Le rallye d’Ypres 2026 a lieu les 26 et 27 juin. 180 voitures sont engagées. Cette manche du championnat de Belgique est accompagnée cette année d’un rallye historique, qui compte pour le championnat d’Europe créé l’an passé. Le leader actuel n’est autre que François Delecour. A 63 ans, le Casselois retrouve les routes de sa jeunesse en Flandre. L’ancien vice-champion du monde retrouvera 11 ans après sa dernière apparition les spéciales yproises au volant de l’impressionnante Peugeot 306 Maxi engagée par l’équipe italienne IKE Racing. A 63 ans, le pilote nordiste est toujours passionné de compétition, et vise le titre européen des rallyes historiques. Nous avons rencontré François Delecour à Ypres avant le départ de la course.
SPORTS 59/62. François, ça fait 11 ans que vous n’étiez plus revenu à Ypres. Quelle est la raison de votre retour ici ?
François Delecour. « Le retour ici, c’est l’opportunité avec le championnat d’Europe. La FIA a créé un nouveau championnat d’Europe en VH. On est en tête d’ailleurs avec la 306 puisqu’on a gagné la Tchéquie et on a gagné également en Suisse. Le nouveau rendez-vous, c’est Ypres. Et bien évidemment, un rendez-vous intratournable. C’est un rallye que j’affectionne, que je connais. Mais je mesure aussi la difficulté parce que je ne l’ai pas fait depuis longtemps. Et c’est un rallye très difficile.
La passion avant tout
Pour vous, c’est le rallye à la maison. Cassel-Ypres, ce n’est pas très loin, même si vous ne résidez plus dans le Nord…
Oui, c’est un environnement que je connais. Mais néanmoins, ça fait longtemps que je ne l’ai pas fait. Ma dernière participation, c’est avec la Porsche en 2015. Donc, ça remonte un peu et je ne connais plus du tout les spéciales. C’est un rallye qui est quand même assez piégeux avec ses petites routes des Flandres, avec de nombreux virages.C’est très facile de crever, c’est très facile de sortir. Il faut un petit peu en garder sous le pied.
Vous visez quand même pour la victoire ?
On va essayer de se battre pour. En tout cas, on va appréhender rallye après rallye. Et puis, on fera les comptes à la fin.
Pouvez-vous nous présenter votre voiture ?
C’est une voiture ultra légère. C’est une voiture qui pesait, à l’époque, moins de 1 000 kg. Avec un moteur atmosphérique qui prend beaucoup de tours, pas loin de 10 000 tours. Une boîte 7 vitesses. Une voiture qui a une agilité remarquable, et surtout un bruit incroyable sur le bord des routes. Les spectateurs se régalent.
Le bon parcours du fiston
Ce qu’on constate, c’est que vous avez toujours la passion de la conduite ?
C’est la passion qui m’anime. La passion de rouler, j’ai vraiment que ça dans ma vie. C’est faire des rallyes.
Vous avez aussi une autre raison de continuer à vous attacher au rallye. C’est votre fils, Elliot. Il assure la relève. Qu’est-ce que vous pensez de son parcours ?
Il est à Rome, là, en ce moment. Il est en séance d’essai à Rome pour la semaine prochaine. Le rallye de Rome qui est en ERC aussi. Et il va être en championnat du monde l’année prochaine. Donc, je l’accompagne. Mais, j’ai envie de dire, il vole déjà de ses propres ailes. Il se débrouille bien. Il n’a plus trop besoin de conseils. Parce qu’il faut qu’il fasse maintenant son petit chemin. Et ça se passe pas mal.
Sinon vous pensez revenir au rallye du Touquet ?
Il n’y a rien de prévu pour l’instant en terme de championnat de France. On se concentre donc sur ce championnat là.
Ce rallye d’Ypres va se disputer sous la canicule. Comment est-ce que vous, les pilotes et les copilote vous gérez ça ?
Moi, la chaleur ça ne me pose pas de problème. Avec la condition physique que j’ai avec le vélo. Parce que je roule beaucoup en vélo. Les conditions extrêmes, ça ne me dérange donc pas.
Le clin d’oeil à Fourmaux
Surtout quand on réside dans le sud, on est un petit peu plus habitué à ça…
Oui, ça aussi. Mais c’est surtout le vélo qui me permet de ne pas souffrir dans la voiture.
Donc, ça veut dire que pour vous, la retraite, ce n’est pas tout de suite ?
Non, pour l’instant, tant que j’ai cette forme, j’en profite et j’ai envie de continuer le plus longtemps possible.
Le rallye d’Ypres reste un rallye de référence. Quels souvenirs en gardez-vous ?
Des hauts, des bas, des belles performance aussi. Une sortie de route à Watou en 1989 avec la 309. J’étais vraiment en bagarre avec Colin Mac Rea à l’époque. Il y a eu des victoires de groupe aussi, je ne sais plus. En 1985, je crois, avec la 205 rouge. Mais ce ne sont que des bons souvenirs.
L’un de vos successeurs est actuellement en Grèce, c’est Adrien Fourmaux. Est-ce que vous suivez son parcours ?
Oui je suis tous son parcours. C’est très bien ce qu’il fait. Il est performant, il va vite. C’est un garçon qui mérite de réussir. »
Entretien réalisé à Ypres le vendredi 26 juin.