SERIE OLYMPIQUE LES CH’TIS A TOKYO 15ème EPISODE MANON HOSTENS (CANOE-KAYAK)

portrait Manon Hostens
Manon Hostens aux championnats de France à Gravelines @JMD/Sports5962

Une vingtaine de sportifs natifs du Nord-Pas-de-Calais ou assimilés sont sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Tokyo (23 juillet au 8 août). Dans cette série olympique, nous vous présentons un par par un nos « ch’tis à Tokyo ». Aujourd’hui, portrait de la kayakiste Manon Hostens, née à Roubaix, et qui dispute ses deuxièmes Jeux olympiques à Tokyo.

Manon Hostens a attaqué la dernière semaine des Jeux Olympiques avec l’équipe de France de course en ligne en canoë-kayak. La mission pour nos rameurs: ramener des médailles après l’échec complet des slalomeurs la semaine dernière.

Les Nordistes font tout faire pour cela: le Boulonnais Maxime Beaumont en K1 200m, et l’Immercurien Adrien Bart en C1 1000m. Sans oublier une Ch’ti de souche moins connue: Manon Hostens. Cette kayakiste est en effet née le 7 juin 1994 à Roubaix. La petite fille a vécu avec sa famille jusqu’à l’âge de 8 ans à Marcq-en-Baroeul. Ils sont ensuite partis à Périgueux, où la jeune Nordiste a découvert le canoë-kayak, une activité très pratiquée dans le Périgord, avec son frère Quentin.

Un palmarès impressionnant en descente

Pendant toute sa jeunesse, elle pratique une multitude de sports : natation, danse contemporaine, gymnastique, karaté, ski, rugby, basket, badminton, cross, équitation. La jeune Manon ne pratique le kayak qu’une heure par semaine, pour le loisir, en parallèle de ses études. Elle dispute ses premières courses en minimes. Elle va rapidement progresser et intégrer successivement les Pôles espoirs de Pau et Toulouse. En 2010, elle participe aux premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse à Singapour. Elle termine 8ème en K4.

Manon Hostens et sa mère à Gravelines @JMD/Sports5962

Pourtant, la Nordiste de souche obtient ses premiers résultats internationaux dans une discipline non olympique: la descente de rivière. Elle se constitue un palmarès impressionnant dans cette discipline: 8 titres de championne du monde individuelle et par équipes, en junior et en senior; 8 fois vice-championne du monde. Sans compter les championnats d’Europe, les Coupes du Monde et les championnats de France ! Tout cela en poursuivant des études de kinésithérapie pour sportifs de haut-niveau.

Mais vu l’anonymat de la spécialité, elle revient sur la course en ligne en 2016. Elle s’entraîne en sprint parallèlement à la descente, passe avec succès les piges de ligne et réussit à se sélectionner dans le K4 Dames pour les Jeux Olympiques de Rio. Une belle expérience, même si les Françaises terminent malheureusement à la douzième place de ces JO.

Plus que motivées et un brin revanchardes, les équipières du K4 Dames terminent à la quatrième place lors des Championnats du Monde suivants et premières d’une manche de Coupe du Monde. Ces résultats sont historiques dans le monde du kayak dame français.

Retour dans le Nord

Manon Hostens a conservé des racines avec le Nord-Pas-de-Calais. D’abord parce qu’elle est la compagne du vice-champion olympique Maxime Beaumont. On l’a ainsi vu s’entraîner et courir sur le bassin en eaux vives de Saint-Laurent-Blangy.  » Je suis maintenant Périgourdine. Mais je n’oublie pas que je suis aussi Nordiste », nous a-t’elle confié début juillet à Gravelines, dans un entretien qu’elle nous a accordé spontanément.

C’était à l’occasion des championnats de France organisés au stade nautique Albert-Denvers. Un bassin qu’elle découvrait et qu’elle a apprécié. Manon Hostens voulait effectuer un dernier test avant de partir pour Tokyo. » Je suis un peu diesel et j’aime bien reprendre contact avec la compétition, bien me mettre dedans, bien caler tous les protocoles de course. Il faut aussi se mettre dans le stress avant les départs, même si les championnats de France, c’est beaucoup moins stressant que les Jeux Olympiques ».

A Gravelines, Manon Hostens a couru en K1 200m, qui n’est pas sa distance favorite. Elle a pris la 2ème place de la course qui lui a permis de faire des réglages, et de monter quand même sur le podium, même si ce n’était pas l’objectif.

Ca plane pour Manon, à Gravelines @JMD/Sports 59/62

Un programme chargé l’attend à Tokyo. Manon s’alignera en effet dans trois épreuves: le K2 500m pour commencer avec Sarah Guyot. Le K1 500m ensuite. Le K4 500m avec Vanina Paoletti (présente également à Gravelines), Léa Jamelot et toujours Sarah Guyot pour terminer.

Objectif finales, et podium ?

Ses objectifs ? Faire mieux qu’à Rio. » C’était mes premiers Jeux. C’était aussi la 1ère fois que je me mettais à la course en ligne. J’y allais plus pour me faire plaisir, prendre de l’expérience et tout donner ».

A Tokyo, Manon Hostens visera au moins les finales. Et plus si affinités. » Cette fois, j’ai toujours pour objectif de prendre du plaisir et de tout donner. Mais avec le bagage d’expérience qui devrait nous permettre avec les autres filles d’aller chercher la performance. Dans les précédentes compétitions, nous sommes souvent 5èmes, 4èmes. Nous espérons encore monter et nous rapprocher du podium ».

Manon attend ces jeux depuis 5 ans. Elle a su s’adapter pour bien se préparer après le confinement. Par exemple en s’entraînant chez elle à Périgueux avec son père.

A Tokyo, Manon Hostens et Sarah Guyot ont passé sans encombre la série qualificative pour atteindre les demi_finales en K2 500m. De bons débuts, pour ses 2èmes Jeux Olympiques de la kayakiste roubaisienne.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 174 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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