CYCLISME : J’AI ROULE SUR LA PISTE OLYMPIQUE AVEC MATHILDE GROS ET MATTHEW RICHARDSON

Ligue des Champions piste

Rouler aux côtés de la championne du Monde de vitesse Mathilde Gros, mais aussi d’autres pointures de la piste comme Gavin Hoover, Pauline Grabosch ou Matthew Richardson, c’est un privilège qu’ont connu plusieurs journalistes lors d’une journée media organisée avant la Ligue des Champions au Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines. Certains étaient plutôt à l’aise car déjà habitués. D’autres comme moi effectuaient à cette occasion leur baptême de piste sur le futur anneau olympique. Avec des champions de cette trempe pour nous accompagner: l’expérience présentait donc une saveur particulière… Récit.

A Saint-Quentin-en-Yvelines, Jean-Marc Devred

Rouler sur un vélo seul ou entre amis lors d’une sortie cyclo le dimanche… Cela n’a pas grand chose à voir avec un test de vitesse sur piste face à quelques uns des meilleurs pistards du monde. J’ai eu l’occasion de m’en apercevoir le 3 novembre lors d’un media day proposé par les organisateurs de la Ligue des Champions.

Une vingtaine de journalistes avaient ainsi l’occasion de rouler sur la piste en bois de 250 mètres qui avaient accueilli les championnats du Monde quelques jours auparavant. Si certains de mes confrères avaient déjà l’expérience de la piste, ce n’était pas du tout mon cas. J’ai toujours été impressionné par l’inclinaison impressionnante des virages (44 degrés). Exactement comme au Stab de Roubaix où je n’ai jamais osé tenter l’expérience.

Vidéo Dailymotion Cyclism’Actu. Le clip de la journée media avant la Ligue des Champions sur piste.

L’expérience des débutants

Après une séance d’habillage et de shooting qui nous mettait mettait déjà la pression, place à l’équipement: casque, chaussures à cales automatiques et vélo de piste. Des modèles bien différents des vélos de route. Ultra légers mais sans frein, avec un pignon fixe qui oblige à tout le temps pédaler.

Heureusement, les instructeurs du vélodrome, très disponibles, nous briefent avant. Il faut donc chausser les pédales automatiques en s’accrochant tout de suite à la rembarde. Il faut également apprendre à avancer en glissant le bras gauche sur la barre et pousser fort pour se lancer, afin de trouver tout de suite l’équilibre. J’ai l’impression de réapprendre à faire du vélo, comme dans ma tendre enfance.

Première action du programme découverte: quelques tours sur la zone de sécurité, la partie plate de l’anneau pour prendre le vélo en mains. Un instructeur mène le peloton avec déjà une première directive: rester le plus possible l’un derrière l’autre, en évitant de laisser trop d’écart.

Une fois cette « mise en bouche » réalisée, il faut s’arrêter sans descendre du vélo en accrochant la rembarde. Et donc ralentir suffisamment pour attraper cette rembarde sans risque de chute. Pas si évident que cela… J’ai ainsi dû faire un tour supplémentaire pour ralentir car j’arrivais trop vite pour m’arrêter proprement. Un peu la même chose que sur une patinoire où il faut éviter de se jeter sur la lice…

Une vitesse minimum pour tenir l’équilibre

Seconde étape, les choses sérieuses: il faut aller cette fois sur la piste en bois qui est déjà inclinée en bas. Prendre la « côte d’azur », une large bande bleue de 70 cm qui permet de se lancer ou de ralentir. Cette partie est bombée. Pas rassurant, mais finalement, le « truc » se prend assez vite.

C’est le moment où les instructeurs du Vélodrome national nous demandent de monter encore, d’abord vers la ligne noire, tracée 20 cm au-dessus de la côte d’azur. L’inclinaison est plus forte et pour tenir l’équilibre, il faut rouler à 28 km/h. C’est le formateur en vélo qui donne le rythme, d’où l’importance de bien suivre toute la file de rouleurs. Malgré l’appréhension, j’y parviens plus ou moins.

Mais je découvre la vraie difficulté: redescendre dans les virages, mais en accélérant. Car si la vitesse est trop faible, c’est la chute assurée. J’ai failli m’en apercevoir quand j’ai commencé à « berloquer ». Heureusement, ma modeste pratique du cyclotourisme m’a appris à ne pas paniquer et à appuyer sur les pédales pour stabiliser le vélo. De toutes façons là, on ne peut pas freiner…

Le briefing avec les instructeurs du Vélodrome National (photo Llegon/TCL)

Ensuite, les plus à l’aise peuvent dépasser la ligne rouge (située à 90 cm du bord), puis la ligne bleue (à 2m50). Trop dur pour moi car il faut augmenter la cadence et je transpire déjà. Quant à monter tout en haut des virages les plus inclinés, personne ne le fera. Il faut pour tenir l’équilibre rouler à 35 km/h minimum. Et surtout ne pas être impressionné d’aller tout là haut.

Un 200m lancé contre le vice-champion du Monde

Finalement, je décide de revenir tranquillement sur la côte d’azur, et de décélérer progressivement pour m’arrêter. Ouf, je ne suis pas tombé. C’était mon seul challenge. Mais un autre plus sérieux nous attend: un test chronométré. Faire un 200m lancé comme les sprinters. Nous sommes avant cela équipés comme les champions d’un cardio fréquence mètre et d’un capteur de puissance.

Après, Mathilde Gros nous montre l’exercice à réaliser. La championne du Monde fait deux tours d’élan et prend progressivement de la vitesse. Elle monte tout en haut du virage avant de plonger vers la ligne blanche située dans l’autre virage. C’est là que le chrono se déclenche. La championne artésienne franchit à pleine vitesse cette ligne avant de boucler la distance sur la ligne d’arrivée en une dizaine de secondes. Impressionnant…

Sous l’oeil complaisant de Sir Chris Hoy, une légende du sprint, nous faisons chacun notre « lap lancé ». Nos données sont relevées par les capteurs pour être comparées ensuite au 200m de référence établi avant nous par le vice-champion du monde Matthew Richardson. Dans mon cas, pas de surprise. Je ne prends pas suffisamment d’élan car je reste prudemment collé à la côte d’Azur. Je fais les 200m pas vraiment à fond car je suis prudent dans le virage. Rien à voir avec un sprint en ligne droite sur bitume dans une course sur route.

Arrivera après le verdict impitoyable de la comparaison avec le champion sur ce lap time au Vélodrome national.

Des chiffres impitoyables

Mes performances sont proches du ridicule (même pour un senior) comparées au sprinter australien: 9 secondes 61 pour Richardson, 23″85 pour moi ! Une vitesse de presque 75 km/h pour lui contre un peu plus de 30 pour moi… Ma fréquence cardiaque est restée limitée à 172 battements par minutes, preuve que je ne me suis pas donné à fond, vu mon appréhension de la piste. Inutile de préciser qu’aucun stagiaire, même les plus jeunes et les plus sportifs, n’ont approché le sprinter des Antipodes.

Mais j’aurais désormais des références chiffrées pour la suite. Car cette expérience au Vélodrome national m’a convaincu de poursuivre cette fois sur le vélodrome de Roubaix. Une chose est sûre: je n’aurais pas de mal à battre mes premiers « records », tant sur le chrono, la vitesse ou la puissance déclenchée en watts… Le challenge sera plutôt de monter le plus haut possible sur l’anneau en bois, tout près des balustrades.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 917 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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