RUGBY: L’OLYMPIQUE MARCQUOIS VISE L’ACCESSION EN NATIONALE

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Les joueurs marcquois après leur victoire contre Chartres @JMD/Sports5962

L’Olympique Marcquois Rugby (OMR) Lille Métropole a bien démarré la saison en Fédérale 1. Quatre victoires en cinq matches pour l’équipe nordiste après son large succès face à Chartres (36-11), dimanche 10 octobre au Stadium de Villeneuve-d’Ascq. Après une année blanche qui devait être une année de découverte, les rugbymen marcquois affichent clairement leur intention de monter en Nationale, le nouvel échelon du rugby professionnel.

Ce dimanche, c’était la fête du rugby nordiste au Stadium. A deux ans de la Coupe du Monde de rugby organisée en France, la Métropole européenne de Lille (MEL) organisait une journée TYTG (two years to go) pour promouvoir l’évènement qui verra cinq matches se dérouler au stade Pierre-Mauroy. 2000 spectateurs assistaient à cette journée de rugby sous le soleil d’automne.

A cette occasion, les deux clubs-phares du Nord-Pas-de-Calais, le LMRCV chez les filles, et l’OMR chez les garçons ont joué devant un public de retour dans les tribunes. L’Olympique marcquois recevait Chartres pour le compte de la 5ème journée de Fédérale 1.

Quatre sur cinq pour l’OMR

Le championnat, qui avait été interrompu la saison passée, a bien commencé pour les métropolitains. Trois victoires (à Drancy 37-23), contre Niort (15-12), à Langon (13-7), pour une seule défaite, plutôt encourageante, à Rennes (15-18) avec le bonus défensif: l’OMR se présentait avec le moral face à Chartres, mal-classé dans cette poule 1, malgré un effectif fourni.

Les Marcquois en jaune ont dominé les Chartrais (photo JMD/Sports 5962)

Comme prévu, les Marcquois se sont facilement imposés (36-11), même si le contenu n’a pas été parfait. Mais l’essentiel était assuré: la victoire avec quatre essais de Domenech (6è), Ouassiero (45è, 79è) et Veillet (59è), et donc, le bonus offensif. A l’issue de cette 5ème journée, l’OMR Lille Métropole accéde à la 3ème place au classement général de la poule 1. A 2 points de Niort et un point de Périgueux.

L’ancien président Frédéric Halluin ( de 2010 à 2019) commentait le match sur la chaîne Wéo. Son jugement est laudatif. « C’est une équipe qui progresse, c’est une équipe jeune, c’est une équipe de copains. Et même de frères de combat, avec un super état d’esprit, beaucoup d’humilité, de travail. On joue collectif, et c’est ce qui a fait qu’on a gagné aujourd’hui. »

Cet avis est confirmé par Ambroise Veillet, auteur d’un essai. Le troisième ligne était satisfait du résultat.

Vidéo. Le 3ème ligne Ambroise Veillet, après la victoire contre Chartres.

L’OMR découvrait la Fédérale 1 la saison dernière. Une saison qui n’aura duré… que trois matches. Ensuite, les championnats amateurs ont à nouveau été arrêtés à cause du covid. Les joueurs de Philippe Caloni n’ont donc pas eu de période d’apprentissage.

De plus, la création d’un troisième échelon professionnel, le championnat national, a fait perdre aussi un an à un club désireux d’atteindre la ProD2 en 2023, date de la Coupe du Monde. Il faudra donc être performant dès cette saison. En commençant par atteindre la phase finale, en terminant à l’une des quatre premières places du groupe.

Un budget en hausse

Les ambitions restent donc intactes. Mais c’est bien sur le plan sportif que l’équipe doit progresser. Aussi, les premiers résultats sont encourageants dans cette 1 relevée, avec de nombreux clubs du Sud-Ouest.

«  On s’est fixé comme objectif de monter dans les deux ans », rappelle ainsi le président de l’OMR Olivier Gradel. «  Si on peut le faire dès cette année, on ne s’en privera pas. Mais il faut rester humble. On n’a fait que 5 matches. La saison va être longue. On pourra vraiment se positionner à la mi-saison sur notre poids et la réalité de nos ambitions. Ce qui est intéressant, c’est qu’on sent que le groupe en a sous la pédale. Le match aujourd’hui, on le gagne avec le bonus, mais il n’est pas abouti. Il y a beaucoup de déchets. On sent qu’on ne parviens pas à se libérer complètement. Il y a beaucoup d’indicateurs positifs mais il faut rester humble dans la mesure où on n’a joué que 5 matches. Il y a encore de grosses affiches qui nous attendent. »

La crise sanitaire n’a pas trop impacté l’OMR sur le plan financier. Tous les partenaires publics et privés sont restés fidèles, malgré le sabotage de deux saisons. Paradoxalement, le club a même un budget en hausse cette saison. Sur la possibilité de monter en Nationale, Olivier Gradel est confiant.

Vidéo. Olivier Gradel expose la situation saine du club au plan budgétaire.

L’année dernière en effet, le président de la Fédération française de rugby, Bernard Laporte, avait sollicité Olivier Gradel pour monter directement dans le nouveau championnat national. La bonne gestion des clubs constituait l’argument prioritaire pour cette création. Prudemment, le club nordiste a refusé, craignant de ne pas être prêt pour un tel bond dans la hiérarchie.

Continuer à se structurer

L’OMR a profité de ce temps supplémentaire pour continuer à se structurer, et à se renforcer (sans excès) en vue d’atteindre dans les prochaines années le rugby professionnel.

Les 2000 spectateurs présents régulièrement au Stadium prouvent en tous cas l’intérêt du public pour un club pro au Nord de Paris. Marcq veut simplement éviter de brûler les étapes. Et surtout, éviter de renouveler les erreurs de gestion qui ont fait exploser en vol le défunt Lille Métropole Rugby (LMR), qui venait d’accéder en ProD2 en 2016.

Le public revient au rugby au Stadium de Villeneuve-d’Ascq (photo JMD/Sports5962).

Les supporters en tous cas y croient. Et l’on a retrouvé dimanche cette atmosphère si sympathique des matches de rugby. Des rencontres « viriles, mais correctes » sur le terrain. Des après-midi où les spectateurs viennent en famille, sans crainte de débordement comme au football.

Ces dernières années, des clubs comme Rouen, Vannes ou Nevers sont montés en ProD2. Ces clubs étaient régulièrement à la lutte avec feu le LMR. Le rugby aujourd’hui n’est plus l’apanage exclusif du Sud-Ouest.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 174 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.