PARIS-ROUBAIX 2021 : LES REACTIONS APRES UNE EDITION DANTESQUE

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Premier pavé pour son premier Paris-Roubaix à Sonny Colbrelli (photo Pauline Ballet/ASO)

Deux ans et demi après la victoire de Philippe Gilbert, les spectateurs ont vécu une course de légende. Les réactions des coureurs de ce Paris-Roubaix le confirment. Une nouvelle génération de coureurs a pris les commandes de Paris-Roubaix, dont la 118e édition a été rendue particulièrement exigeante par la pluie qui est tombée sur les secteurs pavés jusqu’au début de l’après-midi. De multiples chutes et crevaisons ont éliminé plusieurs prétendants des débats, mais ce sont aussi les coups de force de Mathieu van der Poel qui ont participé à la sélection.

Le Néerlandais a été l’un des principaux acteurs de la course, au même titre que Gianni Moscon , et le formidable Florian Vermeersch, révélation de l’épreuve à seulement 22 ans. Un trio de « bizuths » s’est présenté sur le vélodrome. Entre Mathieu van der Poel, Florian Vermeersch et Sonny Colbrelli, c’est le champion d’Europe qui a su faire parler sa pointe de vitesse dans les derniers mètres. Il devient le premier vainqueur italien depuis Andrea Tafi en 1999, et le premier néophyte à inscrire son nom au palmarès depuis Jean Forestier en 1955.

La réaction de Sonny Colbrelli:  » ma meilleure année »

« C’est mon premier Paris-Roubaix et je gagne ! «  s’est réjoui le champion d’Europe . « En plus c’est un Roubaix de légende avec cette pluie. Gianni Moscon a été très fort, il a fait 200 kilomètres en tête de la course. Après la Trouée d’Arenberg, j’ai pu suivre Van der Poel, c’était très difficile. Mais ensuite on a fait du bon travail pour revenir sur Moscon.
Dès la chute du premier secteur, j’ai voulu rester toujours devant en bonne position du groupe où je roulais. Et ensuite dans le final j’ai fait un super sprint. Je suis reste derrière Van der Poel et j’ai gagné dans les 25 derniers mètres. Florian Vermeersch a failli nous surprendre, c’était serré. Je suis hyper heureux parce que c’est la course de mes rêves avec le Tour des Flandres. C’est mon année, c’est sûr ».
Effectivement…

Le sprint victorieux de Sonny Colbrelli (photo Pauline Ballet/ASO)

Parmi les réactions après ce Paris-Roubaix épique, on notera celle de la révélation de l’épreuve, Florian Vermeersch.

L’épatant Florian Vermeersch

Le dauphin de Colbrelli commençait à digérer sa déception lors de la conférence de presse. Sur le podium, il était pourtant au bord des larmes. « Deuxième… C’est à la fois une déception et une fierté. Je suis déçu mais dans quelques jours je me sentirai mieux. Je me sentais bien. Aujourd’hui (dimanche), c’était de l’adrénaline ! Passer si proche de la victoire, c’est bien sûr décevant. J’étais en position idéale même si Gianni Moscon (longtemps en tête avant de connaître une crevaison puis une chute) était sans doute le plus fort.

 » J’avais des crampes en fin de course, ce qui peut expliquer mon mauvais sprint. Deuxième de ce monument, c’est une fierté, bien sûr, mais ne me comparez pas à Tom Boonen, même si ce résultat n’est pas un accomplissement, j’espère que ce n’est qu’un début. Je suis fait pour les classiques. » Rappelons que le Belge de 22 ans était parti dans l’échappée matinale dès le 50ème kilomètre. Il est resté en tête de course jusqu’à l’arrivée. Chapeau !

Un public nombreux dans la trouée d’Arenberg (photo Pauline Ballet/ASO)

Trop déçu par sa 3ème place, Matthieu Van der Poel ne s’est pas présenté en conférence de presse. Une première chez ce garçon polyglotte, toujours très disponible avec les media habituellement.

Les Français devant

Les Français se sont bien battus durant cette course épique. Et ils figurent dans les réactions malgré un Paris-Roubaix usant. Le premier tricolore, c’est le routier-sprinter de Cofidis, Christophe Laporte, 6ème. à 1’16 du vainqueur.

Paris-Roubaix 2021
Christophe Laporte, le meilleur Français (photo Pauline Ballet/ASO)

« C’était une journée folle, comme prévu » , raconte le Varois. dans les réactions de Paris-Roubaix.  » J’ai eu une crevaison et quand je suis rentré sur le groupe des favoris, j’ai dû changer de vélo. Je pensais que ma course était terminée mais je ne voulais rien lâcher et donner le maximum. J’ai réussi à rentrer sur le groupe des favoris et faire une belle place à l’arrivée. Je suis très content de ce résultat. C’est une course qui me tient à cœur et que j’aime beaucoup. J’aurais peut-être pu faire mieux sans les faits de course que j’ai connus. Mais je suis très fier de ma course. Ce Paris-Roubaix, dans de telles conditions, on s’en souviendra longtemps ! »

Satisfaction dans le team Cofidis

Son directeur sportif, Alain Deloeil, confirme . « Je n’avais jamais vécu un Paris-Roubaix comme ça. Il faut le vivre, au moins une fois et cette édition fait déjà partie de la légende. Les défaillances, les crevaisons, les chutes… C’était quelque chose de très fort. Pour nous, l’objectif était de faire le meilleur classement possible avec Christophe. « 

 » Il a crevé à un mauvais moment mais avec les voitures, c’était impossible de le dépanner rapidement. Lorsqu’il est reparti, on a dû à nouveau changer de vélo parce qu’il n’avait plus de freins. Il a fait une trentaine de kilomètres dans les voitures avant de pouvoir réintégrer ce qu’il restait du peloton. Christophe était toujours là au fil des secteurs pavés et il va chercher une 6e place très belle et très méritée. On a réussi un très beau Paris-Roubaix, les gars ont tout donné. Tout le monde voulait finir et ils pourront dire : j’y étais’ », conclue ainsi Alain Deloeil.

Hormis Laporte, qui représentait au mieux l’équipe nordiste Cofidis, six coureurs de la région participaient. Tous ont subi la course. Deux ont abandonné: le Cambraisien Quentin Jaurégui, et le Picard Pierre Barbier. Les quatre autres terminent loin. 34ème place pour le Beauvaisien Arnaud Démare, que l’on a vu à son avantage vers la mi-course. 69ème, Florian Sénéchal était certainement le plus déçu. Alors qu’il figurait parmi les favoris, le Cambraisien a été victime de deux crevaisons qui l’ont fait décrocher du groupe de tête. Il ne s’est d’ailleurs pas attardé sitôt la ligne d’arrivée franchie.

Les régionaux à la peine

Rudy Barbier termine 89ème. On notera que seuls 94 coureurs sont classés. 10 sont arrivés hors délai. Tous les autres ont abandonné dans ce Paris-Roubaix dantesque. Adrien Petit, lui, échoue à la 74ème place, après une course courageuse. Le « bison arrageois » espère se racheter dans le prochain Paris-Roubaix, qui aura lieu dans… six mois seulement.

Vidéo. Adrien Petit impatient de retrouver Paris-Roubaix dans 6 mois.

Dans les réactions à noter après ce Paris-Roubaix, on relèvera aussi celle-ci:  » Il y a des endroits, c’était tellement mouillé que ça glissait pas tellement. C’était de la bouillabaisse. Il y a des endroits où c’était plus terreux. Et là, c’était de vraies plaques de verglas. Il fallait rester sur le plat. Mais là, j’ai encore un voile devant les yeux. Et voir le plat dans les secteurs pavés, c’était absolument impossible. C’était terrible… » confie aussi dans un sourire fatigué le routier artésien.

Mais une satisfaction générale ressort de la part des 104 coureurs qui sont parvenus au vélodrome de Roubaix, classés ou non: la fierté d’être allé au bout de cette course mythique, disputée dans des conditions que l’on n’avait pas connu ces 20 dernières années.

Les images fortes après l’arrivée

En ce dimanche pluvieux, les juniors comme les professionnels n’ont pas échappé à la boue des pavés. Ces images marquantes à l’arrivée resteront. C’était le retour des gueules noires (photos JMD/Sports 5962).

Le classement complet de Paris-Roubaix 2021

A propos de JEAN-MARC DEVRED 174 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.