GYMNASTIQUE : HÉLÈNE KARBANOV « DEPUIS LES JO DE PARIS, J’AI UNE AUTRE VISION SUR LA GR, ET LA VIE EN GÉNÉRAL »

GR Hélène Karbanov
Hélène Karbanov lors des dédicaces à Tourcoing (photo JMD/Sports 5962)

Hélène Karbanov retrouvait les championnats de France de GR (gymnastique rythmique) les 5 et 6 juin à Tourcoing. 17ème aux JO de Paris, la Calaisienne a depuis connu beaucoup de problèmes de blessures, qui gênent beaucoup sa préparation pour Los Angeles 2028. Ainsi, après les championnats d’Europe de Varna, où elle se classe 29ème, la jeune Nordiste (21 ans) a dû abandonner durant le concours général remporté par l’Orléannaise Maëna Millon. Nous avons rencontré Hélène Karbanov après la compétition, pour savoir où elle en était.

Hélène, vous êtes forcément déçue de ces championnats de France ?

Hélène Karbanov.  » oui je suis déçue et frustrée. Mais je reste quand même positive. Et puis bon, c’est le sport, ça arrive, les blessures, c’est comme ça. C’est que ça devait arriver, tout simplement. je récupérerai correctement. Et ensuite, je vais continuer à m’entraîner, comme je le faisais jusqu’à présent. 

Quels objectifs pour la suite ?

Là, pour l’instant, l’objectif, c’est juste de récupérer ma forme physique, tout simplement être au mieux dans mon corps pour, par exemple, performer pour la suite.  Pour moi, c’est le plus important à ce jour. Place à la récupération, à la guérison  et une étape à la fin.

Des blessures récurrentes

Qu’est-ce qui s’est passé hier soir exactement ? Vous vous êtes blessée, comment ?

J’avais des douleurs aux genoux déjà depuis plusieurs mois, plusieurs semaines. Dès que la compétition a démarré,  j’ai commencé à avoir plus mal au genou.  Et puis, je sentais qu’il bougeait. Pendant le passage au ballon, il bougeait. Mais j’ai quand même fait le passage, même si c’était, je pense, à 10 % de mes capacités. Et après, le cerceau, en fait, ça a bougé. La douleur était de plus en plus forte. Je me demandais, est-ce que je pourrais finir mon passage, est-ce que j’essaie d’e faire’aller jusqu’au bout. Finalement je m’arrête en plein milieu et puis je dis stop.

 Est-ce que physiquement, vous étiez prête pour ce championnat ?

Honnêtement, non. Parce que cette année, depuis le début de la saison, je n’ai fait qu’enchaîner les blessures. Pour les championnats d’Europe la semaine passée,l’objectif c’était essayer juste d’avoir 4 enchaînements potables et validables. Les autres blessures, ça va mieux. C’est juste que de ce fait, c’était chaque fois blessure sur blessure sur blessure. (2:07) Je n’avais jamais forcément de vraie préparation de mes enchaînements pour les compétitions. C’était très compliqué, honnêtement.

Championnats de France de GR à Tourcoing
L’Elite nationale de la GR était à Tourcoing (photo JMD/Sports 5962)

 Vu cette blessure au genou, c’est quoi la suite de la saison pour vous ? Vous pensez faire quand même des compétitions ?

Je pense que oui, quand même. Mais pour l’instant, le plus important,  c’est de faire chaque geste en son temps. C’est de savoir où j’en suis exactement. Puis de me soigner. Et après, je verrai bien par la suite. Je vis au jour le jour.

Objectif Los Angeles 2028

En tout cas, l’objectif à moyen terme, ça reste les JO de Los Angeles. Quelle expérience avez-vous tiré de ceux de Paris pour la suite ?

C’est une très belle expérience, tout court, dans tous les sens du terme. Mais ce que je vais retenir, c’est que, si je refais le jeu, si je me requalifie, c’est de juste vraiment les faire à 100% pour moi-même. Que pour moi,  pour mon propre désir, et de profiter de chaque instant. Parce que faire les Jeux Olympiques, c’était vraiment incroyable. (NDLR: Hélène Karbanov avait terminé à une très honorable 17è place du concours général à Paris).

En plus, en France, avec tout le public, c’était la meilleure chose qui puisse arriver. Mais il y avait toujours un peu de pression derrière. Là maintenant, je souhaite juste être libre, être en paix et vivre sans pression.(3:25). Vraiment, prendre plaisir, tout simplement. 

Ça sera plus facile à Los Angeles, évidemment. Car vous aurez moins de pression ?

Oui, après, ce n’est pas que par rapport au fait de concourir en France. C’est juste par rapport à la pression que je mettais à moi-même aussi. Maintenant, depuis que les Jeux sont passés, j’ai une autre vision sur la GR, sur la vie en général. Là, il y aura un peu plus d’expérience, un peu plus de recul. Ça permettra aussi de prendre un peu plus de hauteur par rapport à l’événement, et de le vivre différemment. Parce que là, depuis les Jeux, je n’ai pas fait beaucoup de compétitions. 

Confiance intacte

Je n’ai pas perdu confiance en moi. Mais j’ai juste le temps de retrouver mes marques, mes habitudes. C’est surtout ça. Ça va venir au fur et à mesure des compétitions. Il reste encore deux ans.La confiance, je l’ai quand même. Il me faut juste du temps pour me retrouver en compétition. Retrouver les bonnes habitudes mentales, physiques que j’avais avant.  C’est le temps de revenir, en fait.

 Ce qui était également nouveau, c’est que vous expérimentiez des nouveaux programmes ?

C’est ce que je cherchais au ballon. C’était le cas déjà l’année dernière. Même si après, je n’ai rien fait. Je l’avais fait juste après les JO. Donc, c’est déjà la deuxième année. Au ruban, c’est vraiment tout nouveau. On le fait depuis septembre 2025. Mais ce n’est pas complètement rodé. Que ce soit nouveau ou pas, ça ne change pas forcément, parce que les éléments en soi, ça reste les mêmes. C’est juste la composition, les paritimés, les liaisons. C’est vraiment l’énergie qui change. »

Propos recueillis à Tourcoing le 6 juin 2026.

Retrouvez aussi l’interview en vidéo d’Hélène Karbanov sur You Tube/SPORTS-VIDEOS-NORD.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1893 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.