VOLLEY-BALL. L’EQUIPE DE FRANCE FEMININE DE RETOUR A HARNES

Les volleyeuses françaises à Harnes
Les Françaises après leur victoire contre l'Azerbaïdjan (photo JMD)

Les volleyeuses françaises à Harnes, dans le Bassin minier pour la Golden League. L’équipe de France féminine a disputé trois matches en trois jours, à Harnes, une cité du volley-ball dans le Pas-de-Calais. Face à la Roumanie, l’Azerbaïdjan et l’Espagne, la sélection entraînée par le Belge Emile Rousseaux a montré ses progrès, en remportant ses trois matches. Ce qui malheureusement n’a pas suffi pour se qualifier pour le Final Four.

Une compétition relevée

Organisée jusqu’au 20 juin, la ligue européenne de volleyball est une compétition pour les équipes nationales des fédérations membres de la CEV. Il s’agit d’un tournoi comprenant 2 divisions : la Golden League (12 équipes) et la Silver League (8 équipes). L’admissibilité à participer est basée sur le classement de l’équipe nationale de la CEV ou sur la victoire de la ligue d’argent européenne de la saison précédente. Pour cette année, la Golden League a donc pour principal objectif de mettre en vedette les équipes nationales de 12 pays. Sur 3 poules de 4 équipes, la France se trouve dans la poule A avec la Roumanie, l’Espagne et l’Azerbaïdjan. Annulée en 2020, l’édition 2021 rassemble dans la poule A la France, l’Espagne, la Roumanie et l’Azerbaïdjan.

La Lensoise Manon Moreels était de retour sur ses terres (photo Jean-Marc Devred)

A Harnes, aucun signe qu’un évènement sportif a lieu durant ce premier week-end de juin. Pas une affiche, aucun attroupement autour de la salle Maréchal, pas de billetterie. Normal, puisque que cette première phase de la Ligue des Nations se déroule à huis clos.

Les quatre sélections nationales ont profité de ce calme pour s’entraîner dans l’antre du VC Harnes, le club-phare du Pas-de-Calais, qui vient de remporter le titre nationale en Elite masculine. Les jours de matches pourtant, le huis clos n’est pas total. Des invités et des licenciés du club sont là et participent à l’organisation de ce tournoi confié au dernier moment par la Fédération française de volley-ball. Pas une mince affaire dans ce contexte sanitaire toujours incertain.

Un protocole sanitaire strict

Les bénévoles présents feront appliquer le protocole sanitaire afin que les joueuses ne soient pas contaminées. Chacun doit se laver les mains dès qu’il entre dans le bâtiment, même s’il ressort entre-temps. Une personne prend la température des gens inscrits sur la liste des accrédités. Le port du masque est bien sûr obligatoire. Et un sens de circulation a été marqué au sol. Pas de bousculade dans ce vaste espace sportif qui accueille d’ordinaire plus de monde.

 » Ces gens sont fous…« 

Emile Rousseaux, sélectionneur de l’équipe de France féminine

Pourtant, les Harnésiens vont relever ce défi avec panache. Emile Rousseaux, le sélectionneur belge de l’équipe de France, n’a pas manqué de souligner la qualité de l’accueil des artésiens pour cette compétition européenne. Ce Brabançon bon teint fera d’ailleurs référence à Einstein pour illustrer l’engagement des bénévoles harnésiens avec cette citation célèbre du physicien allemand . » La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent. » Et de traduire: » ces gens sont fous. Ils ont accepté d’organiser en un mois ce tournoi. Ils l’ont fait avec beaucoup de sérieux et nous ont accueilli au mieux. Moi qui suis Belge, et donc voisin proche, je connaissais les qualités des gens du Nord- Pas-de-Calais, et je savais que nous serions reçus au mieux ici ».

La salle Maréchal à Harnes a reçu une poule de la Golden League durant trois jours (photo JMD)

Il y a deux ans déjà, Emile Rousseaux avait amené ses joueuses à Harnes pour un stage suivi de trois matches en Golden League. Le Belge venait de prendre les rênes de cette équipe de France féminine qui végétait, contrairement aux masculins, champions d’Europe et vainqueurs de la Ligue Mondiale.

Depuis, les Françaises ont progressé dans la hiérarchie européenne et on a pu noter leurs progrés lors du tournoi harnésien.

Les bleues ont ainsi pris leur revanche sur les Roumaines, qui les avaient battu en 5 manches une semaine auparavant à Cluj. Cette fois, les tricolores ont gagné avec beaucoup de maîtrise en 3 sets: 25-17, 25-18, 25-23.

Un travail payant durant la semaine

L’un des entraîneurs adjoints, Cyril Ong a expliqué que ce travail avait payé. « Ce qu’avait mis Emile en place cette semaine sur la qualité de service nous a bien aidés à bien démarrer le match, on a réussi à leur mettre beaucoup de pression dessus, ce qui a rendu les choses plus simples sur le système bloc/défense. Emile avait insisté sur la qualité de service, on avait beaucoup travaillé, jusqu’à même ce matin, ça a fonctionné, tant mieux !

Satisfaction aussi pour la pointue de l’équipe de France Lucille Gicquel: « On a très bien commencé le match en faisant des séries au service et de très belles choses. Sur le terrain, nous étions très positives, même quand nous avons pris des séries de points d’affilée, on a essayé d’avoir cette mentalité de se dire qu’on allait arriver à faire le point au prochain coup, ça a porté ses fruits et fait pencher le match en notre faveur. »

Emile Rousseaux avec Manon Moreels et Helena Cazaute (photo JMD)

Les volleyeuses françaises vont confirmer le lendemain en s’imposant également en trois manches face à l’Azerbaïdjan (25-14, 25-19, 25-20) sans avoir jamais été inquiétées.

Pour ce deuxième match dans la salle Maréchal de Harnes, Emile Rousseaux avait décidé de mettre un peu de sang frais sur le terrain, avec les titularisations de la Nordiste Manon Moreels et de la centrale Pauline Martin aux places de Leïa Ratahiry et d’Isaline Sager-Weider, avec à l’arrivée de bonnes prestations de la part des entrantes (10 points pour la première, 7 pour la seconde).

VIDEO.La balle de 2ème set remportée par les Françaises.

A leurs côtés, Lucille Gicquel a surfé sur sa dynamique de la veille (15 points, 42% en attaque, 4 blocs, 1 ace), Amandha Sylves (10 points, dont 3 aces) et Héléna Cazaute (14 points, 50% en attaque, 2 aces, 1 bloc) ont encore fait preuve d’une belle régularité, Nina Stojiljkovic a joué juste à la passe, la réception a été particulièrement stable, la qualité de service au rendez-vous (11 aces en tout) et la solidarité défensive sans faille, symbolisée notamment par la libéro Amandine Giardino, bref, la copie a été quasiment parfaite pour ces Bleues qui ont su se rendre les choses faciles dans chaque set.

Pourtant, Emile Rousseaux: nous a déclaré après le match être  » moins satisfait de cette victoire contre l’Azerbaïdjan que de celle d’hier contre la Roumanie. Le problème, c’est que le nombre de joueuses de niveau international en France est très réduit. En cas de blessure ou de retour en compétition, il faut ménager les titulaires. C’est pourquoi j’avais décidé de faire jouer de jeunes joueuses. Elles ont répondu présent ».

Des joueuses concentrées, en réception (photo JMD)

Une joueuse était particulièrement heureuse de sa présence ici: c’est Manon Moreels, qui a évolué toute la rencontre devant les siens. Native de Lens, cette jeune attaquante/réceptionneuse a longtemps joué dans cette même salle pour le club de Harnes, avant de partir à France Avenir 2024, basé à Toulouse. Elle a signé son premier contrat pro la saison dernière, au VC Marcq_en-Baroeul. Dans sa région donc, et dans un club familial réputé pour sa bonne gestion et la qualité de son travail.

Manon Moreels en famille

« Je ressentais pas mal d’adrénaline avant le match, car j’avais très envie de jouer et de montrer de quoi j’étais capable. Nous sommes très bien rentrées dans la partie, ce qui m’a permis de prendre confiance, j’ai essayé de tout mettre en œuvre pour me rendre utile à l’équipe et apporter mes points forts, j’ai tout donné, je pense que ça a servi. A la fin, c’est une belle victoire, c’est super. On s’est toutes arrachées sur tous les ballons, c’est ce qui est en train de devenir une de nos forces, ça fait partie de notre marque de fabrique, on a eu beaucoup de rallyes, c’était important de les gagner pour le moral et le déroulement du match.

VIDEO. Manon Moreels, après la victoire contre l’Azerbaïdjan.

Au VC Marcq, Manon a eu l’occasion de beaucoup jouer. Grâce à Thibault Gosselin, elle a progressé, ce qu’a constaté Emile Rousseaux, qui l’a formé au pôle espoir de Toulouse.  » Manon , c’est sûr, n’a pas des moyens physiques énormes. Mais elle compense par d’autres qualités et notamment son travail, son mental et sa détermination. Elle a de vrais qualités en attaque et au service. C’est pour cela que je la fait jouer. C’est une joueuse jeune et qui peut beaucoup progresser, notamment en réception. »

Helena Cazaute, confirme la joie de Manon de pouvoir jouer à domicile, malgré l’absence de public.  » Nous sommes logées dans la même chambre avec Manon. Elle a eu l’occasion de me parler de cette ville où elle a Et elle est très contente de pouvoir jouer là ».

VIDEO. Helena Cazaute, la capitaine, après la victoire contre l’Azerbaïdjan.

Les Françaises pouvaient espérer se qualifier pour la phase finale à quatre. Mais il fallait pour cela battre l’Espagne par 3-0 ou 3-1 lors du 3ème match. Elles ne sont pas passées loin.

Il a en effet fallu jouer 5 sets pour battre les favorites espagnoles. Un match long (près de deux heures ) durant lequel Manon Moreels a notamment confirmé sa qualité de service. Et ses équipières leur combativité.

Menées deux manches à une, les bleues n’ont rien lâché et ont arraché la victoire dans le tie-break, même s’il n’y avait plus l’enjeu de la qualification ( victoire 3-2 / 16-25, 25-23, 17-25, 25-14, 15-10). Seules les vainqueurs des trois groupes plus le meilleur deuxième étaient retenus pour le final Four les 19 et 20 juin en Bulgarie. Il n’aura pas manqué grand-chose.

Emile Rousseaux n’a pas manqué de féliciter ses joueuses à l’issue du tournoi de Harnes. »  Ce serait indécent de blâmer les filles de ce que nous avons fait ici, puisque nous avons gagné nos trois matchs, c’est clair que ce n’est pas ici qu’on perd la qualification, on la perd à l’aller en Roumanie »

 » On a montré de très belles choses pendant cette compétition« 

Emile Rousseaux, sélectionneur de l’équipe de France féminine

« Je suis très content qu’elles soient allées chercher la victoire aujourd’hui d’autant que les Espagnoles ont joué le tie-break avec leur six majeur. On a montré de très belles choses pendant cette compétition, il nous manque encore de la constance, mais c’est beaucoup mieux qu’avant. On voit juste que quand nous sommes sous pression émotionnelle et mentale, on perd 20 à 25% de notre superbe ; contre des équipes joueuses comme l’Espagne ou la Roumanie, ça peut nous mettre en danger. »

Une victoire frustrante contre l’Espagne

Helena Cazaute, la capitaine, résume en quelques mots cette victoire un peu frustrante: »  il y a des choses positives à garder, la rentrée des jeunes dans les deux derniers sets est très encourageante pour la suite. Donc je suis à la fois déçue et positive. La qualification se joue à pas grand-chose, on espère qu’on fera mieux la prochaine fois, on va encore travailler dur cet été pour, dans les années futures, remporter plus de matchs et jouer le Final Four. »

Les Françaises continueront leur préparation à Harnes (photo JMD)

les Françaises resteront en stage cette semaine encore à Harnes car elles étaient mobilisées jusqu’au 20 juin en cas de qualification. Mais ce ne sera certainement pas une punition pour elles tant elles apprécient l’accueil. Sans oublier la satisfaction de terminer la saison par trois victoires en trois matches.

Elles auront ensuite une période de repos méritée avant de se retrouver pour le championnat d’Europe en août à Belgrade.

Les résultats de la poule A à Harnes

Vendredi: Espagne – Azerbaïdjan: 3-1 (25-19, 22-25, 25-21, 25-13) France-Roumanie: 3-0 (25-17, 25-18, 25-23)

Samedi: Roumanie – Espagne: 3-2 (24 – 26, 24 – 26, 25 – 20, 25 – 21, 15 – 12) France – Azerbaïdjan: 3- 0 (25 – 14, 25 – 19, 25 – 20)

Dimanche: Azerbaïdjan – Roumanie: 0-3 (24 – 26, 12 – 25, 25 – 27) Espagne – France: 2-3 ((25 – 16, 23 – 25, 25 – 17, 14 – 25, 10 – 15)

A propos de JEAN-MARC DEVRED 178 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.