KITEFOIL : LA DUNKERQUOISE ANAIS-MAI DESJARDINS A LA CHASSE AU BILLET OLYMPIQUE

Anaïs Mai Desjardins
Anaïs Mai Desjardins à Dunkerque (photo Laurent Ghesquière/Banque Populaire du Nord)

Dans moins de deux ans, Paris accueillera les Jeux Olympiques et Paralympiques. De nombreux Nordistes, on l’espère, participeront à la compétition. Nous vous présenterons d’ici là des athlètes des Hauts-de-France susceptibles de se qualifier, et de briller lors de Paris 2024. Une nouvelle discipline vélique fera ainsi son apparition: c’est le kitefoil, connu aussi sous le nom de kitesurf. La Dunkerquoise Anaïs-Mai Desjardins met toutes les chances de son côté en 2023 pour obtenir le seul billet en jeu en kitefoil chez les femmes dans la sélection olympique tricolore.

Sous son sourire permanent et son teint halé, Anaïs Mai Desjardins cache une grande détermination. Celle d’une sportive de haut-niveau qui vise les Jeux Olympiques. Mais aussi une carrière de médecin pour l’après compétition.

A 21 ans, cette parisienne d’origine et Dunkerquoise d’adoption entre déjà dans sa 4ème année de Médecine au CHU de Lille. Parallèlement, elle poursuit un projet olympique pour Paris 2024, dans un sport méconnu: le kitefoil. Normal puisque cette discipline populaire sur nos plages du Nord entrera pour la première fois au programme des JO.

Un partenariat essentiel pour Anaïs Mai Desjardins

Le 15 novembre, Anaïs était à Marcq-en-Baroeul. Elle était venu encourager, aux côtés du kayakiste Maxime Beaumont, son équipière du team Banque Populaire du Nord Erika Sauzeau, dans son record du Monde de para aviron indoor. La banque nordiste soutient en effet quatre sportifs des Hauts-de-France avant Paris 2024. Un soutien financier et humain important pour une étudiante qui pratique un sport non professionnel.

 » C’est très important avec mon double projet. Déjà, en tant qu’étudiante, je ne peux pas gagner de l’argent avec un job normal. Mon sport me prend énormément de temps. L’aide de la Banque Populaire du Nord, sur le plan financier, constitue une source de stress en moins. De plus, l’accompagnement n’est pas que financier. L’accompagnement moral et humain est également très important. Il y a une relation qui est très saine. Il n’y a pas la pression du sponsor qui exige des résultats. Là, c’est vraiment un accompagnement sur une aventure humaine. »

La jeune championne cite ainsi le groupe whats’app sur lequel elle communique régulièrement avec les collaborateurs de la Banque Populaire.

Cap sur le Sud

A moins de deux ans de l’échéance olympique, la rideuse nordiste a adopté une nouvelle organisation. « Je vais maintenant me tourner totalement vers mon sport. Cette année, je jonglais à 50% entre les études et le sport. Je vais scinder ma 4è année en deux. Cela me permet cette année d’avoir juste la pratique à valider. Je n’ai plus le stress des examens qui est toujours présent sur mes entraînements. » C’est ainsi qu’en décembre, Anaïs Mai travaillera au centre hospitalier de Dunkerque pour la validation de la pratique.

Pour autant, la surfeuse nordiste ne s’entraînera pas sur le littoral des Dunes de Flandre. « En haut-niveau je suis la seule sur Dunkerque. Il y avait bien le pôle espoir mais il se consacre au free style. Je continuais donc à m’entraîner à la maison comme je pouvais. Mais à un moment, j’ai commencé à faire de nombreux déplacements dans le sud de la France où se trouvent toutes les structures de haut-niveau. » Sa base d’entraînement se trouve maintenant dans le Var, entre Marseille et Hyères. Marseille sera en effet le spot des épreuves de voile pour Paris 2024. Les épreuves de formule kite auront lieu du 4 au 8 août.

2023 sera en effet une année cruciale avec la sélection française pour les Jeux, même si les modalités restent floues. « On ne sait pas exactement comment cela va se passer. A priori ce sera décidé à l’automne 2023. D’ici là je vais m’entraîner très dur. Je vais ainsi partir pour une phase d’entraînement hivernale pour me préparer pour les premières compétitions qui auront lieu début avril. »

Anaïs Mai Desjardins s’entraîne entre Dunkerque et Hyères (photo Laurent Ghesquière/Banque Populaire du Nord)

Un niveau de plus en plus relevé en kitefoil

Depuis l’annonce de l’entrée du kitefoil au programme olympique, le contexte a en effet changé pour Anaïs Mai Desjardins. De nouveaux adeptes sont arrivés et le niveau s’est considérablement élevé, tant sur le plan national qu’international. La France fait partie des toutes meilleures nations en kitesurf, surtout chez les féminines. Aussi, la sélection olympique sera bouillante puisqu’il n’y aura qu’un seul billet pour Paris 2024.

Anaïs Mai Desjardins est donc loin d’être assurée de la sélection en kitefoil, même si elle a gagné 13 places dans le classement mondial cette année. « Mais il y a toujours des Françaises devant moi, sachant qu’il n’y en aura qu’une sélectionnée. Le niveau est très élevé mais je n’ai pas envie de lâcher l’affaire maintenant. Car nous sommes si proches du but. J’ai vraiment envie que le chemin vers les Jeux soit beau et d’être fière des choix que j’ai fait, des décisions que j’ai prise. Je vais essayer d’embarquer tout le monde dans mon aventure. La sélection, ce serait la concrétisation de tout ce pourquoi j’ai travaillé.« 

C’est pourquoi l’année 2023 sera encore plus importante pour surfeuse nordiste. Décrocher la sélection française pourrait finalement être plus difficile que monter sur le podium des JO Paris 2024.

ANAIS MAI DESJARDINS EN QUELQUES LIGNES

21 ans, la Dunkerquoise Anaïs Mai Desjardins est vice-championne de France 2021 en kitefoil catégorie senior, Championne de France Espoirs kitefoil 2019, championne d’Europe Junior Kitefoil 2018, championne du Monde de Kitesurf 2017 – « tour mondial Kitefoil Goldcup », Championne d’Europe U19 en Kitefoil, étudiante en 4ème année de Médecine à Lille.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 917 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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