CYCLISME : L’EQUIPE DE FRANCE D’ENDURANCE PREPARAIT LES MONDIAUX SUR PISTE A ROUBAIX

Roubaix équipe de France piste
Les poursuiteurs tricolores en plein effort sur la piste de Roubaix (photo JMD/Sports 5962)

Les championnats du Monde de cyclisme sur piste 2022 se déroulent du 12 au 16 octobre au vélodrome national de Saint-Quentin-en-Yvelines. Et cela un an seulement après le Stab de Roubaix. Les tricolores, au nombre de 20, auront à coeur de briller. Et c’est justement à Roubaix que l’équipe de France d’endurance est venue en stage trois semaines avant ces Mondiaux sur piste 2022. Le vélodrome roubaisien est devenu un lieu d’entraînement prisé pour nos pistards, à deux ans des Jeux Olympiques de Paris.

L’automne commençait à s’installer sur les Hauts-de-France à la mi-septembre. Pas gênant pour l’équipe de France venue se préparer au vélodrome couvert de Roubaix, le Stab (en souvenir de Jean Stablinski). L’équipement roubaisien est devenu un centre de préparation incontournable pour les tricolores de Steven Henry, l’entraîneur national de l’endurance.

L’effectif n’est pas tout à fait complet au début du stage. Thomas Boudat se remet de sa blessure à la clavicule. Son équipier de Go Sport Roubaix Lille Métropole Thomas Denis arrive lui au milieu du stage. D’autres coureurs comme Benjamin Thomas (Cofidis) sont encore pris par la route. Nous sommes effectivement entre le Grand Prix de Fourmies et celui d’Isbergues où sont engagés les « pistards-routiers », chez les hommes comme chez les femmes.

Quelques absents notables

Sur la piste de Roubaix, l’équipe de France est comme chez elle. L’hôtel n’est pas loin. Si bien que tous les coureurs viennent au vélodrome en vélo… de route bien sûr. Dix coureurs (6 hommes, 4 femmes) participent à ce stage dont est également absente la régionale de l’étape Victoire Berteau, qui dispute justement les Grand Prix de Fourmies et d’Isbergues féminins.

Steven Henry dirige les fondeurs français depuis de nombreuses années (photo JMD/Sports 5962)

Mais ces absences ne gênent pas trop l’entraîneur national Steven Henry.  » Non parce qu’on fait certains entraînements individualisés. Pour les filles, on arrive à puiser chez les jeunes. Je pense ici à Lara Lallemant et Jade Labastugue qui sont là pour travailler à quatre. Chez les garçons, on a un collectif plus large que quatre coureurs. Quand il en manque un ou deux, on arrive quand même à compenser… Initialement il devait avoir Thomas Boudat. Mais il s’est cassé la clavicule. Il n’aurait dû manquer que Benjamin Thomas. On arrive donc à bien travailler même si un ou deux athlètes sont absents. »

Les Bleus chez eux à Roubaix

Dans cette période de préparation pré-Mondiaux, le chef des fondeurs apprécie beaucoup les conditions de travail et l’accueil à Roubaix.

Vidéo Sports 5962. Steven Henry, l’entraîneur national d’endurance, sur le stage à Roubaix.

Dans la groupe, on retrouve aussi Corentin Ermenault. Le Picard a quitté le peloton professionnel dans lequel il n’a pas réussi à s’intégrer. Il est repassé amateur et courre sur route pour l’équipe d’Aix-en-Provence. Et surtout, il est revenu à ses premiers amours, la piste, qu’il avait délaissé.

Le rouleur de la Somme retrouve l’équipe de France. Avec peut-être l’ambition de devenir champion olympique de poursuite par équipes comme son père Philippe Ermenault en 1996 à Atlanta. C’est en tous cas un renfort de choix pour l’équipe de Steven Henry.

Une équipe de poursuite championne d’Europe

Autre renfort: celui de Quentin Lafargue. Le champion du Monde 2019 du kilomètre est lui un sprinter. Mais il a apporté sa puissance à Munich en premier relayeur pour lancer ses trois équipiers. Coup de poker réussi. Les Français ont gagné le titre européen. Lafargue poursuit sa collaboration tout en continuant à disputer le kilomètre, sa spécialité.

 » Le travail que l’on me demande de faire se rapproche beaucoup de ce que j’étais capable de faire, quand je faisais beaucoup le kilomètre. C’est super intéressant. J’ai une première expérience aux championnats d’Europe et ça s’est super bien passé. J’espère que cela va continuer et que l’on va pouvoir aller chercher d’autres médailles. »

A Roubaix, Quentin Lafargue retrouvait Valentin Tabellion. Le poursuiteur de Go Sport Roubaix Lille Métropole connaît bien sûr parfaitement l’anneau du Stab pour s’y entraîner souvent. Valentin a connu une saison difficile, contrariée par le covid et les blessures. Mais il est revenu bien en forme depuis Munich. Et il sera un pion essentiel du team tricolore.

Mondiaux piste Roubaix
Valentin Tabellion connaît parfaitement la piste de Roubaix (photo JMD/Sports 5962)

 » J’ai soufflé un bon coup après le Tour de Poitou-Charentes parce que j’en avais besoin », confie Valentin Tabellion. » J’avais beaucoup enchaîné après ma blessure en avril, au moment de la Coupe du Monde de Glasgow. Je n’ai pas eu de repos et j’avais besoin de souffler. C’est important d’échanger avec le sélectionneur et les entraîneurs. Là, je suis remobilisé. On sait tous pourquoi on est là et ce que l’on veut aller chercher au Mondial… Je suis prêt et déterminé à bien finir la saison. »

Au passage, le poursuiteur roubaisien rappelle les galères qu’il a accumulé en début d’année.

Vidéo SPORTS 59/62. Valentin Tabellion évoque son année compliquée.

Un stage profitable pour les Mondiaux

Après tous ces problèmes, le titre européen a totalement relancé le jeune coureur qui part avec fraîcheur et ambition pour ses deuxièmes Mondiaux à domicile, après la médaille d’argent acquise l’en passé à Roubaix.

Participait aussi à ce stage de l’équipe de France piste au Stab de Roubaix le champion du Monde du scratch Donovan Grondin. Le jeune Adrien Garel et quatre féminines (Clara Copponi, Marion Borras, Jade Labastugue et Lara Lallemant) complétaient l’effectif. Les trois premières figurent dans la sélection française à Saint-Quentin-en-Yvelines.

Preuve que ce stage a été productif. D’ici Paris 2024, on reverra régulièrement les Bleus s’entraîner au Stab de Roubaix dans des conditions qu’ils apprécient.

LES DELEGATIONS ETRANGERES APPRECIENT EGALEMENT ROUBAIX

Le champion du Monde de vitesse Harrie Lavreysen cette semaine à Roubaix (photo JMD/Sports 5962)

A une semaine des championnats du Monde sur piste à Saint-Quentin-en-Yvelines, d’autres sélections nationales sont venues, comme l’équipe de France, se préparer au Stab de Roubaix. C’était le cas de la sélection du Japon, entraînée par le Lensois Benoît Vétu. Mais aussi et surtout, de celles de Nouvelle-Zélande et des Pays-Bas, qui se sont partagé l’anneau roubaisien toute la semaine, en ouvrant leur entraînement au public.

On a ainsi pu voir les champions du Monde de vitesse Harrie Lavreysen, Jeffrey Hoogland et Roy Van den Berg évoluer avec leur maillot arc-en-ciel. Alors que les « All Blacks » étaient au grand complet avec notamment le vice-champion du Monde de l’omnium à Roubaix, Aaron Gate.

Nul doute que le Stab accueillera de plus en plus de délégations étrangères lors des deux prochaines années. Le vélodrome roubaisien est en effet labellisé centre de préparation olympique pour Paris 2024.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 917 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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