JEUX OLYMPIQUES : LE CIO LANCE UN NOUVEL APPEL A LA PAIX LORS DU G20

G20 le CIO
Thomas Bach a ouvert le déjeûner des dirigeants du G20 à Bali (photo Greg Martin/CIO)

Le président du CIO, Thomas Bach, s’est adressé aux dirigeants du G20 lors du Sommet à Bali, en Indonésie, mardi. A cette occasion, celui-ci a rappelé le principe de neutralité de son organisation dans le domaine politique. Mais le président du mouvement olympique a lancé à nouveau un appel à l’unité des peuples et à un respect de la paix. Le CIO s’implique de plus en plus quand même dans les grands problèmes géopolitiques, notamment depuis le début de la guerre en Ukraine. Sa présence au G20 montre aussi le poids que commence à présenter le mouvement sportif auprès des puissances mondiales.

Le Sommet du G20 réunit les chefs d’État et de gouvernement de 19 pays ainsi que les dirigeants de l’Union européenne (UE). En outre, des dirigeants de pays invités et des représentants d’organisations internationales invitées étaient également présents. Le Sommet était accueilli par l’Indonésie, qui assure la présidence tournante cette année. Ensemble, les pays du G20 représentent plus de 80 % du PIB mondial, 75 % du commerce international et plus de 60 % de la population mondiale.

Le président Thomas Bach a rappelé aux chefs d’État et de gouvernement que l’objectif fondamental des Jeux Olympiques et Paralympiques était de « rassembler le monde entier dans une compétition pacifique, sans discrimination aucune ».

La guerre en Ukraine au premier plan

Il a toutefois noté que la guerre en Ukraine a affecté le Mouvement olympique de façon unique : « Nous avons condamné et sanctionné le gouvernement russe d’une manière sans précédent pour cette violation flagrante de la Charte olympique. Nous soutenons les athlètes et les membres de la communauté olympique ukrainienne partout dans le monde avec toute notre solidarité.« 

« Mais contrairement aux trop nombreuses autres guerres et conflits dans notre monde, à propos de cette guerre, certains gouvernements ont commencé à décider quels athlètes seraient autorisés à participer aux compétitions sportives internationales – et lesquels ne le seraient pas. »

Il a ajouté que, dans un monde de plus en plus polarisé : « Si le sport devient, de cette manière, un outil de plus pour atteindre des objectifs politiques, le sport international s’effondrera. Le sport olympique doit pouvoir compter sur la participation de tous les athlètes qui acceptent les règles, même, et surtout, si leurs pays sont en situation de guerre ou de conflit. Une compétition entre athlètes issus uniquement de pays partageant les mêmes idées n’est pas un symbole crédible de paix ».

« En cette ère de division, notre rôle est clair : unir le monde – et non aggraver les divisions », a-t-il poursuivi. « Pour être à la hauteur de notre mission unificatrice, le CIO doit être politiquement neutre. Pour permettre aux futurs hôtes olympiques d’accueillir les meilleurs athlètes de la planète, indépendamment des conflits politiques, j’en appelle à vous, les dirigeants du monde, pour soutenir cette neutralité politique. »

Il a conclu son discours en ces termes devant les dirigeants du monde entier réunis au Sommet du G20 : « Je réitère l’appel que je vous ai déjà lancé, à vous, les dirigeants du monde, lors des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques d’hiver de Beijing 2022 : « Give peace a chance ! » (Donnez une chance à la paix !)

La voie à suivre pour Paris 2024

Thomas Bach montre ainsi la voie à suivre lors des prochains rendez-vous olympiques et paralympiques en 2024 à Paris. Des Jeux ouverts à tous les athlètes « qui acceptent les règles« . A condition que leurs pays s’engagent dans une neutralité politique durant ces Jeux.

Lors des dernières éditions, des athlètes russes notamment ont pu participer aux compétitions sous une bannière neutre. Mais c’était pour des raisons de lutte contre le dopage. Avant les Jeux paralympiques de Pékin également, les compétiteurs russes et biélorusses avaient été exclus suite au déclenchement de l’agression russe en Ukraine.

On s’oriente donc probablement vers une participation des sportifs de ces deux pays sous condition, avec la bannière du CIO et sans leur hymne national. Rappelons que la Russie ne participait pas au sommet du G20.

Le président indonésien Joko Widodo, qui présidait aussi ce G20, a apporté son soutien au CIO dans cette démarche de paix et de neutralité. « Ce soutien est d’une importance inestimable en ces temps de grande division, surtout s’il vient de la présidence du Sommet du G20« , a commenté Thomas Bach.

L’appel du président indonésien à la paix et la neutralité

Le président du G20 a nommément cité Paris 2024 dans cette intervention officielle. L’Indonésie a également profité de cette rencontre au sommet pour confirmer sa volonté d’accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2036 dans sa nouvelle capitale, Nusantara.

Infos Comité International Olympique

A propos de JEAN-MARC DEVRED 917 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.