Victoire écrasante de Paul Magnier (Soudal-Quick Step) ce dimanche à la Muur Classic Géraardsbergen (Grammont). Quatre jours après son échec au circuit Franco-Belge, le phénomène grenoblois prend donc sa revanche. Et de quelle manière ! Dans un sprint en pente comme au Mont-de-l’Enclus, Magnier a mis les suivants à plusieurs longueurs, sans avoir jamais été inquiété auparavant. Le jeune Français remporte ainsi son 6è succès depuis le début de l’année. Et le premier dans une course d’un jour.
Paul Magnier a été victime de crampes au Circuit Franco-Belge. C’était en effet sa course de reprise après un brillant Tour d’Italie (3 étapes et le maillot cyclamen du classement par points). Le Grenoblois avait coupé et manquait donc de préparation. Néanmoins, il avait décidé de s’aligner à Grammont, plutôt qu’au sprint de Copenhague avec la plupart des meilleurs sprinters. C’est ce qu’il expliquait à l’arrivée du Circuit Franco-Belge.
Après que l’échappée du jour soit reprise, avant le dernier tour, une dangereuse attaque à deux qui a débuté dans les dix derniers kilomètres a pimenté les choses. Le Belge de Cofidis Dylan Teuns, très en jambes, a en effet attaqué, et semblait capable de s’imposer. Mais la Soudal Quick-Step a gardé son sang-froid en reprenant les attaquants juste avant la flamme rouge.
L’échec de Tim Merlier à Copenhague
Paul Magnier a alors placé un démarrage fulgurant au pied du mur de Grammont, à 250m de la ligne d’arrivée. Il s’impose avec une avance impressionnante sur les deux Belges Floris van Tricht (NSN Devo Team), et Jenno Berckmoes (Lotto-Intermarché).
« C’est agréable de retrouver ce sentiment de victoire après le Giro. Nous avons fait la course en tête toute la journée, nous l’avons contrôlée et avons réussi à contrer les attaques en fin de parcours avant que je ne lance mon accélération. Je tiens à remercier mes coéquipiers pour leur travail acharné et pour avoir démontré la force de l’équipe », a déclaré Magnier après le podium. « Le départ a été rapide, mais je me sentais bien dès le début. Je savais que j’étais en forme et j’étais très motivé après ma troisième place de mercredi. Dans la dernière ascension, il s’agissait aussi de trouver le bon moment pour attaquer, ce que j’ai fait, et je suis naturellement ravi du résultat. »
Cette victoire impressionnante est déjà la 30è de la jeune carrière de Paul Magnier. Elle console le Wolfspack de l’échec de son autre top sprinter Tim Merlier, au Sprint de Copenhague. Celui-ci a été retardé par la chute intervenue à 18 km de l’arrivée,entraînant également Jordi Meeus et Dylan Groenewegen. C’est une rentrée victorieuse pour Jasper Philipsen (Alpecin Premier Tech) qui n’avait plus couru depuis Paris-Roubaix. Il précède Tobias Lund Andresen (Décathlon) et Sam Welsford (Inéos). L’Anversois a bénéficié du gros travail du Nordiste Florian Sénéchal dans les derniers kilomètres.
Classement de la Muur Classic Geraardsbergen
1 Paul MAGNIER SOUDAL QUICK-STEP 4h01’42 »
2 Floris VAN TRICHT NSN DEVO TEAM 2″
3 Jenno BERCKMOES LOTTO-INTERMARCHÉ 2″
4 Davide TONEATTI XDS ASTANA TEAM 2″
5 Lukas KUBIS UNIBET ROSE ROCKETS 5″
6 David HAVERDINGS ALPECIN-PREMIER TECH 5″
7 Joren BLOEM UNIBET ROSE ROCKETS 5″
8 Patrick EDDY TEAM BRENNAN 5″
9 Anthony TURGIS TOTALENERGIES 9″
10 Jochem KERCKHAERT BEAT CYCLING CLUB P/B SAXO 9″.
TOUR AUVERGNE-RHÔNE-ALPES: DEL TORO GAGNE; SEIXAS ABANDONNE

Paul Seixas a connun une semaine galère à l’ancien Critérium du Dauphiné, rebaptisé Tour Auvergne-Rhône-Alpes. Le prodige français partait grand favori. Mais à 19 ans, il a encore beaucoup à apprendre. A la traîne dès le début, il a chuté violemment dans une descente samedi. Mal remis, il a logiquement abandonné dimanche.
Seixas, jamais dans le coup pour la victoire, laisse donc place à son principal rival, Isaac Del Toro. Le Mexicain a remporté les deux dernières étapes de montagne. Il remonte ainsi le retard important qu’il comptait sur le surprenant Australien Luke Tuckwell. À l’âge de 22 ans et 199 jours, Isaac Del Toro devient le troisième plus jeune vainqueur de l’histoire. Seuls Greg LeMond, sacré en 1983 à 21 ans et 345 jours, et Louis Rostollan, vainqueur en 1958 à 22 ans et 158 jours, avaient triomphé plus jeunes.
A défaut de gagner, Paul Seixas a certainement beaucoup appris. Tout comme son équipe qui n’a visiblement pas l’habitude d’accompagner un leader sur un Grand Tour. Le jeune Lyonnais va maintenant panser ses blessures, avant de partir en stage avant le Tour de France.