Née à Lille, Marie Wattel (29 ans) est avec la Marseillaise Beryl Gasteldello, la meilleure sprinteuse française. Aux championnats d’Europe de Paris 2026, elle a un programme chargé qui débutait lundi avec le 100m nage libre. La Nordiste de souche, qui est aussi la capitaine de l’équipe de France, se qualifie pour la finale, après avoir tranquillement passé les séries, puis les demi-finales. Les explications de Marie Wattel à l’issue des deux courses de la première journée, à Paris 2026.
» Ce que je voulais faire ce matin, j’avais en tête 54″00. Je voulais faire top 8 européen. Je suis dans les clous, je suis contente. Forcément pas des sensations exceptionnelles, mais je suis dans l’état que je pense avoir. C’est plutôt cool et plutôt rassurant.
L’appui du public français
Pourquoi forcément pas des sensations exceptionnelles ?
C’est vrai qu’on attend toujours un petit coup d’éclat comme ça. Ça ne m’est jamais arrivé, je ne sais pas pourquoi je dis ça. Mais c’est important de rester concentrée sur ses objectifs. C’était vraiment top 8 ce matin, 54″00. Ce soir, j’ai essayé de me rapprocher de 53″-5″55, 53″4. Et puis, qui sait, si ça passe en finale, essayer de faire la bagarre pour un podium. On ne va pas se fixer de limites.
Vous étiez la première Française à entrer en lice en tant que capitaine. Il y a eu ce public qui vous a encouragé. Qu’avez-vous ressenti avant de plonger ?
C’est vrai que c’était un petit remake de Paris 2024. C’est vrai que j’ai l’habitude souvent de lancer l’équipe, que ce soit sur 100m papillon et là aujourd’hui sur 100m crawl. Ça fait toujours plaisir et il y a une bonne ambiance. Je sens que ça va être une belle semaine et le public va être au rendez-vous.
Que pensez-vous de la piscine dans cette configuration-là ?
Très bien, franchement. On est plusieurs nageurs à être d’accord sur ce côté-là. C’est une très bonne piscine. Les infrastructures sont top. On a assez de place dans la tente, même si on est toujours un peu serré, mais ça on a l’habitude. Tous les feux sont au vert, donc on a une belle compétition.
Le discours de la capitaine
Dans votre discours de capitaine,vous avez joué sur le fait de ce retour à Paris deux ans après, de se laisser porter par cette vague ?
Non, j’ai plus axé sur l’expérience que j’ai apprise. Je voulais avoir un mot pour chacun des nageurs. Pour ceux qui commencent tard la compétition, les points de vigilance pour ceux qui finissent tôt la compétition. Leur dire qu’ils ont un rôle important pour nous supporter. Pour tous ceux qui nagent un peu tous les jours, leur dire que chaque jour, il faut le prendre comme un nouveau jour. Je n’ai pas trop utilisé l’énergie du public. Je pense que ça va venir à nous, naturellement.
Votre réaction après la demi-finale et la qualification ?
Je suis rentrée en finale des mondiaux avec un chrono qui était moins rapide. Je suis franchement trop contente de faire partie de ce relais. C’était une course que je n’étais pas censée faire au vu de mon programme. J’ai changé d’avis il y a trois jours parce que j’ai regardé les rankings et je me suis dit qu’il y avait la place pour faire une belle finale. Ça me donnait envie de faire la finale avec ces filles-là.
Sur le 50m papillon, j’étais peut-être moins certaine de mon niveau aussi, malgré que je l’ai beaucoup travaillé les dernières semaines. Ça a été un choix si stratégique, pas vraiment un choix du cœur aussi. Mais un choix stratégique en me disant que sur le 100m crawl, je suis capable de nager en 53″05. C’est ce que j’ai fait, donc c’est bien. On va essayer de grappiller un petit peu demain, mais je suis déjà très contente de mon libre.
Jouer le podium
Du coup, ça veut dire pas de 50m papillon demain ?
Je vais me concerter avec mon coach, mais potentiellement pas de 50m papillon demain pour me concentrer sur le 100m crawl et le 100 papillon. Essayer de me rapprocher du plus que je peux d’un top 5, d’un top 3. C’est important pour moi à deux ans des Jeux de reprendre confiance sur mes épreuves. Le 50m papillon, je le travaillerai pour les deux prochaines années. Mais là, je joue un peu mes valeurs sûres.
En se rapprochant de votre record personnel, ça peut faire une belle surprise ?
Moi, je suis ouverte à la belle surprise, je n’attends que ça. C’est pour ça que demain matin, je vais prendre du repos pour mettre toutes les chances de mon côté. ne suis pas favorite pour un podium. Mais les filles, elles peuvent se crisper. Moi, je peux être dans un bon élan, donc tout peut jouer, on verra bien. »
Propos recueillis à Saint-Denis par Jean-Marc Devred.
ANTOINE HERLEM ÉJECTÉ DÈS LES SÉRIES

Un 3è Nordiste, Antoine Herlem, débutait ce mardi à Paris 2026. Le Dunkerquois du TOEC (le club de Léon Marchand) abordait en effet les séries du 200m dos avec un double défi. Se classer dans les 16 meilleurs temps. Et aussi dans les deux meilleurs Français, avec face à lui le champion d’Europe 2022 Yohan Ndoye-Brouard; le 4è des JO de Paris Mewen Tomac; et le champion d’Europe junior Nathan Muratory !
Le Nordiste n’aura pas espéré longtemps. Il est d’abord dominé dans la 2è série par Ndoye-Brouard, vainqueur en 1’55″91. Lui se classe 4è en 1’56″99. Tomac met ensuite fin à ses espoirs en gagnant la 3è série en 1’55″14. Et pour finir, le phénomène Muratory gagne la 4è série devant le champion olympique Kos ! Il réussit le chrono explosif de 1’54″87, nouveau record du monde junior.
Muratory et Tomac réalisent donc les deux meilleurs temps des séries, éjectant ainsi des 1/2 finales Ndoye-Brouard et Herlem ! Le Dunkerquois avait pourtant réalisé le 13è temps et le Savoyard le 5è… Mais tous deux sont éliminés à cause de la stupide règle ds deux qualifiés maximum par nation.
Les championnats d’Europe sont donc déjà terminés pour Antoine Herlem, qui n’était pas sélectionné pour les autres courses en dos. « Je me sentais bien ce matin. Ça fait un moment qu’on nage les uns contre les autres avec ces gars-là. C’était un peu une finale de championnats de France aujourd’hui. Malheureusement ça n’a pas joué en ma faveur mais ça fait partie du jeu, on connaît les règles dès le début. Je voulais faire un gros deuxième 100 m comme à mon habitude tout en essayant de partir plus vite. J’ai bien réussi à le faire et je suis content d’avoir pu mettre ça en place ce matin. C’est mon meilleur temps de la saison. »