VOILE : C’EST PARTI POUR LA COURSE LA PLUS EXTRÊME DE L’ANNÉE

Arkéa Ultim Challenge départ
Les 6 bateaux au départ de Brest dimanche (photo Alexis Courcoux)

Les skippers de l’ARKEA ULTIM CHALLENGE – Brest se sont élancés depuis dimanche (13h30) et ils n’ont pas vraiment l’intention de se ménager après ce départ spectaculaire. Engagés dans une sacrée course de vitesse, les concurrents ont traversé le golfe de Gascogne en une nuit et progressent à 200 milles des côtes portugaises. Des pointes de vitesse à 45 nœuds ont déjà été enregistrées. Désormais, les yeux sont rivés sur l’évolution d’une dépression qu’ils rencontreront à partir de mercredi.

L’Arkéa Ultim Challenge, c’est une nouvelle course créée cette année. Il s’agit d’un tour du Monde en solitaire et sans escales, comme le Vendée Globe. Mais il se dispute sur les Ultim, ces trimarans géants qui vont beaucoup plus vite que les IMOCA. Un défi insensé pour les 6 marins partis dans cette première historique. Cette épopée devrait durer entre 40 et 50 jours pour Armel Le Cléac’h, Charles Caudrelier, Thomas Coville, Tom Laperche, Anthony Marchand et Eric Péron. Des noms bien connus des amateurs de voile.

Un beau moment d’émotion: Thomas Coville, Armel Le Cléac’h et Tom Laperche s’embrassent avant le départ à Brest.

Ce grand voyage a donc commencé dimanche, à 13h30 et un peu plus d’une journée plus tard, ils progressent à plus de 250 milles à l’Ouest des côtes portugaises. L’émotion du départ de l’Arkéa Ultim Challenge a laissé la place à la course. « C’était chouette, un vrai supplice aussi, assure Éric Péron (ULTIM ADAGIO). Vous avez tout fait pour que les larmes me montent aux yeux et forcément c’est émouvant »C’était un très beau départ« , confie Thomas Coville (Sodebo Ultim 3)On sent qu’il y a de l’envie, de la compétition, c’est vraiment très plaisant ». 

Un départ rapide pour l’Arkéa Ultim Challenge

Depuis la fin de la matinée, le vent s’est renforcé, autour de 25 nœuds et des rafales à 30/35 nœuds étaient attendues cet après-midi. Charles Caudrelier (Maxi Edmond de Rothschild) conserve la tête sur l’orthodromie. « Après leur beau tout droit dans le golfe de Gascogne, nous avons le droit à une course de vitesse », décrypte Thierry Chabagny de la cellule routage de l’Actual Ultim 3. Parmi les enjeux de la journée, la traversée d’un thalweg (une zone de creux dépressionnaires bordés par les hautes pressions). En une poignée d’heure, le vent est passé de Sud-Est à Nord-Ouest, une bascule à 180° à négocier. « Ce n’était pas forcément évident avec des passages de grains et parfois des vents un peu faibles, ajoute Nicolas LunvenC’est pour cela que la flotte a été légèrement éparpillée ». 

La suite devrait être relativement stable avec ce flux de Nord-Ouest tout au long de la journée. Ce qui devrait maintenir les écarts. Ce que les skippers et les routeurs examinent avec attention, c’est la dépression conséquente qui se forme vers l’Ouest et qu’ils négocieront à la latitude des Açores. « C’est une dépression qui circule très vite, qui se creuse et dont la trajectoire est encore incertaine », abonde Nicolas Lunven

Une première baston mercredi

« Ça commence mercredi matin et jusqu’à jeudi soir, ça va être costaud », assure Thierry Chabagny qui y voit « un premier passage à niveau »« L’enjeu, c’est de savoir où mettre le curseur pour bien se positionner. Plusieurs options sont sur la table et les équipes n’ont pas encore tranché. On a encore 24 heures pour se décider »

Une certitude : tous savent que plus les skippers iront vite en ce moment, «  moins tu te feras taper dessus mercredi » conclut Thierry Chabagny. La course ne fait que commencer et on a la garantie que la pression va très vite s’intensifier. 

Au classement de 19h lundi soir, Charles Caudrelier était en tête avec moins de 4 miles nautiques d’avance sur Armel Le Cléac’h et à peine plus sur Tom Laperche (Trimaran SVR-Lazartigue). Autant dire rien…

Infos Arkéa Ultim Challenge

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1520 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.