UNE NOUVELLE AVENTURE EN LIGUE DES CHAMPIONS POUR LE LOSC

Le LOSC avant Wolfsburg
Les dogues à l'entraînement lundi

Le LOSC retrouve la Ligue des Champions deux ans après un parcours raté (1 point pris en 6 matches). C’est la 7è fois que Lille dispute cette compétition de prestige. Cela commence par un adversaire bien connu: les dogues retrouvent les… loups de Wolfsburg.

Obligation UEFA oblige, le club a ouvert quinze minutes à la presse le dernier entraînement de ce lundi, veille de match contre le VFL Wolfsburg (en allemand et en intégralité: Verein für Leibesübungen Wolfsburg Fußball GmbH ouf !). C’est la ville de Volkswagen, entièrement construite autour du constructeur allemand à la de la 2ème guerre mondiale.

Cette ville, et ce club, certains Lillois connaissent. Le LOSC et le VfL Wolfsburg se sont affrontés à deux reprises lors de l’ Europa League 2014-2015. Les Dogues avaient fait match nul (1-1) au match aller en Allemagne grâce à un but de Divock Origi sur penalty. Au retour, les Loups , qui présentaient une véritable dream team avec Kevin De Bruyne, Luiz Gustavo, Yvan Perišić ou encore Niklas Bendtner…) , l’avaient emporté 0-3 au Stade Pierre Mauroy (voir encadré).

La braderie de Lille…

Cette fois, le duel entre Nordistes et Saxons ne provoque pas le même engouement. A tel point que le LOSC a dû mettre en vente en dernier recours, des places bradées à 20 euros la veille de la rencontre. Car la vente a été très calme et le stade Pierre-Mauroy risque de sonner un peu vide alors qu’il n’y a plus de huis clos. Un comble…

Il est vrai que le tirage au sort de cette Ligue des Champions a été clément pour le LOSC. Mais les adversaires ne font pas rêver: Séville, Wolfsburg et Salzbourg. Trois bonnes équipes. Mais certainement des clubs de prestige comme l’espéraient beaucoup de supporters. C’est presque une poule de Ligue Europa. Il restait ainsi 15 000 places à vendre lundi soir, malgré l’opération flash. Le pass sanitaire n’explique pas tout. Les faibles prestations du début de saison sûrement.

Des solutions limitées

La défaite à Lorient résume ce début laborieux. Pourtant, Jocelyn Gourvennec pourrait reconduire la même équipe face aux Allemands. Il est toujours privé de Bamba, Weah et Sanches (blessés). Celik a repris l’entraînement mais sera un peu juste. Bradaric et Pied ne sont pas qualifiés pour la Ligue des Champions. L’effectif est donc limité et les solutions de rechange rares. L’entraîneur se reposera sur ses cadres.

«  Il faut avoir l’esprit tueur dans les deux surfaces « 

Benjamin André, milieu du LOSC

 » On doit emmener les autres, on a cette responsabilité-là« , a ainsi expliqué Benjamin André.  » On a faim. Il y a deux ans, on avait fait des bons matchs mais au final on était reparti avec un point. Cette année, on a envie de gagner. Ça passe par la solidité. Quand on entend la petite musique, la bascule est rapide pour tout le monde. En Ligue des Champions, Il faut être ultra réaliste et avoir l’esprit tueur dans les deux surfaces« , déclare le Corse du LOSC.

Le LOSC comptera beaucoup sur Sven Botman et Burak Yilmaz.

Jocelyn Gourvennec est en plein accord sur ce point avec son taulier.  » En Ligue des Champions, le niveau est 2 ou 3 fois supérieur au championnat. C’est un honneur de jouer cette compétition. Il faut être à la hauteur et se mobiliser afin de hausser notre niveau d’exigence ».

Le coach lillois tient à dissocier les deux compétitions. «  Nous avions un sentiment de culpabilité samedi matin à l’entraînement, après la défaite à Lorient. Mais là, c’est une nouvelle page qui s’ouvre pour le club, avec un mini-championnat à six matches. C’est quelque chose d’emballant ».

Le LOSC doit mieux démarrer en Ligue des Champions

Pourtant, Gourvennec pas plus que André ne remettent en cause le schéma tactique. Le 4-4-2 qui a permis d’obtenir le titre la saison passée.

Benjamin André et Jocelyn Gourvennec en conférence de presse (photo JMD/Sports5962)

Il faudra donc bien démarrer cette phase de poules face à Wolfsburg. Un adversaire redoutable malgré sa faible renommée.

 » C’est une équipe très forte collectivement », affirme Benjamin André. » Elle présente un peu nos propres caractéristiques. Elle joue avec beaucoup d’intensité. Il y a des super joueurs et elle a obtenu de très bons résultats ».

Wolfsburg: une équipe redoutable

Avis confirmé par Jocelyn Gourvennec. » C’est une très bonne équipe, bien organisée, et équilibrée. Elle n’a subi que très peu de changements ». Ce qui explique peut-être que le VFL Wolfsburg soit en tête de la Bundesliga. Cette formation entraînée par l’ancien international néerlandais Marco Van Bommel ne compte pas de noms clinquants. Mais des joueurs de qualité, avec plusieurs français: Joshua Guilavogui, toujours présent; Maxence Lacroix et Jérôme Roussillon. Sans oublier quatre voisins belges dont le gardien Kuen Casteels, qui vient d’effectuer ses débuts avec les Diables Rouges.  » J’ai eu beaucoup de messages d’encouragement de mes proches. Mais curieusement, on ne m’a pas demandé de places pour ce match », s’étonne le gardien des Loups.  » C’est sans doute à cause du covid ».

Marco Van Bommel avoue ne pas trop connaître le LOSC. Il n’explique pas non plus son début de saison laborieux.  » Je ne sais pas vraiment ce qui se passe dans le championnat français et au sein du club, peut-être que ce sont leurs adversaires qui ont été très forts… Mais Lille est une équipe très forte, qui joue en bloc. Ce n’est pas pour rien s’ils ont été champions de France l’an dernier. C’est sûr qu’on ne va pas les sous-estimer.« 

Le clan des Français de Wolfsburg à l’entraînement au stade Pierre-Mauroy (photo JMD/Sports 5962)

On peut donc s’attendre à un duel intense entre le leader du championnat d’Allemagne, et des Champions de France motivés par une compétition qu’ils ont disputé quatre fois ces dix dernières années. Sans jamais y briller.

Encadré. SOUVENIRS, SOUVENIRS…

Personnellement, nous avions effectué le déplacement pour France 3 Nord-Pas-de-Calais en Basse-Saxe. Mon collègue journaliste reporter d’images (JRI) était Sergio Rosenstrauch. Je me souviens du but supersonique du rouquin belge Kevin De Bruyne, alors au début d’une grande carrière, qui avait arraché le match nul grâce à une reprise de volée « de b… » dans la lucarne. Mais ce soir-là, le LOSC avait été sauvé par son gardien Vincent Enyama, qui s’était déclaré littéralement « in fire (en feu) » après ce match. A l’image de toute sa saison d’ailleurs.

A l’époque, les journalistes voyageaient encore avec les joueurs. Nous avions atterri avec l’avion privé du LOSC dans le petit aéroport d’affaires de Brunswick, à 35km de Wolfsburg. Et c’est avec le même avion que nous étions repartis deux heures après le match en compagnie des Mavuba, Balmont ou Béria pour arriver à Lesquin vers 2 heures du matin. Une autre époque…

De nombreux supporters lillois avaient fait le déplacement. Ils avaient découvert cette ville totalement articielle construite au beau milieu de la forêt. Une cité commerçante bien équipée grâce à l’apport de Volkswagen. Image frappante, mais logique: le nombre de véhicules de la célèbre marque au chevron (« la voiture du peuple ») qui circulent dans cette ville aux allures d’Europe de l’Est.

Les deux équipes ont bien sûr totalement changé. Avec une exception: le joueur français Joshua Guilavogui, que l’on a connu notamment à Saint-Etienne, est toujours dans le club allemand, à 30 ans. C’était lui qui logiquement étair venu s’exprimer en conférence de presse avant la rencontre car les media français avaient fait le déplacement en nombre.

JMD

A propos de JEAN-MARC DEVRED 174 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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