VOILE : PIERRE BRASSEUR, LE 3ÈME NORDISTE TERMINE A SON TOUR LA TRANSAT JACQUES VABRE

TJV Pierre Brasseur
Pierre Brasseur et Isabelle Joschke à l'arrivée à Fort-de-France (photo Jean-Louis Carli/Aléa/TJV2023)

Après Thomas Ruyant (1è) et Pierre Le Roy (13è), le 3ème Nordiste engagé en classe IMOCA, Pierre Brasseur, vient à son tour d’en finir avec la 16ème Transat Jacques Vabre (TJV). L’Etaplois natif d’Amiens est arrivé ce matin à Fort-de-France en compagnie de sa skippeuse franco-allemande Isabelle Joschke. Le duo se classe finalement 29è (40 concurrents au départ) sur l’un des plus vieux bateaux de la flotte. Cela à l’issue d’une belle remontée en fin de course.

Suite à une avarie qui les a obligé à revenir au port avant de repartir avec beaucoup de retard, Isabelle (39 ans) et Pierre(43 ans) ont longtemps pointé en avant-dernière position. Mais ont fait parler leur métier pour effectuer une vraie remontada dans les alizés en direction des Antilles. Cela malgré un vieux monocoque, MACSF, très ancien puisque mis à l’eau en 2007 ! Un plan Verdier à dérives solide mais complètement dépassé au niveau vitesse.

Six jours de plus que Thomas Ruyant

L’ancêtre « MACSF » a ainsi dépassé successivement « D’Ieteren Group », « Singchai Team Haikou », « Partage » et Human Immobilier ». Pierre Brasseur et Isabelle Joschke rentrent finalement dans le top 30 en terminant 29è en 17 jours, 2 heures, 30 minutes et 32 secondes. Soit presque 6 jours de plus que Thomas Ruyant, sur son foiler flambant neuf. Mais c’est déjà une performance sur ce plan Verdier aussi ancien, conçu à une époque où les foils n’existaient pas encore sur les monocoques.

Isabelle Joschke en interview au ponton

Les arrivées se sont multipliées ce matin en Martinique, où il faisait plein jour avec le décalage horaire. Les derniers IMOCA se mélangeaient avec les premiers Class40, qui avaient un parcours plus court. Ils sont aussi partis avec une journée d’avance sur les IMOCA. 8 bateaux sont ainsi arrivés en 1h30 cette nuit en Martinique entre 2h16 et 3h41 (7h16 et 8h41 heure de Paris). Tous les concurrents ont eu droit au traditionnel « ti punch » servi dans une noix de coco.

TJV Pierre Brasseur Isabelle Joschke
Un « ti punch » bien mérité pour Isabelle Joschke et Pierre Brasseur » à la fin de la TJV (photo Jean-Louis Carli/Aléa/TJV2023)

Après cette arrivée tardive, Isabelle va se reposer avant de repartir en solo vers Lorient pour la course Retour à la Base, qualificative pour le Vendée Globe. Pierre essaiera lui de préparer au mieux son bateau et sa navigation.

Les réactions

Isabelle Joschke.  » Ce n’était pas la transat qu’on attendait. Nous avons été tous les deux déçus car ça s’est arrêté trop vite pour nous. Mais on a vite compris qu’il y avait d’autres enjeux. On avait envie de la terminer quoi qu’il en soit. Et on s’est remis dedans. A la fin, on a retrouvé du portant et le plaisir de la glisse.« 

Pierre Brasseur.  » On a eu une avarie sur la grand’voile qu’on ne pouvait pas réparer en mer. Malheureusement on dû faire cette escale. En repartant 3-4 jours après, ce n’est plus la même course du tout. On est plus du tout au taquet car il n’y a plus l’aiguillon de la compétition. On a quand même navigué proprement. Et on a exploité la météo comme on a pu.« 

UN DUO FRANCO-ITALIEN VAINQUEUR EN CLASS40

Ambrogio Beccaria et Nicolas Andrieu Class40 TJV
Ambrogio Beccaria et Nicolas Andrieu s’imposent en Class40 (photo Jean-Louis Carli/Aléa/TJV2023)

Alors que tous les IMOCA ne sont pas encore arrivés, les premiers class40 ont franchi la ligne dès jeudi à Fort-de-France. A 08h01 heure locale (13h01 heure de Paris), Ambrogio Beccaria et Nicolas Andrieu ont ainsi terminé en vainqueurs dans la baie de Fort-de-France de la 16ème édition de la Transat Jacques Vabre Normandie Le Havre.
Le temps de course de « Alla Grande Pirelli » est de 18 jours 12 heures 21 minutes 55 secondes. Il a effectué les 3750 milles du parcours entre Le Havre et Fort-de-France à la vitesse de 9,10 noeuds sur l’orthodromie (route directe). Il a en réalité parcouru 5 381.51 milles à la vitesse moyenne de 12,11 noeuds (sur l’eau). 44 bateaux étaient engagés dans cette catégorie qui mêle à la fois professionnels expérimentés et amateurs éclairés.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1623 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.