PARIS-ROUBAIX 2026 : POURQUOI LES FEMMES COURRENT CETTE ANNÉE LE MÊME JOUR QUE LES HOMMES ?

Paris-Roubaix Femmes Pauline Ferrand-Prévot
Pauline Ferrand-Prévot a dompté les pavés l'an passé (photo ASO)

C’est sans doute le grand changement de Paris-Roubaix 2026; cette année, la 6ème course des femmes aura lieu dimanche, et se terminera ainsi après la course des hommes. Les deux courses le même jour, c’est ce qui se fait couramment en Belgique, comme lors du dernier Tour des Flandres. Le directeur de Paris-Roubaix Femmes, le Picard Franck Perque, en explique les raisons qui sont plus économiques que sportives.

Le tracé est plus dur cette année. Pour quelles raisons ?

Franck Perque. « Ça suit l’évolution du cyclisme féminin, on le voit ces dernières années. Mais on grimpe un petit peu en difficulté parce que on va avoir trois secteurs supplémentaires. On était avec 17 secteurs
les années précédentes, et cette année il y aura 33,37 km de pavés. Il y en avait 29 les années précédentes, et sur tous ces secteurs, il y a 20 secteurs communs aux hommes.

C’était une demande des coureuses ?

Il n’y avait pas forcément de demande sur la difficulté du parcours. Mais nous souhaitions le faire évoluer, notamment parce qu’on allait inscrire les deux épreuves le même jour. Il fallait aussi trouver des points communs avec celui des hommes. Nous avions pour habitude à Denain de faire des tours de circuit. Ensuite, on faisait une petite boucle au sud, et puis on partait sur Hornaing qui était notre premier secteur, après une soixantaine de kilomètres. Là elles vont vite rentrer en action, puisqu’au bout d’un peu moins de 30 km, elles seront sur le premier secteur pavé. Donc ça change les stratégies de course. Et effectivement le parcours sera plus exigeant que les années précédentes.

Rationaliser les coûts

Le fait d’avoir la course femmes le même jour que la course hommes, vous n’avez pas peur qu’elle perde en visibilité par rapport à l’année dernière ?

Si on regarde les audiences télévisuelles, on était à peu près à 2 millions de téléspectateurs en pic, ce qui déjà était une belle performance. Je pense qu’en passant juste après les hommes, on va encore gagner un
peu, plus l’arrivée qui sera un peu plus tardive,18h20. J’imagine que les gens vont rester quand même devant leur télévision. Et aussi que sur le bord des routes, les spectateurs seront plus nombreux par rapport au samedi, puisqu’il y aura à la fois le public des hommes et des femmes. On va aussi apporter comme consigne de rester sur le bord des routes avant de quitter le lieu.

Quelle est la raison principale d’avoir ces deux courses ensemble ?

C’est vrai qu’avoir deux épreuves de cette envergure le samedi et le dimanche, ça bloquait énormément de routes, ça bloquait beaucoup de communes. De pouvoir le faire en une seule journée, en termes de sécurité, on a moins d’agents puisque là ils ne vont pas être mobilisés sur deux journées. Ça permet de mutualiser aussi et de rationaliser les coûts.

Paris-Roubaix femmes n’était pas rentable ?

Là on s’inscrit dans le calendrier, on est encore dans l’évolution. On voit qu’au niveau des équipes aussi, on n’a pas tout le World Tour comme on voudrait l’avoir. C’est vrai qu’on peut ouvrir jusqu’à 24 équipes, mais si on compte les World Team et les ProTeam, on est aujourd’hui à 21. On n’est qu’à la 6ème édition, et on souhaite que ça évolue et que ça s’inscrive dans la pérennité pour la suite.

L’absence de Pauline Ferrand-Prévot

La raison c’est quoi ? C’est le départ du sponsor principal qui était accolé au nom ?

Oui, le sponsor a souhaité mettre plus de visibilité surle Tour de France femmes avec Zwift. On parle de Zwift, mais on a également la Région qui nous soutient dans ce projet, les Hauts-de-France, ce qui compense.

Paris-Roubaix Femmes 2026 Franck Perque
Franck Perque et Thierry Gouvenou à Denain lors de la présentation de Paris-Roubaix Femmes (photo JMD/Sports5962)

L’absence de Pauline Ferrand-Prévot, ne va t’elle pas retirer de l’intérêt par rapport au grand public ?

C’est sûr qu’elle attire, quand elle est au départ, il y a forcément un engouement, puisqu’on est sur des courses françaises. On l’a vu l’an dernier sur le Tour de France femmes avec Zwift, l’intérêt, l’engouement que ça a créé. Maintenant, Pauline se consacre à un autre calendrier puisqu’elle vise les classiques ardennaises et principalement Liège-Bastogne-Liège. Mais on a vu qu’elle était très en forme au Tour des Flandres, c’est vrai qu’on aurait aimé la voir cette année remettre son titre en jeu. Alors on espère qu’elle reviendra.

Mais c’est un parcours exigeant pour des spécialistes de classiques. On le voit avec Lotte Kopecky, et des équipes comme Trek avec Lucinda Brand, qui est aussi une spécialiste de ce type de terrain. Il y aura aussi une équipe FDJ-Suez en grande condition, avec Francisca Koch, qui a fait un très beau Tour des Flandres, et Élise Chabbey, qui a gagné les Strade Bianche en début de saison. On a quand même des coureuses qui se spécialisent, et on espère bien sûr, voir revenir les filles qui visent des grands tours. »

6ème édition de Paris-Roubaix Femmes, dimanche 12 avril 2026, entre Denain et Roubaix (143,1 km).

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1851 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.