A peine terminée la 3ème édition du tournoi Future ITF (W35), les organisatrices de « Femmes en Nord » préparent déjà la suivante. Et elles voient déjà plus grand. Emma Léné (27 ans, 457ème mondiale) a battu Amandine Monnot (24 ans, 326è). Deux noms inconnus du grand public. Aussi, Laurence Stelandre, Sarah Pitkowski et Samia Medjahdi veulent monter leur tournoi 100% féminin d’un échelon dès 2027. Mais cela passe par une extension et une rénovation des infrastructures de la Raquette de Villeneuve-d’Ascq. Un projet estimé à 4 millions d’euros.
Un tournoi W35, cela signifie une dotation en prix pour les joueuses de 35 000 dollars (la monnaie du tennis). Cette année encore, la Raquette de Villeneuve-d’Ascq a trouvé les partenaires privés et institutionnels pour financer la compétition qui dure 8 jours. Il faut prévoir aussi l’hébergement des joueuses et l’animation hors tennis.
« Tout est possible en terme de demande, affirme ainsi la marraine du tournoi, Sarah Pitkowski. Il faut voir comment ça peut s’insérer dans le calendrier actuel. Aujourd’hui, à la date où on est, c’est possible de progresser dans l’intensité du tournoi. Ce qui va être une limite, ce n’est pas un savoir-faire, ce n’est pas une volonté. Même trouver, je pense, les finances pour arriver à accomplir cette étape-là, on va pouvoir y arriver parce qu’on est très volontaires, très engagées. Le problème va être l’infrastructure.«
« Aujourd’hui, on a une infrastructure qui est un petit peu vieillissante, qui est en sous-capacité d’accueil, ce qui nous oblige d’ailleurs à investir dans des tentes, des lieux d’accueil auxiliaires, nous appuyer sur un club house de foot pour nos adhérents, parce que le club fonctionne en même temps », rebondit ainsi la présidente Laurence Stelandre.
1 700 licenciés à La Raquette de Villeneuve-d’Ascq
La Raquette de Villeneuve-d’Ascq compte actuellement 1 700 licenciés, ce qui la place dans le top 10 des clubs français. Il lui faut donc plus de terrains, mais surtout plus de locaux, à commencer par des vestiaires. Et rien que pour le tournoi, qui est la vitrine du club, il faut aussi un club-house bien plus grand. Et permettre d’avoir un village pour accueillir le public durant le tournoi ITF.
» Les trois terrains, les deux terrains d’entraînement, ils sont nickels, poursuit Sarah Pitkowski. Mais maintenant, il faut pouvoir accueillir tous les différents publics, toutes les familles d’un tournoi. Pouvoir faire éventuellement des relations publiques, faire des dîners, tout ce genre de choses. Ça nous permettra de grandir. Et que les partenaires aient envie de s’investir à un autre niveau à chaque fois. Mais nous, on ne peut pas leur demander plus d’investissement. si on ne peut pas leur offrir plus. «

C’est pourquoi le club de tennis villeneuvois (il y a aussi le FOS) travaille avec la municipalité sur un ambitieux projet d’extension et de rénovation. » On a un projet architectural qu’on a proposé à la municipalité, avec des mécènes d’ailleurs, qui ont travaillé en
baissonnage de compétences gratuitement pour nous aider à concevoir ce sujet-là, explique ainsi la présidente. C’est dans les dossiers de la ville, puisque ça doit rentrer dans le plan pluriannuel d’investissement.«
Un projet pour 40 ans
Le centre de ce projet, c’est le club house, qui serait édifié vers le parking qui jouxte les courts et le terrain de football. Cela pour un ensemble de 2 000 m2, avec des lieux d’accueils pour les licenciés, leur famille. Mais aussi un plateau de préparation physique pour le haut-niveau. Le coût de la construction est ainsi chiffré à 4 millions d’euros.
» Ce n’est pas un coût délirant, affirme Laurence Stelandre. Une infrastructure comme ça, c’est 40-50 ans de durée de vie. Le bâtiment actuel a une quarantaine d’années. À l’époque, il était innovant. Sauf que ce qui est innovant il y a 40 ans ne l’est plus aujourd’hui. C’est le next step.«
« Avoir un pendant au Play In Challenger » Sarah Pitkowski
Cela permettrait de propulser le tournoi « Femmes en Nord » dans une autre dimension. Avec un modèle tout proche, comme l’explique Sarah Pitkowski. » Notre ambition, c’est d’avoir un pendant au Play In Challenger. C’est aujourd’hui un tournoi masculin de référence chez les hommes. Il faut qu’on ait un pendant régional capable d’être équivalent pour les femmes. Le Play In a les grands annonceurs du tennis qui les ont rejoints au fur et à mesure. Et nous, on veut qu’il y ait les grands sponsors du tennis féminin qui nous rejoignent. Nous avons aussi une marque. Ils ont créé le Play In. Nous, on a créé Femmes en or. Et il y a un ADN.«
C’est pourquoi La Raquette de Villeneuve-d’Ascq veut monter d’un échelon chaque année, à l’image de son grand frère lillois qui lui, avait déjà le complexe tennistique Marcel-Bernard mis à sa disposition par la municipalité de Lille. Ce qui n’est pas rien…