RUGBY : UN TEST SERIEUX POUR LES FIDJI CONTRE LES BARBARIANS, A UN AN DE LA COUPE DU MONDE

Barbarians Fidji
Les Barbarians lors de l'entraînement du capitaine (photo JMD/Sports 5962)

Samedi après-midi, le rugby revient au stade Pierre-Mauroy, 17 mois après les demi-finales du Top 14. Ce sera pour un match amical certes, mais un test-match quand même entre les Barbarians Français et le Iles Fidji. Deux équipes offensives qui promettent de faire du spectacle devant un public peu habitué à ce genre d’affiche.

24 heures avant le match, les deux équipes ont découvert la pelouse (en bon état) du stade Pierre-Mauroy, désormais appelée Décathlon Arena. C’était à l’occasion du traditionnel « captain run », l’entraînement du capitaine, qui finalise la préparation du match.

Côté français, Vincent Machenaud dirigeait donc la séance, avant de rencontrer les rares journalistes présents en conférence de presse. L’ancien demi de mêlée des Bleus (33 ans, 38 sélections), actuellement à Bayonne, sera associé à la charnière au jeune Parisien Léo Barré (20 ans). Une charnière qui souligne le mélange d’expérience et de jeunesse dans le XV de départ des Baa-Baas.

La 3ème rencontre entre les Barbarians et les Fidji

C’est la troisième fois de leur histoire que les Barbarians Français affronteront les Fidji. Le 22 octobre 1989 à Bordeaux, les Baa-Baas s’étaient inclinés 32-16 face aux Fidjiens devant plus de 5 000 spectateurs. Le dimanche 18 novembre 2001, les deux essais de Christophe Milhères et Sylvain Marconnet n’ont pas suffi pour battre les Fidjiens. Les Barbarians s’étaient de nouveau inclinés face aux blancs et noirs (15-17).

Ce duel très attendu entre les « Baas-Baas » et les Fidjiens sera le 63ème match de l’histoire des Barbarians français. Une équipe atypique, un club privé en fait, avec des joueurs « invités » du championnat de France, français ou étrangers. Et qui ne jouent que quelques matches dans l’année, lors des tournées d’été ou d’automne.

« Tout est différent, que ce soit l’approche du match, sa préparation, la vision du jeu. », explique ainsi Maxime Machenaud. » Il n’y a pas de vidéo. On met moins d’intensité à l’entraînement. C’est l’essence même du rugby: c’est le plaisir du partage sur le terrain et en dehors. On est tellement pris par la machine à laver que constitue le Top 14, le quotidien du club, que des semaines comme cela, plus légères, ça fait du bien à la tête.« 

Le demi de mêlée bayonnais récupère le capitanat après le forfait sur blessure du centre international Mathieu Bastareaud. « Je suis très triste pour Mathieu qui méritait ce titre de capitaine. C’est un joueur que je respecte beaucoup, pour qui j’ai de l’admiration et qui est de ma génération. Je suis déçu pour lui mais je suis très heureux et très fier d’avoir ce rôle. Je l’ai également eu en club mais c’est très différent. »

Une première pour le capitaine Maxime Machenaud

Cette première comme capitaine sera ici une première comme joueur. Maxime Machenaud affrontera en effet pour la première fois les Fidji. « Je n’ai jamais affronté cette équipe. C’est pourquoi j’étais très heureux de jouer contre cette nation. C’était une des seules nations majeures que je n’ai jamais rencontré. On connaît beaucoup de joueurs. Les Fidjiens jouent pratiquement tous dans le championnat français. Ils ont jeu physique, très technique. Ils vont vite, ils sont forts. Ce n’est pas une nation du top 6 mondial mais en tous cas, ils embêtent pas mal d’équipes du rugby international. On s’attend à une opposition très forte. »

L’entraîneur adjoint de Bordeaux-Bègles, Frédéric Charrier, officiera sur la touche aux côtés de Christian Labit, l’un des coaches du Racing 92. On notera aussi la présence de William Servat, habituel entraîneur des avants. Mais qui est ici chef de délégation.

L’entraîneur français résume ainsi l’intention de cette semaine de préparation à Villeneuve d’Ascq. «  Ce n’est pas des semaines classiques comme on a l’habitude de le faire en club. C’est une option différente avec une approche différente du match. Nous avons peu de jours pour nous préparer. On n’a pas envie d’embrouiller les joueurs avec des schémas tactiques, Il faut faire les choses les plus simples possible. Les joueurs doiuvent s’approprier le projet. »

Un maximum de liberté pour les Barbarians

Charrier adhère parfaitement à la philosophie de jeu des Baa-Baas, qui est de créer du jeu et du mouvement.  » Bernard Pardo et Denis Charvet (NDLR: les managers des Barbarians Français) nous l’ont rappelé avant le rassemblement. C’est une volonté de déplacer le jeu, de prendre des initiatives. Que ce soit Denis Charvet ou Laurent Pardo, on nous dit depuis le début de la semaine que les joueurs sont libres. Et que cette liberté qu’on a toute la semaine, on doit la retrouver sur le terrain demain (samedi). »

Les Fidjiens ont découvert le terrain vendredi après-midi (photo JMD/SPORTS 5962)

En conférence de presse, le coach des Fidji Vern Cotter et le trois-quart centre de Toulon Waisea ont confirmé leur connaissance du jeu français et des joueurs adverses. «  Nous sommes contents de jouer contre les Baa-Baas », déclare d’entrée le technicien néo-zélandais. « C’est un club qui fait rêver. Après deux matches difficiles contre l’Ecosse et l’Irlande, c’est une opportunité de travailler nos combinaisons, notre cohésion. »

Les Fidjiens en mission avant le Mondial

L’ancien entraîneur de Clermont explique aussi que, «  c’est avant tout un état d’esprit que l’on va affronter. L’était d’esprit baa-baas, c’est de jouer, et prendre du plaisir. C’est notre leitmotiv aussi. Après, mes joueurs connaissent le top 14. C’est peut-être la compétition la plus dure au Monde. »

Le Toulonnais Waisea confirme. « Nous connaissons bien ces joueurs. C’est pourquoi nous avons bien préparé cela pour samedi. »

Pour Vern Cotter, ce match contre les Barbarians Français constitue avant tout une préparation des Fidji pour la Coupe du Monde. « Ce sera un match difficile. On en tirera les enseignements avant de démarrer la préparation finale en juillet 2023. Notre ambition, dans un premier temps, c’est d’améliorer notre jeu, d’être plus performant. On met des standards en place afin d’être de plus en plus régulier. Il faut améliorer notre discipline, et jouer à quinze durant 80 minutes. »

C’est pourquoi les Fidjiens vont aborder ce match avec le plus grand sérieux, même s’ils auront aussi le souci de faire du spectacle. Pour eux, les Barbarians Français constituent un vrai test. Et en plus, une victoire serait bienvenue pour ne pas rester sur une série de trois échecs.

Vern Cotter et Waisea , ici en conférence de presse, ont déjà le regard pointé vers 2023 (photo JMD/Sports5962)

Barbarians Français – Iles Fidji, samedi 19 novembre au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq (15h). Il reste des places à vendre.

La composition des équipes

Barbarians Français: Bielle-Biarrey – Nakaitaci, Parisien, Tauzin, Bonneval – (o) Barré, (m) Machenaud (cap.) – Zegueur, Roumat, Tixeront – Kornath, Tanguy – Azar, Tarrit, Bibi Biziwu.

Remplaçants : Velarte, Brennan, Joly, Maximin, Le Corvec, Pélissié, Smaïli, Popelin.

Iles Fidji: Tuicuvu – Wainiqolo, Waisea, Ravouvou, Habosi – (o) Volavola, (m) Kuruvoli – Kamikamika, Mata, Nasilasila – Mayavanavanua, Ratuniyarawa – Saulo, Matavesi, Mawi.

Remplaçants : Ikanivere, Natave, Tagi, Dolokoto, Dyer, Matawalu, Cocagi, Maqala.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 917 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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