L’ESBVA Lille Métropole s’est inclinée en finale de la Coupe de France féminine face à Basket Landes (65-77). C’est la 4ème défaite en 4 finales pour le club nordiste. Ce qui conclue une saison riche sur une déception. Villeneuve-d’Ascq a de plus en plus de mal à monter une équipe compétitive sur les plans national et européen. Les explications du président de l’ESBVA-LM Carmelo Scarna, après cette finale perdue.
SPORTS 59/62. Carmelo, quel est votre sentiment après ce match ? De la frustration, de la déception ?
Carmelo Scarna, président de l’ESBVA. » J’ai eu beaucoup, beaucoup de frustration, de déception après Charleville. Ce soir, on est tombé sur une belle équipe, qui avait des arguments qu’on n’avait pas. Nos joueuses ont essayé. Mais on est tombé sur une équipe très adroite. Pour nous, ce soir, ça a été beaucoup plus compliqué dans l’adresse, dans beaucoup de compartiments du jeu.Nous avons rencontré une grosse équipe de Basket Landes.
Autant, je le redis, Charleville a été pour moi une grosse humiliation. Autant, ce soir, on a joué avec nos armes, on a joué du mieux qu’on a pu. Sans Hadji Fall, qui se fera opérer prochainement, pour un problème de genoux. Pour le club, c’est la quatrième finale. Pour moi, c’est la troisième. Je ne voulais pas croire en ce proverbe: jamais 2 sans 3… Mais si, ça arrive. Je vais essayer de revenir une quatrième fois, pour cette fois-ci, la remporter. »
La concurrence impitoyable de l’étranger
Dans les trois compétitions où vous étiez engagés, votre équipe est allée loin, mais ne décroche finalement aucun trophée. Quel bilan en tirez vous ?
C’est vrai que l’année dernière, on a eu une saison très difficile, qui s’est remis en apothéose avec ce titre en Eurocup. Cette année, malheureusement, on est allé jusqu’en demi-finale de Coupe d’Europe. Sans ce match loupé à Athènes, on aurait été chercher notre finale. On vient à Villeneuve d’Ascq, les joueuses le savent, pour jouer des phases finales. Et puis après, à nous d’aller chercher le Graal, d’aller chercher les trophées. Celui-là, il nous manque. Il va falloir remettre du coeur à l’ouvrage la saison prochaine.
La question qui se pose, c’est: avez-vous les moyens de disputer trois compétitions à la fois ?
Il faut se rendre à l’évidence, ça devient très compliqué. On a quand même un nombre de joueuses limité, parce que forcément, aujourd’hui, le nerf de la guerre, ça restera comme toujours, l’argent. On ne va rien inventer. Nos meilleures joueuses, aujourd’hui, françaises, sont happées par l’étranger. Notamment la Turquie, qui met des montants qui sont inaccessibles pour nous. Avec du net d’impôt, c’est inenvisageable pour nous.Tant que les lois ne changeront pas, on aura toujours cet éternel problème de finances.
Nos budgets ne sont pas à la hausse. Le monde économique, c’est compliqué. Les collectivités, c’est compliqué. Elles continuent malgré tout à nous suivre avec leurs moyens. Je les en remercie, parce que franchement, ce n’est pas évident. L’année prochaine, notre masse salariale sera à la baisse. Notre budget sera aussi en baisse.
Nouveau chambardement en vue
Donc, ça veut dire que l’effectif va encore être profondément renouvelé ?
L’effectif va être renouvelé. On y travaille. On travaille notamment sur nos JFL, nos joueuses françaises.
Parce que c’est déjà le plus important. Avec le Gentleman Agreement, il nous faut quand même ces Françaises. Alors, c’est la loi de l’offre et de la demande. Pour moi, aujourd’hui, il n’y a pas assez de joueuses françaises sur le marché. Donc, on se bat, les présidents de France, pour se les arracher. Et puis, on fait monter la sauce. Mais bon, voilà, c’est le jeu.
Comme les règlements ne sont pas toujours très clairs, est-ce que l’ESBVA sera quand même en Coupe d’Europe la saison prochaine ?
Je vous le confirme, l’ESBVA sera bien européenne, en Euro Cup. Si on avait gagné la Coupe de France, c’était l’Euroleague. Mais je ne vous cache pas que dans ce cas, il aurait fallu réfléchir, si on allait ou non faire cette Euroleague, même si on l’avait gagnée sur le terrain. Parce que c’est une autre compétition, qui demande des moyens, autres que ceux qu’on a actuellement. »
Retrouvez aussi les interviews en vidéo de Carmelo Scarna, Maxime Bezin et Alexia Chery sur You Tube/SPORTS-VIDEOS-NORD.