ATHLÉTISME : MICHEL JAZY, LE DÉCÈS D’UNE LÉGENDE NORDISTE

Décès de Michel Jazy
Michel Jazy à l'époque de sa plendeur, dans les années 60 (photo Athlé.fr)

On a appris ce 1è février le décès de Michel Jazy à Dax, à l’âge de 87 ans. Cette légende du sport français, et de l’athlétisme en particulier, était originaire du Bassin Minier. Né à Oignies comme Guy Drut, ce descendant de mineur polonais est peut-être le plus grand coureur de fond de l’Histoire de l’athlétisme français.

La dernière fois que l’on a vu Michel Jazy dans la région, c’était lors des obsèques de Michel Bernard à Anzin, le 19 février 2019. Bien qu’affaibli, Jazy était en effet venu des Landes où il résidait depuis de longues années (à Hossegor), rendre un dernier hommage à son grand rival, devenu son ami, originaire lui du Valenciennois. Ironie du sort, ou simple coïncidence, l’Anzinois est décédé à l’âge de 87 ans; exactement comme l’Oigninois ce 1è février 2024. Aux côtés de l’ancien président de la FFA Philippe Lamblin, Michel Jazy était très ému.

Vidéo France3 Hauts-de-France. Michel Jazy lors des obsèques de Michel Bernard à Anzin.

La France du Général De Gaulle a longtemps vibré au duel des deux Nordistes. Jazy-Bernard en athlétisme, c’était la même chose que Anquetil-Poulidor en cyclisme. A l’époque de leur rivalité sportive, les deux hommes étaient en guerre sur la piste, et ne se parlaient pas en dehors. Mais ils sont devenus amis après leur retraite sportive, comme Anquetil et Poulidor, ou Prost et Senna.

Né dans la même rue que Guy Drut

Autre destin parallèle, celui de Jazy et Guy Drut. Les deux hommes sont en effet nés dans la même commune, Oignies. Et aussi dans la même rue, la rue Pasteur; dans cette cité minière du Pas-de-Calais qui a vu aussi la naissance de Gervais Martel, l’ancien président du RC Lens. Jazy et Drut sont deux légendes de l’athlétisme français. Ils étaient également très liés malgré la différence d’âge (14 ans).

Avant Drut, champion olympique du 110m haies en 1976 à Montréal, Jazy avait monté un palmarès somptueux en demi-fond. Sur le 1 500m en particulier, sa distance de prédilection. Plusieurs fois recordman du monde, deux fois champion d’Europe et vice-champion olympique du 1500 m en 1960, l’Artésien figurait parmi les stars mondiales, à cette époque où les championnats du Monde n’existaient pas encore. Durant sa carrière, Michel Jazy a amélioré 9 records du monde, 6 records d’Europe et 32 records de France. Son seul regret: n’avoir jamais été champion olympique. A Rome, il est battu par l’Australien Herbert Elliott. A Tokyo, grand favori du 5 000m, il échoue à la 4è place. C’est certainement Le plus mauvais souvenir de sa carrière.

Mais contrairement à Michel Bernard et Guy Drut, il n’est pas recensé comme athlète nordiste. Il a en effet découvert l’athlétisme en région parisienne, où il avait rejoint sa mère, et signé sa première licence au club de Boulogne-Billancourt, .

Une popularité énorme

Michel Jazy, avec son physique de beau gosse, était particulièrement populaire. Et il avait bien réussi sa reconversion professionnelle. Je me souviens ainsi l’avoir vu à la Foire de Douai dans les années 70. Il était invité avec l‘ancien gardien du LOSC Charly Samois. Les deux hommes avaient en effet participé ensemble aux Jeux Olympiques de Rome. Mais au moment de la signature d’autographes, tout le public est venu spontanément le voir lui seul. Jazy, c’était une vraie vedette, au même titre que Jacques Anquetil, l’autre grand champion français des années 60.

Il a ainsi été désigné trois fois « Champion des Champions » français par le Journal l’Equipe, en 1960, 1962 et 1965. Le décès de Michel Jazy a provoqué des hommages nombreux et unanimes dans les milieux sportifs et les media ce jour.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1627 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.