Puck Pieterse, troisième du tour des Flandres. Les pavés, c’est quand même son truc, pour elle, la vététiste et la cyclocross woman.« 

Les favorites de Paris-Roubaix Femmes 2026

  • L’attraction roubaisienne est irrésistible : Pauline Ferrand-Prévot ajoute l’Enfer du Nord à son programme pour défendre dimanche 12 avril le titre conquis l’an dernier.
  • Au sein du peloton de 126 coureuses qui s’élancera de Denain, la Française sera accompagnée de deux autres vainqueures sur la Reine des classiques : Alison Jackson (2023) et Lotte Kopecky (2024).
  • Face à elles, Marianne Vos, Lorena Wiebes, Elisa Longo-Borghini et Élise Chabbey mènent une concurrence des plus féroces. Elle est renforcée par des jeunes prodiges de la trempe de Zoe Backstedt, Puck Pieterse, Célia Géry et Cat Ferguson.

Retrouvez aussi les interviews en vidéo de Audrey Cordon-Ragot, Roger De Vlaeminck et Johan Museeuw, sur You Tube/SPORTS-VIDEOS-NORD.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1857 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.