FOOTBALL : CORINNE DIACRE OUT, LE « FOOTOIR » A LA FFF…

Corinne Diacre virée
Corinne Diacre n'est plus sélectionneuse de l'équipe de France féminine (photo DR)

Comme on s’y attendait, la Nordiste Corinne Diacre a été démise de ses fonctions de sélectionneuse nationale de l’équipe de France féminine. La Fédération française de football a cédé devant le forcing de plusieurs joueuses cadres des Bleues. Corinne Diacre virée, reste maintenant à trouver un remplaçant et un projet de reconstruction, qui s’apparente plus à une opération commando, a quelques mois de la Coupe du Monde féminine.

Réuni jeudi au siège de la FFF à Paris, le désormais célèbre COMEX (comité exécutif de la Fédération) a tranché dans le conflit violent qui oppose la sélectionneuse Corinne Diacre à plusieurs taulières de l’équipe de France. Wendy Renard, Marie-Antoinette Katoto, Kaditiatou Diani, rejointes ensuite par les deux joueuses lyonnaises Griedge Mbock et Perle Morroni. Celles-ci ont annoncé leur retrait des Bleues, tant qu’il n’y aurait pas de changement à la tête de l’équipe.

Le COMEX et le président par intérim Philippe Diallo ont tranché en faveur des joueuses. En précisant cependant dans le communiqué officiel sorti jeudi que « la manière utilisée par les joueuses pour exprimer leurs critiques n’était plus acceptable dans l’avenir et compte proposer dans la gouvernance de l’Équipe de France féminine une mission complémentaire entre le Comex et le ou la sélectionneur(e). » C’en est presque risible…

Corinne Diacre virée dans un contexte intenable

Ce qui est sûr, c’est que la position de Corinne Diacre, native de Croix, n’était plus tenable. Les joueuses lui reprochaient son autoritarisme et son absence de concertation depuis son arrivée en 2017 à la tête des Bleues. Une première crise s’était produite il y a deux ans avec l’autre Nordiste Amandine Henry et Eugénie Le Sommer, écartées depuis de l’équipe de France.

Dans son communiqué, le COMEX explique ainsi sa position. « Si la FFF reconnaît l’implication et le sérieux de Corinne Diacre et son staff dans l’exercice de leur mission, il apparaît que les dysfonctionnements constatés semblent, dans ce contexte, irréversibles. Au regard de ces éléments, il a été décidé de mettre un terme à la mission de Corinne Diacre à la tête de l’Équipe de France féminine. Ce changement de sélectionneur(e) s’inscrit dans le cadre d’une nouvelle ambition globale menée par la FFF en faveur du développement du football féminin et des performances de l’Équipe de France, qui devra atteindre des objectifs élevés lors de la Coupe du monde 2023 (du 20 juillet au 20 août) et les JO 2024. »

Rappelons que la FFF avait nommé une commission chargée de dresser un état des lieux après la révolte des joueuses derrière Wendy Renard. Composée de Laura Georges, Aline Riera, Jean-Michel Aulas et Marc Keller, celle-ci constate « une fracture très importante avec des joueuses cadres et mis en lumière un décalage avec les exigences du très haut niveau. Cette fracture a atteint un point de non-retour qui nuit aux intérêts de la sélection. »

La contre-attaque de Corinne Diacre

Avant d’être virée, Corinne Diacre s’est cependant défendue dans les media en parlant d’une « opération de déstabilisation, qui ne prend pas en compte mon bilan sportif, et qui a pour seul objectif un règlement de compte personnel. » La Nordiste poursuivait sans langue de bois: « Au regard du déchainement médiatique honteux de ces derniers jours, je souhaite néanmoins réaffirmer publiquement […] que je suis pleinement déterminée à mener ma mission à bien et, surtout, à faire honneur à la France lors de la prochaine Coupe du monde. » Ce ne sera pas le cas, pas plus qu’aux Jeux Olympiques à Paris.

En attendant, Philippe Diallo a demandé à la commission d’auditionner des candidats au poste « dans les plus brefs délais« . Des noms circulent déjà. Et selon de nombreux media, le président de l’Olympique Lyonnais Jean-Michel Aulas, dont on sait l’intérêt pour le football féminin, tire les ficelles de cette révolution chez les Bleues. Son avis sera certainement déterminant dans le choix du nouveau sélectionneur (e).

La succession est ouverte

Les noms de l’actuel entraîneur du PSG féminin Gérard Prêcheur, ainsi que de l’ancien adjoint de Corinne Diacre Eric Blahic, circulent ainsi. Tout comme celui de l’entraîneur bordelais Patrice Lair, et plus surprenant, celui de l’ancien entraîneur du LOSC Hervé Renard.

Côté féminin, les ex-internationales Camille Abilly, Sonia Bompastor ou Sandrine Soubeyrand arrivent également dans les pronostics. Le nom de l’entraîneure actuelle du RC Lens Sarah M’Barek émerge aussi. Cette fois en tous cas, la FFF n’a plus le droit à l’erreur. Après la prochaine Coupe du Monde où l’équipe de France n’a jamais réussi, arrivent les Jeux Olympiques où le podium représente un objectif incontournable.

Comme on le voit, le dossier Diacre constitue aussi un nouvel élément de l’héritage de Noël Le Graët à la FFF, qui ressemble depuis plusieurs semaines à « un grand footoir »…

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1612 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.