Les supporters de l’équipe de France de football s’apprêtaient à fêter un 14 juillet exceptionnel. Mais les pétards étaient mouillés et les Bleus perdent 0-2 face aux Espagnols en demi-finale de la Coupe du Monde 2026. En fait, il n’y a pas eu de match entre la France et l’Espagne dans ce qui devait être le choc de cette Coupe du Monde. Les fan zones implantées dans toute la France ont été réduites au silence dès la première pause fraîcheur.
C’était le cas à Lambersart. La municipalité avait ouvert une fan zone, malgré les réticences de la Préfecture décidément bien frileuse avec la canicule. Un sympathique parterre avait été aménagé près de la Guinguette qui accueille les familles tout au long de l’été. 1 200 personnes étaient présentes devant l’écran géant installé pour l’occasion.
Malheureusement, tout ce public n’a guère eu l’occasion de vibrer après la Marseillaise chantée à l’unisson. La Roja va en effet s’emparer du ballon dès les premières minutes. Les équipiers de Kylian Mbappé, et notamment le carré magique (avec Bradley Barcola préféré à Désiré Doué) qui va se cogner contre le mur défensif impitoyable de l’Espagne.
La faute de Lucas Digne
Le match va rapidement basculer juste avant la pause fraîcheur. L’ancien lillois Lucas Digne commet une faute grossière sur le remuant Lamine Yamal. C’est le penalty que Mikel Oyerzabal transforme sans difficulté (0-1, 22è). C’est le scénario catastrophe face à une sélection qui n’a encaissé qu’un but depuis le début du tournoi. Un début confirmé par la sortie de William Saliba, handicapé par sa blessure au dos, dès la 30è minute, et remplacé par Maxence Lacroix.
Déjà dans les cordes en première mi-temps, les Français ne manifesteront aucun sentiment de révolte après le repos. Les Espagnols sont supérieurs dans tous les secteurs du jeu. Les stars tricolores sont méconnaissables, à l’image de Michaël Olise, où plutôt, de son fantôme. Conséquence: les Ibériques tuent le match avant l’heure du jeu grâce à un but de Pedro Porro (0-2, 58è).
Les changements opérés ensuite par Didier Deschamps n’y feront rien. C’est le naufrage collectif devant un public médusé. Les spectateurs de la fan zone de Lambersart commencent à partir dès ce second but. Et l’on n’aura quasiment jamais entendu de clameur du public face à l’impuissance tricolore. L’Espagne bat logiquement la France (0-2) et se qualifie pour sa 2è finale en Coupe du Monde, après celle de 2010.

Le coup de massue
Les supporters décontenancés vont rapidement rejoindre les Jardins du Colysée tout proche pour voir le traditionnel feu d’artifice. Mais le spectacle pourtant superbe avait un goût d’amertume. La fête nationale était un peu gâchée par ce non-match des Bleus qui avaient soulevé beaucoup d’espoir auparavant. « Les joueurs sont anéantis« , confie Didier Deschamps au micro de M6. Après la rencontre, seuls Rayan Cherki et Maxence Lacroix viendront ainsi s’exprimer en zone mixte.
Le sélectionneur national aura quand même l’occasion de partir sur une victoire. Ce sera samedi pour la match de la 3è place contre l’Angleterre ou l’Argentine. Même si l’envie n’y est pas.
Feuille de match
FRANCE – ESPAGNE : 0-2 (0-1)
Spectateurs : 70 176
Arbitre : Ivan Arcides Barton Cisneros (Salvador).
Buts : Oyarzabal (22e s.p.), Porro (58e) pour l’Espagne.
Avertissements : Rabiot (9e), Mbappé (86e) à la France ; Cucurella (31e) à l’Espagne.
FRANCE : Maignan – Koundé, Upamecano, Saliba puis Lacroix (30e), Digne puis T. Hernandez (72e) – Tchouaméni, Rabiot puis Koné (46e) – O. Dembélé, Olise puis Cherki (72e), Barcola puis Doué (57e) – Mbappé (cap.).
– Non utilisés : Risser (g.), Samba (g.), Gusto, Konaté, L. Hernandez, Kanté, Zaïre-Émery, Akliouche, Mateta, M. Thuram.
– Sélectionneur : Didier Deschamps.
ESPAGNE : Simon – Porro puis Llorente (84e), Cubarsi, Laporte, Cucurella – Ruiz puis Pedri (78e), Baena puis Williams (84e), Rodri (cap.) – Olmo puis Merino (78e), Oyarzabal puis F. Torres (74e), Yamal.
– Non utilisés : J. Garcia (g), Raya (g), Pubill, E. Garcia, Grimaldo, Zubimendi, Gavi, Iglesias, Munoz, Pino.
– Sélectionneur : Luis de la Fuente.