VOILE : ROMAIN ATTANASIO, LE PICARD DU VENDÉE GLOBE

Romain Attanasio Vendée Globe
Romain Attanasio à bord de son bateau (photo Fortinet/Best Western)

Le 10ème Vendée Globe partira des Sables d’Olonne le 10 novembre prochain. Le Dunkerquois Thomas Ruyant (For People) sera le favori. Mais un autre marin originaire des Hauts-de-France y participera également. C’est le Picard Romain Attanasio (Fortinet-Best Western). Celui-ci a découvert la voile durant son adolescence passée du côté de Compiègne. Romain Attanasio disputera ainsi, comme le Nordiste, son 3ème Vendée Globe. Mais il retrouvera aussi son ex-compagne, l’Anglaise Samantha Davies qui elle, en sera à son 4è départ dans le Tour du Monde en solitaire et sans escale.

A 46 ans, Romain Attanasio est désormais une figure incontournable de la classe IMOCA. Depuis 2015, il écume en effet les grandes courses de la classe, après être passé par la classe mini et la classe Figaro. Il a déjà participé à deux Vendée Globe, qu’il a terminé. A la 15è place en 2017; et à la 14è en 2021. Son meilleur résultat: une 7è place dans la Transat Jacques Vabre 2021.

Même s’il est né à Paris, et a vécu avec sa famille dans les Hautes-Alpes, c’est bien durant sa période picarde qu’il a découvert la voile. Il voyageait en effet souvent avec son père ingénieur. Mais la famille s’est installée dans l’Oise alors qu’il avait 7 ans. Un département dont est d’ailleurs originaire sa mère.

« J’y ai passé toute mon adolescence« , rappelle ainsi Romain. « Mes parents et mes soeurs y sont encore, dans la maison familiale à Francières, près de Compiègne. Je suis allé au lycée à Compiègne. Et j’ai beaucoup de souvenirs et beaucoup de copains là-bas. »

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Un gamin de Compiègne

En 1990, il découvre ainsi le monde de la voile grâce à son grand oncle breton. Romain attrape le virus. Il s’inscrit au club de voile près de La Croix Saint-Ouen pour faire du dériveur sur un petit lac. Mais il voit ensuite plus grand; il pratique en Bretagne avant d’intégrer, à 16 ans, la section sports études de La Baule.

Comme tout skipper de compétition, il s’installe ensuite en Bretagne, où il va rencontrer Samantha Davies. Le couple va d’ailleurs s’affronter lors de son second Vendée Globe, que Samantha va terminer, sans être classée.

« J’ai fait deux Vendée Globe en mode dégradé… »

Romain Attanasio

Après deux places dans le Top 15 du Vendée Globe, Romain Attanasio repart pour une 3è expérience. Il a repris en 2021 le foiler de Boris Hermann, avec lequel le skipper allemand a terminé 5è lors du dernier Vendée Globe. Juste devant Thomas Ruyant. Le voilier est rebaptisé Fortinet Best Western, du nom de ses deux partenaires principaux. Mais pourquoi repartir une 3è fois dans une course aussi éprouvante ?

Vendée Globe Romain Attanasio Fortinet
Romain Attanasio a repris l’ancien foiler de Boris Hermann (photo Aléa/Vendée Globe)

 » On se dit jamais plus pendant les jours qui suivent l’arrivée », explique Romain en souriant. «  Récemment, une dame m’a dit, ‘ après les accouchements c’est comme cela. Heureusement, on oublie les mauvais moments’. Le Vendée Globe, c’est un peu pareil. On a besoin de retrouver cette adrénaline de la course. Cette sensation d’être à 100% de soi-même, et de rester vivant« .

Pas d’objectif de place précis

L’envie aussi de réussir un résultat, en repartant avec un bateau à foils, forcément plus rapide.  » J’ai fait mes deux premiers Vendée Globe avec des vieux bateaux, en mode dégradé. Là, on n’innove rien sur le bateau. Je demande juste à l’équipe de le fiabiliser à fond. Si je l’exploite à 90%, cela peut faire quelque chose de bien à l’arrivée. A quelle place ? Je n’en sais rien. Mais je vais essayer de faire du mieux possible. »

Romain Attanasio a ainsi pu tester son bateau lors de la dernière Transat Jacques Vabre. Il a pris la 17è place aux côtés de Loïs Berrehar. Le navigateur picard a ensuite pris la barre de Fortinet seul, pour le Retour à la Base, où il a souffert, comme beaucoup de concurrents.  » Les conditions étaient difficiles pour ce retour en solitaire. La mer était très croisée et aux accélérations de nos foilers succédaient des arrêts brusques. A l’arrivée à Lorient, on se demandaient tous comment nous allions survivre avec ce type de bateau dans le prochain Vendée Globe. »

Nul doute que Romain Attanasio et tous ces navigateurs trouveront la réponse dans ce 10ème Vendée Globe qui s’annonce exceptionnel.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1572 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.