CYCLISME : EVENEPOEL SURVOLE LA DOYENNE APRES L’ABANDON DE POGACAR

Liège Remco Evenepoel
L'attaque de Remco Evenepoel dans la côte de la Redoute (photo Maxime Delobel/ASO)

Remco Evenepoel remporte en solitaire Liège-Bastogne-Liège pour la 2ème année consécutive. Le jeune prodige belge n’a rencontré aucune opposition après l’abandon prématuré de Tadej Pogacar, son seul rival réel pour la victoire dans la « Doyenne ». Cela a donné une course sans grande émotion, durant laquelle les Français ont fait bonne figure.

Pour la 109édition de Liège-Bastogne-Liège, la perspective d’un duel excitant s’annonçait entre le lauréat 2022 Remco Evenepoel, et son prédécesseur Tadej Pogacar, quasiment imbattable sur sa campagne de classiques. Celui-ci venait encore de remporter la Flèche Wallonne trois jours auparavant. Malheureusement, après une chute du champion slovène au km 85, le contexte a totalement changé, le champion du monde se retrouvant « seul contre tous ». La course a clairement perdu de son intérêt car Evenepoel n’avait dès lors plus d’adversaire.

Nullement impressionné par le scénario, le Belge a donc fait travailler ses équipiers pour placer son offensive dans la côte de la Redoute. Une attaque attendue mais derrière laquelle les outsiders se sont montrés impuissants.

Le jeune champion (23 ans) a ensuite terminé d’assommer son dernier adversaire, Tom Pidcock, à 30 km de l’arrivée, pour aller chercher en solitaire sa deuxième victoire sur la Doyenne des classiques. C’est aussi son premier succès vêtu du maillot arc-en-ciel.

Liège, terre gardée pour Remco Evenepoel

Le phénomène flamand n’avait plus couru depuis le Tour de Catalogne en mars, où il avait terminé juste derrière Primoz Roglic. Mais il s’est entraîné lors d’un stage aux Canaries, qui visiblement a commencé à payer dès ce monument du cyclisme.

Tom Pidcock et Santiago Buitrago complètent le podium du jour, en arrivant avec plus d’une minute de retard. Evenepoel devient le quatrième coureur de l’histoire à défendre son titre sur Liège-Bastogne-Liège avec le maillot de champion du monde sur les épaules, après Ferdi Kubler (1952), Eddy Merckx (1972) et Moreno Argentin (1987).

Remco Evenepoel s’impose en solo à Liège (photo Maxime Delobel/ASO)

Après cette victoire sans opposition à Liège, Remco Evenepoel résumait ainsi sa course. « C’était une course difficile, spécialement avec la pluie dans les deux dernières heures. Ma roue arrière a même glissé quand j’ai voulu attaquer dans la Redoute. On a tout de même gardé notre plan. Je savais qu’après la Redoute, je devais pousser à fond et au final, c’est magnifique de faire 2 sur 2. C’est une fierté de gagner cette belle course dans ce maillot, je voulais cette photo pour l’encadrer chez moi.« 

Le champion du Monde en titre sauve aussi son équipe d’un fiasco total sur les classiques de printemps. La Soudal Quick Step a en effet connu une campagne catastrophique sur les Flandriennes. Désormais seul leader dans la formation belge, Evenepoel a vu toute son équipe se mettre à son service. A commencer par Julian Alaphilippe, qui a bien effectué sur ce monument qui manque à son palmarès un vrai travail d’équipier. Cela pour la plus grande satisfaction du patron Patrick Lefévère très mécontent de ses coureurs sur les courses en Belgique.

En terre wallonne à Liège, Remco Evenepoel s’est longuement exprimé en français, langue qu’il maîtrise parfaitement.

Les Français dans le coup

Comme lors de la Flèche Wallonne mercredi, les coureurs français ont bien figuré dans cette 109ème Doyenne. On trouve en effet 5 Bleus dans le top 20. Les deux meilleurs sont Valentin Madouas (Groupama-FDJ) 5ème, et Guillaume Martin (Cofidis) 6ème. Le grimpeur normand a cependant souffert, comme il l’expliquait à l’arrivée. « C’est l’un des Liège les plus durs que je n’ai jamais fait ! Il y a eu un écrémage très tôt, comme dans les temps historiques du vélo. Ça faisait longtemps qu’on avait pas vu la course se débrider d’aussi loin, c’était la volonté de la Soudal Quick-StepMais ça nous a plutôt avantagé dans l’équipe, Ion (Izagirre) et moi. Avec ce durcissement, ça se faisait moins au positionnement et plus au physique.« 

Derrière Valentin Madouas et Guillaume Martin, on trouve aussi Pavel Sivakov (Inéos Grenadiers) 14ème, juste devant Romain Bardet (Team DSM) 15ème , et le Basque de Cofidis Ion Izagirre 16ème. Aurélien Paret-Peintre termine lui 18ème, à un peu plus de deux minutes d’un Remco Evenepoel impérial sur les routes de Liège. Cinq Français dans les 20 premiers; pas mal pour les Bleus très réguliers durant cette période de courses d’un jour.

Le chapitre des classiques de printemps s’est ainsi refermée définitivement avec Liège-Bastogne-Liège et la victoire de Remco Evenepoel. Place maintenant aux courses par étapes avec notamment le premier grand Tour, le Giro avec… Evenepoel. Là aussi, il s’attend à un duel avec un autre Slovène: Primoz Roglic. En espérant que ce dernier ne connaisse pas autant de malchance que Pogacar, qui a quand même dominé cette première partie de saison tout à fait passionnante.

Le classement de Liège-Bastogne-Liège 2023

Liège Remco Evenepoel
Buitrago, Evenepoel et Pidcock sur le podium de Liège-Bastogne-Liège 2023 (photo Maxime Delobel/ASO)

1 – EVENEPOEL Remco (Soudal – Quick Step) les 258,1 km en 6:15:49 (41,2 km/h)
2 – PIDCOCK Thomas (INEOS Grenadiers) + 1:06
3 – BUITRAGO Santiago (Bahrain – Victorious) m.t
4 – HEALY Ben (EF Education-EasyPost) + 1:08
5 – MADOUAS Valentin (Groupama – FDJ) + 1:24
6 – MARTIN Guillaume (Cofidis) + 1:25
7 – BENOOT Tiesj (Jumbo-Visma) + 1:37
8 – KONRAD Patrick (BORA – hansgrohe) + 1:48
9 – SKJELMOSE Mattias (Trek – Segafredo) m.t
10 – HIRSCHI Marc (UAE Team Emirates) m.t

LE GRAND CHELEM DE DEMI VOLLERING SUR LES ARDENNAISES

Liège Demi Vollering
Demi Vollering félicitée par ses équipières (photo Billy Cleusters/ASO)

Six ans après sa compatriote Anna van der Breggen, qui est désormais son entraîneure et directrice sportive, la Néerlandaise a paraphé le 2e triplé ardennais de l’histoire du cyclisme féminin en remportant Liège-Bastogne-Liège Femmes ce dimanche. Après ses succès en solitaire sur l’Amstel Gold Race puis de manière légèrement détachée sur la Flèche Wallonne Femmes, la leader de SD Worx s’est imposée au sprint devant Elisa Longo Borghini (Trek-Segafredo), la seule à pouvoir l’accompagner dans le final. Autrice d’une longue fugue en solitaire, Marlen Reusser (SD Worx) a réglé le groupe des battues pour prendre la 3e place et parfaire la journée de rêve vécue par la formation néerlandaise (info ASO).

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1621 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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