HOCKEY/GAZON : LES NORDISTES EN FORCE AUX JEUX OLYMPIQUES DE PARIS

Hockey sur gazon les Nordistes aux JO de Paris
Philippine Delemazure et Iñes Lardeur: deux Nordistes qui vont aux JO de Paris (photo JMD/Sports 5962)

Le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) a publié ce lundi 8 juillet ses dernières listes de sélectionnés pour les Jeux Olympiques. Elles concernent essentiellement les sports collectifs. Les Nordistes sont nombreux, en particulier en hockey/gazon, chez les hommes comme chez les femmes, pour Paris 2024. Il est vrai que les hockeyeurs tricolores ont suivi une grande partie de leur préparation dans le Nord. Pas moins de 14 hockeyeurs originaires du Nord font partie des deux sélections nationales à Paris.

On savait que le Nord était une terre de hockey/gazon; certainement la première région en France pour ce sport collectif olympique très confidentiel dans notre pays. Mais très populaire aux quatre coins de la planète, des plus éloignés (Inde, Australie, Argentine), aux plus proches (Belgique, Grande-Bretagne, Allemagne). D’ailleurs, lors des finales des derniers championnats de France Elite disputés à Lambersart, les deux titres sont revenus à Cambrai chez les féminines; et à Lille pour les masculins.

L’effet olympique aura joué à plein puisque les deux équipes de France sont qualifiées pour les prochains Jeux à Paris. Une première historique pour les femmes; un trou énorme de plus d’un demi-siècle pour les hommes. Nos deux sélections n’étaient cependant pas qualifiées d’office pour ces Jeux à la maison. Il leur fallait figurer au moins dans le top 20 mondial pour être retenues par le CIO. Cela s’est fait facilement pour les Bleus (9è nation mondiale); de façon plus juste pour les Bleues (20è).

14 Chtis chez les Bleu(e)s

Conséquence: les Nordistes en hockey forment donc un véritable clan avec pas moins de 8 garçons et 6 filles pour Paris 2024 ! Un record. Cela explique que depuis deux ans, les hockeyeurs français se sont longuement préparés dans le Nord, au CREPS de Wattignies en particulier.

La plupart des internationaux jouent à l’étranger, et en particulier en Belgique. Le championnat professionnel est en effet nettement plus relevé qu’en France et permet à nos joueurs d’évoluer à haut niveau. Avec l’exception du Lille Métropole Hockey Club, qui compte 4 sélectionnés (Viktor Lockwood, Brieuc Delemazure, Arthur Thieffry et aussi Mattéo Desgouillons comme remplaçant). Plus Philippine Delemazure (la soeur de Brieuc) chez les femmes. Sans oublier Mickaela Lahlah qui est revenue à Cambrai, son club d’origine. Les 6 autres Nordistes sont également natifs de la région même s’ils jouent en Belgique. Et on peut y rajouter le sélectionneur national de l’équipe masculine, Frédéric Soyez. Un ancien du Lille Hoc né à Valenciennes. Ainsi que la Cambrésienne Carole Thieffry, manager générale de l’équipe féminine.

Vidéo Dailymotion SPORTS 59/62 TV. L’interview de Mickaela Lahlah, chez elle à Cambrai.

Aussi, les Nordistes ont apprécié leur dernière semaine de préparation avec matchs disputée chez eux avant le début du hockey à Paris. A Lambersart pour les Bleus contre l’Irlande. A Cambrai pour les Bleues face à l’Afrique du Sud. Maintenant, ils termineront cette préparation au CREPS de Châtenay-Malabry, avant de mettre enfin le cap sur Colombes, où se tiendront les tournois olympiques.

Les sélectionnés nordistes

Equipe féminine

  • Philippine Delemazure (Lille MHC)
  • Mathilde Duffrene (Royal Pingouins HC)
  • Mickaela Lahlah (Cambrai HC)
  • Iñes Lardeur (Royal Léopold HC)
  • Emma Ponthieu (Royal Racing Club Bruxelles)
  • Eve Verzura (Royal Léopold HC)

Equipe masculine

  • Victor Charlet (Waterloo Ducks HC)
  • Brieuc Delemazure (Lille MHC)
  • François Goyet (La Gantoise)
  • Viktor Lockwood (Lille MHC)
  • Arthur Thieffry (Lille MHC)
  • Etienne Tynevez (La Gantoise)
  • Gaspard Xavier (Royal Racing Club Bruxelles)
  • Mattéo Desgouillons (Lille MHC) remplaçant

TROIS QUESTIONS À GAËL FOULARD

Hockey/gazon Gaël Foulard
Gaël Foulard, à droite, le sélectionneur national de l’équipe de France féminine, à Cambrai (photo JMD/Sports 5962)

Le sélectionneur national de l’équipe de France féminine dressait un « bilan mitigé » de la semaine d’entraînement passée à Cambrai avec l’Afrique du Sud. Gaël Foulard a répondu à nos questions.

  1. Comment s’est passée votre préparation pour les Jeux Olympiques ?

 » On n’a jamais connu un tel niveau de préparation. Cela grâce au budget alloué par la Fédération française, mais aussi l’Agence nationale du Sport (ANS). C’était nouveau et on n’a rien à envier sur ce plan aux grandes nations mondiales du hockey/gazon. Nous nous sommes beaucoup entraînés dans le Nord, à Cambrai mais aussi au CREPS de Wattignies (ainsi qu’à Châtenay-Malabry). Car le Nord est un bastion fort de notre sport. Et nous avons à chaque fois été très bien accueilli. »

2. Quel sera votre objectif à Paris 2024 ?

 » Clairement, nous ne sommes qu’outsiders. J’ai les pieds sur terre. Donner un objectif sur un niveau de compétition que nous n’avons jamais connu, c’est difficile. Comment allons-nous réagir sur 5 matchs de très haut-niveau ? On va essayer de les gagner, même si l’adversité sera très forte avec notamment le Japon et la Chine. L’objectif est aussi de faire découvrir notre sport et d’envoyer un message de compétitivité de l’équipe de France féminine. »

 » Les derniers résultats montrent notre progression. Certes, nous ne sommes que 20è au ranking mondial. Mais nous avons battu toutes les équipes classées jusqu’à la 7è ou 8è place. Seul le top 5 semble inaccessible. Mais ce tournoi va nous permettre de faire un grand pas dans notre évolution. »

3. Quelle sera la suite ?

 » Après les Jeux, nous allons jouer fin août un tournoi européen extrèmement important. Ce sera la qualification pour le championnat d’Europe A (NDLR: cet Eurohockey A aura lieu du 22 au 25 août à Douai) . Il nous permettra de confirmer notre progression, et d’intégrer le top 8 européen. Ensuite, nous espérons accéder au top 10 mondial pour jouer la Nations Cup. En attendant, les Jeux Olympiques constituent notre priorité absolue. Mais une fois la compétition terminée, nous aurons bénéficié aussi de cette préparation pour performer à l’EuroHockey 2024. »

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1642 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.