VOILE : LE LILLOIS PIERRE LE ROY 13ÈME DE SA PREMIÈRE TRANSAT JACQUES VABRE

TJV Pierre Le Roy et Benjamin Ferré arrivée
La joie de Pierre Le Roy et Benjamin Ferré à l'arrivée (photo Jean-Marie Liot/Aléa/TJV 2023)

Les arrivées des IMOCA se succèdent à Fort-de-France, au terme de la 16ème Route du Café. Le bateau « Monnoyeur-Duo for a Job » de Benjamin Ferré et Pierre Le Roy termine ainsi 13ème de la classe dans cette Transat Jacques Vabre (TJV) 2023. Une bonne performance pour le co-skipper lillois, dans la mesure où ce bateau, sans foil, est le premier monocoque à dérives à franchir la ligne. L’ancien météorologue tire les enseignements de cette première transat sur IMOCA.

Arrivé à 1 h 11 min 22 sec heure locale (6 h 11 min 22 sec heure de Paris), ce mardi 21 novembre, le temps de course de « Monnoyeur – Duo for a Job » est de 13 jours 20 heures 41 minutes 12 secondes. Il a effectué les 3750 milles du parcours entre Le Havre et Fort-de-France à la vitesse de 11,30 noeuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en réalité parcouru 4291 milles à la vitesse moyenne de 12,90 noeuds (sur l’eau). Son écart au vainqueur est de 1 j 23 h 8 mn 41 sec.

13e sur la ligne d’arrivée à bord de l’IMOCA Monnoyeur Duo For a Job , Benjamin Ferré – dit “Benjamin envoie le pépin”, et le Lillois Pierre Le Roy décrochent surtout la première place des bateaux à dérives. À la faveur d’une trajectoire nord tout en maîtrise et précision, le binôme, qui associe le talent de navigation du premier et la science du second météorologue de profession, a su tirer le meilleur de ce bateau au long palmarès (l’ancien de François Gabart), réputé comme l’un des plus rapides des “non-foilers”.

Le choix du météorologue

« La route nord, on s’est dit que ce n’était pas une si mauvaise idée que ça« , explique ainsi le Lillois.  » On a continué sur le rythme qu’on avait instauré en avant saison et ça a déroulé assez naturellement. On n’a pas fait la route optimale théorique jeux vidéo. Nous avons mis le curseur sur le niveau de risques qu’on voulait prendre. On a renoncé à un positionnement qu’avaient pris d’autres bateaux. On s’est fait reprendre un peu à ce moment-là, parce qu’on a dosé le risque qu’on a pris.»

Benjamin Ferré, avec qui il disputait cette transat en double, était ravi du résultat avec un objectif atteint. Mais surtout du parfait fonctionnement avec son binôme nordiste. « Je me suis éclaté, parce qu’on n’a jamais été dans le rouge. On a toujours été dans l’anticipation. À part les 60 milles de retard du départ, tout le scénario se déroulait comme prévu. On n’a jamais été surpris. Même quand il y a eu de la mer, du vent, jusqu’à 35-40 nœuds, c’était programmé. On était heureux. Je dis toujours que plus on est heureux, plus on va vite, mais ça se confirme. Je n’ai quasiment jamais fait de double, mais avec Pierre, c’était incroyable. On ne faisait pas de quarts, tout se passait naturellement. À la fin, pour les manœuvres, on n’avait même plus besoin de se parler. »

Des clients derrière

Une entente dans cette TJV que confirme Pierre Le Roy, content d’avoir lutté jusqu’au bout avec Louis Duc et Rémi Aubrin (Fives Group – Lantana Environnement). « C’est cool d’avoir des gens avec qui jouer. Cela rajoute un petit truc en plus. De passer la ligne en premier après s’être fait reprendre il y a deux jours, cela rajoute du piment à la compétition. Loulou, il était collant, mais merci à lui et à Rémi d’avoir mis ce truc en plus. »  

 » C’est cool d’avoir des gens avec qui jouer « 

Pierre Le Roy

Ce duo inédit et sympathique laisse derrière lui des habitués de la classe comme Louis Burton, Damien Seguin, le Picard Romain Attanasio, Alan Roura, Arnaud Boissières ou encore le duo franco-espagnol Simon-Martinez, pointé en tête de course dans les premiers jours avec « Groupe Dubreuil ».

Maintenant, les deux copains vont reprendre chacun leur rôle respectif. Benjamin Ferré repartira seul à la barre de « Monnoyeur-Duo for a Job » pour la course en solitaire Retour à la Base, vers Lorient, qualificative pour le Vendée Globe. Après cette 1ère TJV, Pierre Le Roy lui sera le « captain boat » du bateau; un rôle qu’il occupera jusqu’au prochain Vendée Globe.

TJV Pierre Le Roy arrivée
« Monnoyeur – Duo for a Job » est arrivé dans la nuit en Martinique (photo Jean-Marie Liot/Aléa/TJV 2023)

LE CLASSEMENT DE LA TJV EN IMOCA

1- Thomas RUYANT / Morgan LAGRAVIERE (FOR PEOPLE) : 11j 21h 32mn 31sec

2- Yoann RICHOMME / Yann ELIES (PAPREC ARKEA) : 12j 1h 41mn 16sec

3- Sam GOODCHILD / Antoine KOCH (FOR THE PLANET) : 12j 1h 50mn 32sec

4- Jeremie BEYOU / Franck CAMMAS (CHARAL) : 12j 8h 26mn 34sec

5- Sam DAVIES / Jack BOUTTELL (INITIATIVES CŒUR) : 12j 8h 43mn 39sec

6- Justine METTRAUX / Julien VILLION (TEAMWORK.NET) : 12j 8h 59mn 58sec

7- Boris HERRMANN / William HARRIS (MALIZIA – SEAEXPLORER) : 12j 9h 1mn 3sec

8- Maxime SOREL / Christopher PRATT (V AND B – MONBANA – MAYENNE ) : 12j 21h 23mn 1sec

9- Clarisse CREMER / Alan ROBERTS (L’OCCITANE EN PROVENCE) : 13j 1h 50mn 

10- Benjamin DUTREUX / Corentin HOREAU (GUYOT ENVIRONNEMENT – WATER FAMILY) : 13j 7h 56mn 10sec

13- Benjamin FERRÉ / Pierre LE ROY (MONNOYEUR-DUO FOR A JOB) : 13 j 20h 41 mn 12sec

UN URUGUAYEN SUCCÈDE A PIERRE LE ROY

Mini Transat Waksman
La joie de Federico Waksman à son arrivée en Guadeloupe (photo Vincent Olivaud/La Boulangère Mini Transat)

Tandis que la Transat Jacques Vabre se poursuivait vers la Martinique, la Mini Transat (6.50) s’achevait elle en Guadeloupe. Disputée tous les deux ans, cette course en solo sur des monocoques de 6m50 avait été gagnée par Pierre Le Roy (Teamwoks.net) en 2021 dans la catégorie proto. L’édition 2023 a vu la victoire de Federico Waksman (« 1019 – Repremar – Shipping Agency Urugay »). L’Uruguayen, qui avait terminé 21e de la dernière édition en bateau de série, devient ainsi le premier représentant de son pays, le premier Sud-Américain et le septième étranger à réaliser une telle performance ! L’Italien Luca Rosetti (« 998 – Race = Care ») lui s’impose dans la catégorie des bateaux de série.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1624 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.