CYCLISME : UN « RALENTISSEUR » AVANT LA TRANCHÉE D’ARENBERG POUR PARIS-ROUBAIX 2024

Paris-Roubaix 2024 Arenberg
Thierry Gouvenou étudie la chicane avec les forces de l'ordre (photo JMD/Sports5962)

Ce mardi 2 avril se déroulait la traditionnelle reconnaissance des pavés avant la 121ème édition de Paris-Roubaix. Une grande nouveauté a été annoncée à cette occasion par Amaury Sports Organisation (ASO). Un changement de parcours sera en effet mis en place juste avant la tranchée d’Arenberg pour ce Paris-Roubaix 2024. Cela pour la sécurité des coureurs, suite aux multiples chutes survenues en cette première partie de saison.

Cette une tradition désormais bien ancrée. Au début de la semaine de Paris-Roubaix, les organisateurs reconnaissent en voiture les secteurs pavés de l’épreuve, toujours selon le même programme. Rendez-vous tôt le matin « Chez Françoise » à Troisvilles, le village du Cambrésis qui accueille les premiers tronçons de « l’Enfer du Nord ». Puis l’imposant cortège roule sur tous les secteurs, avec trois « stops ».

Le premier à Denain pour une présentation de Paris-Roubaix Femmes. Le 2ème sur un pavé en réfection par les lycées horticoles; en l’occurrence celui d’Haveluy ce mardi. Puis l’arrêt principal à la trouée d’Arenberg. Et c’est là que Thierry Gouvenou, le directeur de la course, a annoncé aux media toujours nombreux l’innovation principale de Paris-Roubaix 2024: une « chicane » avant l’entrée de la Drève des Boules d’Hérin; plus connue sous le nom de tranchée d’Arenberg.

A la demande des coureurs

Le quotidien « la Voix du Nord » annonçait ainsi la nouvelle la veille. Mais c’était quand même la surprise du chef. Et clairement, l’aménagement d’un parcours d’approche en mode « ralentissement » était encore à l’étude ce mardi matin.

« Le principe est de trouver des virages avant la trouée d’Arenberg pour allonger le peloton et le faire freiner. On estime qu’on peut diviser par deux la vitesse. Normalement, ils arrivent à 60 km/h. Si on arrive à les faire rentrer à 30-35 km/h ce sera moins risqué. Ce n’est pas encore validé mais on devrait avoir des réponses rapidement« , a indiqué le directeur de la course, Thierry Gouvenou, lors du point presse informel organisé à cet endroit hautement stratégique de la course.

Mais pourquoi ce changement quelques jours seulement avant la course ? Tout simplement parce que l’Union nationale des cyclistes professionnels (UNCP), appuyée aussi par les syndicats étrangers, a demandé à ASO de prévoir une modification avant Arenberg; cela afin de ralentir le peloton qui aborde ce terrible secteur de 2,3 km à 60 km/h !

Une solution d’urgence

La récente chute des favoris lors de A Travers la Flandre a visiblement traumatisé les coureurs, qui empilent des chutes de plus en plus fréquentes et de plus en plus graves depuis le début de la saison. « Le principe est de trouver des virages avant la trouée d’Arenberg pour allonger le peloton et le faire freiner. On estime qu’on peut diviser par deux la vitesse. Normalement, ils arrivent à 60 km/h. Si on arrive à les faire rentrer à 30-35 km/h ce sera moins risqué. Ce n’est pas encore validé mais on devrait avoir des réponses rapidement », a indiqué ainsi Thierry Gouvenou.

 » Quand on arrive ici, on joue un peu à la roulette russe « 

Thierry Gouvenou

C’est pourquoi le directeur de la course est parti en éclaireur ce mardi pour dialoguer avec les forces de l’ordre, chargées de la sécurité dans ce secteur qui sera noir de monde dimanche. « La demande me paraît tout à fait logique parce que j’ai personnellement fait Paris-Roubaix douze fois en tant que professionnel et à chaque fois que je suis arrivé là je me suis demandé comment j’allais ressortir. Quand on arrive ici, on joue un peu à la roulette russe », ajoute Thierry Gouvenou, vainqueur aussi de l’épreuve chez les amateurs en 1990.

Thierry Gouvenou à la tranchée d’Arenberg

Une solution d’urgence à valider

Au lieu d’entrer directement dans la tranchée après le passage à niveau, les coureurs vont tourner à droite, pour tourner après l’îlot directionnel et revenir dans l’autre sens. En principe… Car cette solution sentait l’improvisation, comme le reconnaissait le maire de Wallers-Arenberg Salvatore Castiglione. « Ça a été une demande tardive, et on travaille dans l’urgence. Pour l’année prochaine, nous avons des solutions. Mais là l’urgence, c’est de passer par des aménagements de sécurité juste avant l’entrée de la trouée. »

Cet aménagement d’urgence en tous cas était mis en place rapidement. Les services municipaux installaient en effet déjà des barrières, après avoir nettoyé le terre-plein central, et commencé à déblayer les bas-côtés. Cette chicane sera interdite au public. Tout comme aux buvettes et friteries susceptibles de s’installer à cet endroit-là.

Pendant ce temps-là, les boucs des « biquettes de l’espoir », au nombre d’une dizaine, commençaient à brouter sur les pavés très herbeux d’Arenberg, comme c’était déjà le cas l’an dernier.

La 121è édition de Paris-Roubaix comptera donc 55,7 km de pavés pour une distance de 259,9 km. C’est le total le plus élevé depuis trente ans. L’autre innovation, c’est l’organisation le même jour de la course juniors et de celle des Espoirs. Il y aura donc trois Paris-Roubaix dimanche, après celui des femmes et le Paris-Roubaix Challenge la veille.

Retrouvez aussi les interviews en vidéo de Thierry Gouvenou et Salvatore Castiglione sur Dailymotion SPORTS 59/62.

UN HOMMAGE A FRANÇOIS DOULCIER

Paris-Roubaix 2024 Arenberg.  fresque Doulcier
Une fresque à l’image de François Doulcier a été inaugurée par les organisateurs (photo JMD/Sports 5962)

Un double hommage en fait a été rendu à François Doulcier, l’ancien président de Paris-Roubaix décédé brusquement l’an passé. Les élus et organisateurs ont en effet installé une fresque à même les pavés, à l’entrée de la tranchée, avec le visage du disparu. Puis une stèle a été inaugurée l’après-midi sur le tronçon de Mons-en-Pévèle. Un autre secteur stratégique aussi de Paris-Roubaix 2024, au même titre que celui d’Arenberg.

Les notes des secteurs pavés de Paris-Roubaix

Le kilométrage de pavés a légèrement augmenté pour la 121e édition de Paris-Roubaix, qui se tiendra dimanche 7 avril prochain. Les 29 secteurs imposés dans les 165 derniers kilomètres cumulent 55,7 km (vs 54,5 km en 2023), soit le total le plus élevé depuis 30 ans. Les coureurs feront notamment leurs retrouvailles avec les secteurs de Briastre (km 111,5) et du hameau du Buat (km 129,5).

29 : Troisvilles à Inchy (km 96 – 2,2 km) ***

28 : Viesly à Quiévy (km 102,5 – 1,8 km) ***

27 : Quiévy à Saint-Python (km 105,1 – 3,7 km) ****

26 : Viesly à Briastre (km 111,3 – 3 km) ***

25 : Vertain à Saint-Martin-sur-Ecaillon (km 122,6 – 2,3 km) ***

24 : Capelle à Ruesnes (km 129,3 – 1,7 km) ***

23 : Artres à Quérénaing (km 138,3 – 1,3 km) **

22 : Quérénaing à Maing (km 140,1 – 2,5 km) ***

21 : Maing à Monchaux-sur-Ecaillon (km 143,2 – 1,6 km) ***

20 : Haveluy à Wallers (km 156,2 – 2,5 km) ****

19 : Trouée d’Arenberg (km 164,4 – 2,3 km) *****

18 : Wallers à Hélesmes (km 170,4 – 1,6 km) ***

17 : Hornaing à Wandignies (km 177,2 – 3,7 km) ****

16 : Warlaing à Brillon (km 184,7 – 2,4 km) ***

15 : Tilloy à Sars-et-Rosières (km 188,2 – 2,4 km) ****

14 : Beuvry à Orchies (km 194,5 – 1,4 km) ***

13 : Orchies (km 199,5 – 1,7 km) ***

12 : Auchy à Bersée (km 205,6 – 2,7 km) ****

11 : Mons-en-Pévèle (km 211,1 – 3 km) *****

10 : Mérignies à Avelin (km 217,1 – 0,7 km) **

9 : Pont-Thibault à Ennevelin (km 220,5 – 1,4 km) ***

8 : Templeuve – L’Epinette (km 225,9 – 0,2 km) *

8 : Templeuve – Moulin-de-Vertain (km 226,4 – 0,5 km) **

7 : Cysoing à Bourghelles (km 232,8 – 1,3 km) ***

6 : Bourghelles à Wannehain (km 235,3 – 1,1 km) ***

5 : Camphin-en-Pévèle (km 239,8 – 1,8 km) ****

4 : Carrefour de l’Arbre (km 242,5 – 2,1 km) *****

3 : Gruson (km 244,8 – 1,1 km) **

2 : Willems à Hem (km 251,5 – 1,4 km) **

1 : Roubaix (km 258,3 – 0,3 km) *

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1572 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.