SERIE OLYMPIQUE LES CH’TIS A TOKYO 14ème EPISODE NICOLAS DELMOTTE (EQUITATION)

portrait Nicolas Delmotte à Tokyo
Nicolas Delmotte et Urvoso du Roch à l’inspection des chevaux ©FFE/PSV

Une vingtaine de sportifs natifs du Nord-Pas-de-Calais ou assimilés sont sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Tokyo (23 juillet au 8 août). Dans cette série olympique, nous vous présentons un par par un nos « ch’tis à Tokyo ». Aujourd’hui, 14ème volet: le cavalier douaisien Nicolas Delmotte, sélectionné au saut d’obstacles individuel et par équipes.

Né dans une famille non cavalière, Nicolas Delmotte tombe amoureux des chevaux dès sa plus tendre enfance. Il transformera cette passion en devenant un cavalier de haut-niveau, et en créant une activité professionnelle.
C’est à Frais-Marais, près de Douai, que Nicolas Delmotte a implanté son écurie. Comme beaucoup de cavaliers, il élève, forme et dresse des chevaux de compétition.

Sur les traces de Bruno Broucqsault

C’est le cas par exemple de Bruno Broucqsault. Le cavalier de Phalempin est le seul Français à avoir gagné la Coupe du Monde de saut d’obstacles, en 2004. Les deux hommes se côtoyent sur les concours de jumping de la région car en équitation, on peut monter à tout âge. Nicolas Delmotte est considéré comme le « fils spirituel « de Bruno Broucqsault. On le voit ainsi régulièrement sur les concours de la région comme Maubeuge ou Sancourt.

Nicolas Delmotte avec la tenue de l’équipe de France olympique (photo@FFE/PSV)

Passionné par les chevaux depuis toujours, Nicolas Delmotte devient naturellement cavalier professionnel.Il est suivi depuis presque une vingtaine d’années par Bertrand Belabre, ancien entraîneur junior – jeune cavalier. Le Douaisien a également travaillé avec le Normand Eric Navet, ancien champion du monde de sauts d’obstacles en 1990.

Champion de France avec Discrète en 2001, il a commencé a faire parler de lui en foulant les pistes internationales associé à Boléro de Brécey ou à Lucciano. La rencontre avec Carole et Marius Huchin, propriétaires du Haras des Princes est l’une des plus importantes de la carrière sportive du cavalier. Vainqueur du Grand Prix de Bourg-en-Bresse en 2015, Number One d’Iso Un Prince est la vitrine de cette belle collaboration qui dure depuis plus de 15 ans.  

De nombreux chevaux durant sa carrière

Nicolas se dit aujourd’hui chanceux d’avoir Ilex VP et mais sa perpétuité dans les beaux concours, il la doit notamment à Darmani van’t Heike avec 30 victoires à son actif.

Le reportage de France 3 – Hauts-de-France

Vainqueur de la Coupe des nations en Suisse en 2019, il contribue à la qualification de l’équipe de France pour les Jeux
Olympiques de Tokyo lors du championnat d’Europe 2019. À quelques semaines des Jeux de Tokyo, Nicolas Delmotte
remporte le Grand Prix du CSIO 5* de La Baule. Le derby de La Baule est considéré comme le « Roland Garros des cavaliers ». Il rassemble chaque année les meilleurs spécialistes mondiaux.

Ce succès de prestige à l’issue d’un barrage à six a définitivement assuré sa sélection olympique. Et il s’en réjouissait après la victoire. « J’ai encore un peu de mal à réaliser ma victoire. Je suis vraiment heureux de gagner ici à La Baule, devant le public français. C’est quand même notre CSIO5* de France ! Je suis très content aussi pour ma propriétaire, Mme Morillon, qui me fait confiance depuis des années et qui a accepté qu’Urvoso aille aux JO. Ça fait également plaisir de retrouver du monde et de revoir le public. Depuis le début du concours, Urvoso sautait bien. Dans la Coupe des Nations déjà il a fait deux très bons parcours. Il a surtout progressé depuis quelques concours. »

Un deuxième succès de prestige à Chantilly

Quelques semaines plus tard, Delmotte récidivait à Chantilly, en remportant un autre CSIO renommé. Et cette fois dans sa région des Hauts-de-France. « Avant de rentrer en quarantaine pour Tokyo, je ne voulais pas prendre tous les risques, mais je voulais gagner quand même. J’aurais pu aller plus vite, certains l’ont fait, mais ils ont tous commis une faute, mon choix était le bon finalement et je suis très fier de mon cheval ».

Lors du barrage, il a effectivement mis suffisamment de pression sur ses adversaires pour les pousser à la faute et s’offrir, un mois après La Baule, un deuxième Grand Prix 5* et engranger un maximum de confiance avant de s’envoler pour Tokyo : « C’est vrai que cela fait un petit moment que je suis motivé à 300%. Mon cheval est dans une forme extraordinaire. Après La Baule, il a bénéficié d’une semaine de repos et après deux petits parcours à Grimaud, je le retrouve ici à son meilleur. Mais bon, malgré ces victoires il faut savoir garder les pieds sur terre. J’ai l’habitude de dire que le lundi, on repart à zéro. Il faut parvenir à ne pas se mettre plus de pression que nécessaire, mais c’est vrai que je pense beaucoup aux Jeux et il faut rester concentré ».

Nicolas Delmotte sur la première marche du podium à Chantilly (photo Rolex Grand Prix de Chantilly)

Nicolas Delmotte, cavalier membre de l’équipe de France , a connu quelques années en vase creux, après des débuts fracassants chez les jeunes. Il a retrouvé la réussite sportive, avec Ilex et Urvoso. Ce cavalier talentueux garde toujours en tête trois valeurs fortes caractéristiques ce l’équitation : passion, patience et motivation.

Une longue quête olympique

Tokyo constitue un premier aboutissement pour Nicolas Delmotte. A 43 ans, il découvre les Jeux Olympiques. Un vieux rêve qu’il espérait peut-être atteindre plus vite. «  Je suis super content et très motivé. C’est très impressionnant d’arriver dans le village olympique, de croiser tous ces sportifs. Les installations sont extraordinaires. Je crois qu’on peut vraiment féliciter toute l’organisation de ces Jeux et les Japonais qui sont tous charmants et aux petits soins avec nous. Nous avons pu passer un peu de temps avec les cavaliers de l’équipe de France de concours complet, en allant reconnaître le parcours de cross avec eux. «  A Tokyo, il côtoie ainsi un autre Nordiste, le Roubaisien Karim Laghouag, engagé au concours complet.

Nicolas Delmotte et Urvoso, sa monture fétiche sur la route de Tokyo (photo FFE/PSV)

A Tokyo, Nicolas Delmotte fait figure de chef de file de l’équipe de France de sauts d’obstacles. Il s’aligne dans l’épreuve individuelle et par équipes avec Pénélope Leprévost, Simon Delestre et Mathieu Billot. Le jumping a toujours réussi aux Français, qui ont ramené de nombreuses médailles olympiques, souvent en or. Il fait donc parti des favoris, depuis ses succès à La Baule et Chantilly.

Le Douaisien, sans faire de bruit, pourrait bien à son tour monter sur le podium, grâce à Urvoso du Roch., un cheval de grande qualité qu’il a formé dans son écurie de Frais-Marais.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 174 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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