CYCLISME : LENNY MARTINEZ NOUVEAU ROI DU VENTOUX

Ventoux Lenny Martinez
Lenny Martinez s'impose au sommet du Mont Ventoux (photo LNC/X.Pereyron)

Lenny Martinez remporte le 5ème Mont Ventoux Dénivelé Challenge. C’est la première victoire pro du jeune grimpeur de Groupama-FDJ, alors qu’il n’a pas encore 20 ans. Cet enfant de la balle (fils de Miguel, et petit-fils de Mariano Martinez) entre de plein pied dans la carrière après cette victoire pleine de sang-froid devant le Canadien Michaël Woods (Israël-Premier Tech) et lAnglais Simon Carr (EF Education Easypost).

Avec le culot de la jeunesse, Lenny Martinez avait annoncé avant la course vouloir gagner le CIC Mont Ventoux Dénivelé Challenge. Une course de côte de 154 km à l’origine, ramenée finalement à 99 km, après l’annulation de la première montée du géant de Provence, à cause des conditions météo. Il y avait en effet de fort risques d’orage.

« Nous avons pris cette décision pour garantir la sécurité des coureurs, notre priorité. Nous sommes bien évidemment un peu déçus de ne pas proposer le parcours initialement prévu en tant qu’organisateur, mais cette décision est la plus sage », indique Nicolas Garcera, organisateur de l’épreuve.

Cette 5ème édition du Mont Ventoux Dénivelé Challenge s’est donc achevée dans le brouillard, au sommet du mont Chauve, sur la victoire somme toute attendue de Lenny Martinez.

Une course tronquée

La course partie tôt de Vaison-la-Romaine sera ainsi animée dès le départ par cinq coureurs. Valentin Retailleau (AG2R Citroën Team), Asier Etxeberria (Euskaltel – Euskadi), Pablo Castrillo (Equipo Kern Pharma), Jose Maria Garcia (Electro Hiper Europa) et Léo Danès (CIC U Nantes Atlantique) vont mener une échappée au long cours.

L’Espagnol Castrillo sera le dernier à résister au retour du peloton, avant de céder à 5 km du sommet. Ils seront à nouveau 5 à se disputer la victoire. Dans le sprint en montée, Lenny Martinez attaque au bon moment et coiffe Michaël Woods, qui semblait pourtant le plus fort.

« C’est une grande victoire ici », déclare Lenny Martinez à l’arrivée. « C’est la plus grande ascension de France à mes yeux, une montée mythique. Je suis très heureux de remporter ma première course au sommet du Ventoux. Je savais que je pouvais le faire, même si le versant qui a été annulé me correspondait mieux car plus raide…« 

L’équipe Cofidis déçoit. Le premier coureur de l’équipe nordiste, Jesus Herrada, termine ainsi 12è.

Lenny Martinez est le premier Français à remporter le Mont Ventoux Dénivelé Challenge. On le verra donc la semaine prochaine à Cassel et Hazebrouck, pour les championnats de France de cyclisme Elite sur route.

Classement du CIC Mont Ventoux Dénivelé Challenge

1. MARTINEZ Lenny FRA GFC les 98,3 km en 2h48’41 » (moy. 34,965 km/h)
2. WOODS Michael CAN IPT à 1 seconde
3. CARR Simon GBR EFE  »
4. RODRIGUEZ MARTIN Cristian ESP ARK  »
5. CHAMPOUSSIN Clément FRA ARK à 13 sec
6. SOSA CUERVO Ivan Ramiro COL MOV à 14 sec
7. POZZOVIVO Domenico ITA IPT à 15 sec
8. PARET PEINTRE Valentin FRA ACT à 20 sec
9. CAMARGO PINEDA Diego Andre COL EFE à 22 sec
10. BIZKARRA ETXEGIBEL Mikel ESP EUS à 29 sec

PINOT AU TOUR DE FRANCE, LA RUPTURE AVEC DEMARE

Groupama-FDJ Démare
Arnaud Démare a terminé 2è de l’étape lundi au Tour de Suisse, derrière Girmay (photo Buchli Fotografie | Sam Buchli/Tour de Suiosse)

Au moment où Lenny Martinez s’imposait au Mont Ventoux, Marc Madiot annonçait une partie de l’équipe Groupama-FDJ pour le prochain Tour de France. Sans surprise, on trouve dans les cinq noms David Gaudu, Valentin Madouas, Kevin Geniets, Stefan Küng et Thibault Pinot, finalement retenu. Mais il n’y aura pas Arnaud Démare. Et Madiot justifie ainsi son choix avec fermeté.

« Notre équipe sera tournée vers la montagne. L’objectif est bien sûr le classement général avec David Gaudu. On s’autorisera aussi à être offensif avec Thibaut Pinot, Valentin Madouas ou encore Stefan Küng. Ce fut une sélection difficile à établir, notamment la décision de ne pas retenir Arnaud Démare. Je peux comprendre sa déception. J’ai des affinités avec les coureurs mais l’intérêt de l’équipe doit passer en premier. C’est un choix sportif. Je suis là pour déterminer l’équipe qui me semble la plus compétitive. Il y a des forces et des faiblesses. J’assume ces choix. »

Le coup est rude pour le sprinter picard, qui sait aussi qu’il ne sera pas conservé la saison prochaine. Au Tour de Suisse, où il se trouve cette semaine, Arnaud Démare n’a pas caché sa colère devant la presse. « Le choix a été fait depuis longtemps mais ils n’ont pas eu la franchise de me le dire avant. C’est un coup de poing », peut-on ainsi lire sur l’Equipe.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1507 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.