C’est la nouvelle merveille du cyclisme français… A 19 ans seulement, Paul Seixas déclenche une véritable « seixasmania » avec ses succès sur route depuis le début de l’année. Au point d’en faire le successeur tant attendu de Bernard Hinault. Ce jeune Lyonnais a très peu couru sur les routes des Hauts-de-France car il est plutôt profilé grimpeur. Mais les Nordistes ont découvert Seixas en janvier 2022 à Liévin, car ce surdoué est également très fort en cyclocross. Souvenirs, souvenirs…
Il y a un peu plus de 4 ans maintenant, le parc du Val de Souchez à Liévin accueillait les championnats de France de cyclo-cross. On était encore en période covid, et seuls 5 000 spectateurs étaient autorisés sur le site. Avec tout le tralala de l’époque: masques, tests UCI et tutti quanti. Après une période très pluvieuse, le parcours était détrempé, ce qui a donné lieu à des courses très physiques, des cadets jusqu’aux Elite. Et l’on a ainsi vu à l’oeuvre au Val de Souchez des (futures) pointures comme Line Burquiez, Romain Grégoire ou Célia Géry, tous titrés dans leur catégorie d’âge.
On peut désormais y ajouter Paul Seixas. A l’époque, il était encore cadet. Et il a ainsi gagné le titre U17 devant un certain… Aubin Sparfel, devenu un des plus grands espoirs mondiaux en cyclo-cross. L’année suivante, cet enfant de karatékas intégrait la section juniors de Décathlon-Citroën, devenant aussi champion de France, junior cette fois, dans les labours. Avant de se tourner exclusivement vers la route.
Une course compliquée
Ce samedi 8 janvier 2022 dans le Pas-de-Calais, Seixas portait le maillot de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Au bout de 30 minutes, sur un tracé déjà très boueux qui ne l’avantageait pas, le cadet du VC Villefranche Beaujolais s’imposait avec 10 secondes d’avance sur l’Alsacien Aubin Sparfel, et 15 secondes sur le Breton Louis Tanguy. La première moitié de course avait vu Baptiste Rouxel (Grand Est) mener le peloton avant de passer le relais à Tanguy.
Paul Seixas lui connaît plusieurs problèmes tout au long de la course (chute, perte d’une chaussure, accrochage…). Mais le Lyonnais ne lâche rien, revient sur les premiers, avant de porter une attaque décisive en toute fin de course, devant des adversaires médusés par tant de ténacité.

» C’était dur techniquement, j’étais toujours en chasse-patate, déclarait-il après sa victoire à Direct Vélo. J’essayais de grappiller. À la cloche j’ai vu que je n’étais pas si loin que ça, car j’ai cru pendant un temps que c’était fini. Mentalement, ça m’a donné un regain d’énergie. J’ai mis les bouchées double; physiquement j’étais plus frais à la fin, ça fait la différence. Je suis passé en tête à la toute fin, au dernier passage du poste. J’avais changé de vélo, j’aurais dû le faire plus tôt. Mais ça m’a fait gagner de la vitesse, j’ai un peu creusé l’écart et ça l’a fait. »
La découverte d’un futur champion
Lors de la conférence de presse (avec le masque), qui suivait la course, les quelques journalistes présents (dont nous), ont découvert un jeune homme à la fois humble et à la tête bien faite. Il savait déjà qu’il allait intégrer (comme Sparfel), la formation Décathlon-Citroën U19. Quand nous lui avons demandé s’il comptait se consacrer totalement au cyclisme, il nous a répondu ceci. « Mon souhait est effectivement de devenir coureur professionnel et le fait d’intégrer le team Décathlon constitue une grande chance. Mais il n’est pas question d’abandonner mes études. C’est d’ailleurs une exigence de l’équipe. Il faut parallèlement avoir de bons résultats aussi au lycée. »
Bien vu. Car l’adolescent aux cheveux bouclés va ensuite préparer un bachelor de management dans une Ecole de Commerce, l’EM Lyon Business School. Avant de passer professionnel en 2024, sans passer par la case équipe Développement.
Ce 8 janvier 2022 au cyclocross à Liévin, les spectateurs présents ont donc découvert Paul Seixas, peut-être le futur vainqueur français du Tour de France…