Le LOSC a présqenté à la presse son nouvel entraîneur, Davide Ancelotti. Le technicien italien (36 ans), est rentré plus vite que prévu de la Coupe du Monde, où il épaulait son père dans le staff de l’équipe du Brésil, éliminée en 1/8è de finale par la Norvège (1-2). Ancelotti jr était donc ce lundi au Domaine de Luchin, quelques jours après la reprise dirigée par ses adjoints. Il a fait devant les media, en français, une large revue de détail sur ses ambitions, son fonctionnement et son arrivée à Lille.
Quelles sont vos premières impressions depuis votre arrivée au club ?
Davide Ancelotti. « Le premier jour était un jour de tests. La première séance, j’étais là, c’était le 7 juillet et j’ai trouvé un groupe qui travaille très bien, qui a une belle culture de l’exigence, du travail. Jai trouvé un groupe qui a du talent et la semaine d’entraînement était très bien. Le premier contact avec le Président, c’était avant la Coupe du Monde. On avait déjà prévu avec les staffs une préparation planifiée jusqu’à la finale de la Coupe du Monde, car mon contrat avec la CBF se terminait là. La fin de la Coupe du Monde est arrivée tôt, malheureusement. Mais j’ai eu la possibilité de commencer ici, dès le début. Le groupe que j’ai trouvé me laisse très ambitieux et très content.
Monopoliser le ballon
Pouvez vous nous présenter dans les grandes ligne, vos convictions pour le football et la manière dont vous avez envie que le LOSC joue cette saison en Ligue 1 ?
Je suis quelqu’un qui veut voir une équipe qui joue avec de l’énergie, avec de la discipline et qui joue un football ambitieux avec le ballon. J’aime bien avoir des joueurs techniques. La priorité c’est de ne pas perdre le ballon. La deuxième priorité c’est de le récupérer tout de suite. Et la troisième, c’est d’être organisé pour le récupérer. J’ai trouvé une équipe qui a une identité claire, qui a une solidité qu’il faut garder. Il y a des choses qu’il faut garder parce qu’elle a fait un travail très bon avant moi et c’est un travail que je respecte et que je ne vais pas tout changer.
Mais il faut avoir l’ambition de changer de peau comme j’en parlais avec les joueurs. Les animaux changent de peau mais ils ne perdent pas leur identité. Et nous on doit faire la même chose et on est en train de faire la même chose dans les entraînements chaque jour. Mais l’idée générale c’est ça. C’est d’avoir une équipe qui rend les supporters fiers de voir leur équipe sur le terrain.
Quels sont objectifs avec votre nouveau club ?
Le Président a déjà parlé clairement de cette ambition européenne, si on parle d’objectif. Dans une Ligue qui est très compliquée, moi j’y arrive, mais jesais que la Ligue 1 est un championnat très difficile, où il y a beaucoup d’équipes qui ont cette ambition, qui sont compétitives. Nous devons garder cette ambition, mais il faut rester humble, on ne peut pas toujours tout contrôler
Une préparation normale malgré la chaleur
Il faut avoir pour objectif d’être compétitif dans toutes les compétitions. Mais ce qu’on peut contrôler, c’est le comportement. Comment on va arriver là-bas, c’est le standard qu’on a chaque jour, et ça on peut le contrôler. Pour un entraîneur, c’est un travail plus simple dans ce club-là, parce que le club aide beaucoup à garder ses comportements, de s’entraîner à fond chaque jour, de contrôler la discipline, et ça c’est quelque chose qu’on ne va pas lâcher.
Vous arrivez d’Amérique du Nord, il faisait très chaud pendant la Coupe du Monde. Vous arrivez ici, c’est la canicule. Est-ce que vous et votre staff, vous adaptez spécialement vos entraînements en fonction de la chaleur ?
Non, il n’y a rien de particulier maintenant. C’est vrai que pour nous, ce qui compte, c’est la qualité de l’entraînement. Ce n’est pas le temps qu’on passe sur le terrain. On cherche toujours, dans les entraînements, à rester sur le terrain. Si ce n’est pas un temps effectif, de garder la moindre pause possible, pour ne pas rester beaucoup de temps sur le terrain.
Je pense aussi qu’il faut arroser beaucoup le terrain, parce qu’avec cette chaleur, il est sec. La qualité de l’entraînement peut alors baisser un peu. Les joueurs demandent aussi beaucoup. Mais on a la possibilité ici, quand on fait deux séances, de garder les joueurs dans les bungalows climatisés. Moi, je n’ai pas de clim’ chez moi, alors je vais dormir ici, parce que je ne peux pas dormir avec la chaleur qu’il y a. Et ça, c’est aussi les installations qu’on a, qui nous permettent de travailler au plus haut niveau.
Un tournant dans sa carrière
C’est votre première expérience en Europe. Qu’est-ce qui vous a dit que c’était le bon moment, qu’il fallait aller à Lille, et que c’était le club idoine pour lancer véritablement votre carrière ?
Je pense qu’avoir une opportunité comme ça, c’est magnifique. C’est l’évolution naturelle de ma carrière, de commencer tout seul. Ce n’est pas ma première expérience comme entraîneur. C’est vrai que j’ai un parcours un peu particulier, mais je travaille depuis longtemps dans le football. J’ai commencé ici, dans ce pays, il y a 14 ans déjà. Et après j’ai eu un parcours très long comme adjoint, mais dans des clubs où il y avait beaucoup d’exigences, où il y avait beaucoup de pression, et où les standards étaient très hauts, toujours.
Toutes les choses que j’ai apprises sont celles que je vais chercher à ramener ici. J’ai décidé d’aller faire une expérience en l’Amérique du Sud pour commencer, parce que c’est un environnement très particulier pour un entraîneur, très difficile, où il y a beaucoup de pression C’est une expérience que je suis très content d’avoir fait, parce qu’aujourd’hui je suis un entraîneur meilleur. Je suis plus prêt pour avoir cette responsabilité d’être entraîneur d’un club comme le LOSC.
Un mix de jeunes et d’anciens
Même si vous venez d’arriver, quelles sont vos premières impressions sur vos joueurs ?
Ils ont une culture du travail, une exigence entre eux qui est très haute. Ils posent beaucoup de questions, ils sont très compétitifs à l’entraînement. On n’a pas fait de match encore, Alors il n’y a pas de pression pour l’instant. On a beaucoup de jeunes joueurs. Nous avons un beau mix entre les jeunes joueurs et les joueurs d’expérience. Il y a des joueurs dans les vestiaires qui sont exemplaires dans les comportements et dans les palmarès. Je pense à Olivier Giroud. S’il y a un jeune joueur qui regarde quelqu’un comme lui, comment il s’entraîne, c’est très important pour le club.
Est-ce que c’est une étiquette que vous assumez d’être le fils de Carlo, ou est-ce que c’est justement quelque chose dont vous voulez vous détacher ?
C’est aussi une équipe qui a des joueurs techniques, surtout au milieu, qui est capable de garder les ballons. Elle a le troisième pourcentage de possession dans la Ligue 1 l’année dernière. C’est une équipe très solide au niveau défensif. Un coach que moi ne veux pas changer cela. Après il y a des choses que bien sûr je vais chercher à apporter. Mes idées dans la structure avec le ballon, dans la sortie de balle, dans l’attaque placée en terrain adversaire. Il y a des choses qui sont déjà là. Au niveau statistique on peut améliorer, et on va beaucoup travailler pour cela, ce sont les coups de pied arrêtés.
Une étiquette assumée
C’est une question récurrente dans ma vie. Bien sûr, je suis là pour écrire ma propre histoire. Mon prénom, c’est Davide. Et ça, je le sais. Mais je suis très heureux d’être Ancelotti, d’avoir ce nom de famille. Parce que j’ai eu la chance de pouvoir apprendre avec les meilleurs. Ce n’est pas quelque chose que je veux ignorer ou changer. Ce n’est pas un poids pour moi. Je sais que moi je ne veux pas faire de comparaison avec mon père. C’est quelque chose de normal dans toute ma vie. Je ne sens pas de pression pour ça, pas du tout. Maintenant, il est là pour m’aider si j’en ai besoin. »
Propos recueillis par Jean-Marc Devred le 16 juillet 2026 à Camphin-en-Pévèle. Retrouvez aussi la conférence de presse en vidéo de Davide Ancelotti sur You Tube/SPORTS-VIDEOS-NORD.