Les 115 concurrents de la 13ème Route du Rhum sont arrivés à Saint-Malo. Malheureusement, la tempête Austen a contrarié l’ambiance de fête car le village de la course a été fermé jeudi. Il rouvre ce week-end, pour la présentation des skippers. Nombreux sont les bizuths qui vont découvrir la plus mythique des transats. C’est le cas de Théa Khelif, qui disputera sa première Route du Rhum. La Nordiste de 27 ans s’aligne en Class40 sur « Women of Course » pour sa première grande course en solitaire. Elle découvre cet environnement avec un certain émerveillement.
« La Route du Rhum, C’est quelque chose que je regardais à la télé quand j’étais toute petite, sans même vraiment en rêver au départ, parce que ça paraît assez fou, confie Théa lors d’une interview pour le canal de la Course. Là, les bateaux ont encore progressé depuis 20 ans où je voyais ça à la télé. Ce n’était pas forcément quelque chose que j’imaginais quand j’étais petite. Ça s’est construit petit à petit avec le temps, avec mon parcours compétitif. Et puis aujourd’hui, c’est vrai que prendre ce départ après deux ans seulement en classe 40, c’est vraiment une grande chance. Donc j’essaie d’en profiter. »
C’est donc avec des yeux d’enfants que la Gravelinoise découvre la Cité Corsaire à l’époque de la Route du Rhum. Même si le décor n’est guère engageant avec ce ciel plombé, le vent, la pluie, et les énormes vagues qui déferlent sur les rochers et îlots de la rade malouine.
A côté de Vincent Riou
La tempête Austen a en effet obligé les organisateurs de OCS Pen Duick à fermer deux jours le Village de la Route du Rhum, qui s’apprête à accueillir des milliers de visiteurs en cette période de vacances scolaires. Mais ce samedi encore, la mer était déchaînée devant les remparts de Saint-Malo, même si le vent s’est atténué. Ce décor un peu tristounet n’empêche pas la jeune skippeuse d’apprécier l’ambiance entre skippers.
« Je me sens encore toute petite dans cet environnement »
« C’est impressionnant, poursuit la skippeuse nordiste. Moi, je me sens encore toute petite dans cet environnement. Et en même temps, c’est vrai qu’on se côtoie tous grands marins et petits rookies sans trop de barrière. Donc, c’est super agréable. On peut échanger entre skippers. J’essaie de prendre un peu l’expérience au maximum des autres skippers aussi que je peux rencontrer. Et voilà, on verra après pour la suite comment on se retrouve dans la course. »
Théa cite ainsi un exemple de cette cohabitation sans fard (breton ?). « Dans la classe 40, on a des grands noms. Je pense à Vincent Riou (NDLR: vainqueur du Vendée Globe 2004-2005) qui est mon voisin de ponton. Déjà, c’est pas rien. C’est un petit peu impressionnant. Mais on se croise toute la saison en classe 40 et on échange très facilement. On a des conseils. C’est vraiment très bienveillant. C’est aussi agréable quand on est tout jeune dans ces grosses catégories de la course au large. »

La foule après la tempête
Grâce à un énorme travail de protection réalisé par les équipes techniques d’OCS Pen Duick, les 115 bateaux répartis dans les différents bassins n’ont subi aucun dégât. Un impressionnant mur de camions protégeait ainsi les classe 40 installés sur les quais Bajoyer et Saint-Louis, près de la cité Intra Muros.
Pour cette 13ème édition, la flotte des classe 40 est la plus nombreuse, avec 49 skippers dont 6 femmes. Sur ces monocoques de 12 mètres, il leur faudra une quinzaine de jours pour rallier la Guadeloupe. Deux hommes dominent la classe cette saison, Corentin Douguet et Guillaume Pirouelle se sont partagés les courses de la saison et la dernière transat en date.
Derrière le duo, ils sont plus d’une dizaine à pouvoir batailler aux avant-postes. Théa Khélif elle, fait partie des bizuths dans cette classe dominée par les amateurs. Car c’est la plus accessible sur le plan budgétaire. Comme elle nous l’expliquait, elle n’avait pas tout à fait bouclé son budget au moment de la présentation de la course à Paris. Mais contrairement à trois concurrents qui ont renoncé depuis, la native de Calais prendra bien le départ de la course le 1è novembre. Et elle a eu droit à son premier reportage TV sur le site officiel de la course.
Dimanche, la kiné de Gravelines devrait monter sur le podium pour la présentation des skippers, si le temps le permet. Le public en tous cas est revenu en masse dès ce samedi de ré-ouverture, après la tempête.