Le RC Lens a assuré sa place en Ligue des Champions en battant Nantes 1-0 lors de la 33ème journée de Ligue 1. Dans un match irrespirable, Lens s’en est sorti grâce à gamin de 16 ans: Mezian Wesloub. Cet international U17 portugais a marqué un but ultra rapide (5 secondes !) peu après son entrée en jeu. Mezian est le fils de Walid Mesloub, qui a joué au RCL entre 2018 et 2020 (67 matchs). Il en a même été le capitaine. Avant de devenir entraîneur adjoint de la réserve. Le papa est venu en zone mixte parler de son fils déjà sollicité par les media, après cette belle histoire évoquée par Pierre Sage.
Wahid, quels sont tes sentiments après ce match, et la performance de ton fils ?
Walid Mesloub. » C’est vrai que ce soir, énormément de fierté comme papa de le voir fouler cette pelouse que j’ai aussi foulé auparavant,quand il était tout petit. Et de le voir rentrer sur le terrain, déjà d’être dans le groupe, c’était quelque chose de fort. J’attendais ce moment qu’il puisse s’exprimer sur le terrain. Et heureusement pour lui, ça s’est super bien passé, avec une belle qualification au bout. Donc, une belle fête. Je pense que ça va rester gravé dans sa mémoire à vie.
L’insouciance de la jeunesse
Qu’est-ce que tu lui as dit, Wahid, quand il a été convoqué ?
Je lui ai dit… En fait, je lui ai aussi laissé faire la sieste l’après-midi. Il m’a dit qu’il n’arrivait pas à dormir; et qu’il ne dormait pas généralement dans les matchs. Je lui ai demandé comment il se sentait. Il m’a dit qu’il n’ avait aucune pression. Je pense que c’est aussi une forme d’insouciance de sa part. Et ensuite, le seul conseil que je lui ai donné, c’est de prendre du plaisir. Vraiment prendre du plaisir et de faire ce qu’il sait faire.
Est-ce que tu peux nous raconter ces secondes, déjà en tant que papa, quand il entre ?
Je vous avoue que je n’ai pas eu le temps de réfléchir. Quand il est rentré, je me suis fait des films dans la tête tout de suite. -Attention, tes premiers ballons, essaie de jouer assez juste, ne pas les perdre.- Je sais que tes premiers ballons sont souvent importants. Il m’a montré qu’effectivement, les premiers ballons sont importants. Ça allait tellement vite que je n’ai vraiment pas réalisé ce moment.
Il y a l’âge quand même. Il aurait 20-21 ans. Mais là, 16 ans, c’est jeune quand même ?
Oui, c’est jeune. Mais de nos jours, les jeunes sont précoces. Lui, il a toujours été animé par ce truc-là, d’être le meilleur, d’être un joueur qui atteint ses objectifs.
Il réagit comment, lui ?
Comme vous avez pu le voir, il est parti directement au coin des corners, là-bas, où se trouvent tous les petits jeunes du centre. Hier (jeudi), ils ont fait un petit pari ensemble et ils ont dit que s’il rentrait et qu’il marquait, il devait aller les voir. C’est ce qu’il a fait. C’est beau. Je trouve que c’est bien.
Le résultat de la formation
ll faut aussi souligner, et là, c’est le coach qui vous parle, pas plus le papa, tout le travail qui est fait au sein du club. Depuis un moment, le club se structure, comme vous pouvez le voir, davantage. Ça commence dès la formation. Aujourd’hui, il faut aussi féliciter tous les éducateurs du club, que ce soit les entraîneurs, le directeur du centre, les cellules de recrutement, les kinés.
Tout le monde met tout en œuvre pour que les jeunes puissent s’épanouir et atteindre leurs objectifs. On les accompagne mieux. Aujourd’hui, de voir sept joueurs issus du centre de formation sur la feuille de match, pour un club qui est deuxième de Ligue 1 et qui joue la qualif’ en Ligue des Champions, je ne peux dire que chapeau. Aujourd’hui, il faut aussi féliciter toutes ces personnes de l’ombre.
Comment vous le définissez, dans son jeu et dans sa personnalité ?
Très sûr de lui. C’est un gamin qui sait ce qu’il veut, qui sait où il veut aller. Il a aussi de l’insouciance à son âge. Il ne se rend pas trop la tête.Il ne s’occupe pas de ce qui se passe autour. Ce qu’il veut, c’est juste du beau foot. D’ailleurs, je lui dis de se dépêcher parce qu’il y a entraînement demain (samedi) matin…
Propos recueillis au stade Bollaert-Delelis par Jean-Marc Devred.