CYCLISME : LES COUREURS DE GO SPORT ROUBAIX ESPERENT ENCORE

Go Sport Roubaix
La présentation de l'équipe roubaisienne à Béthune (photo Pierre Willemetz/Sports 5962)

Les coureurs de Go Sport Roubaix Lille Métropole avaient une semaine chargée, dans un avenir incertain. Trois courses à leur programme: le Samyn en Belgique, puis le week-end d’ouverture dans le Nord avec le Tour des Cent Communes et le Grand Prix de Lillers. Trois courses de niveau différent, mais avec un impératif pour eux: se montrer. Après la mise en redressement judiciaire de la société Go Sport, le VC Roubaix est à la recherche d’un nouveau partenaire privé pour combler les 500 000 euros manquants pour boucler la saison.

Pas facile dans ces conditions d’avoir totalement la tête à la course. Le désistement de Go Sport, c’est tout simplement 45% du budget 2023 qui part. En début d’année, alors que la saison venait déjà de démarrer, le coup était dur. Et surtout pas attendu, même si on pouvait se poser des questions après la liquidation de Camaïeu, qui faisait partie de la même holding que Go Sport.

Après des championnats de France sur piste triomphants à Roubaix, la douche écossaise est tombée à la veille des premières courses route, avec la décision du tribunal de commerce. Toute la structure pro, mais aussi l’ensemble du club, était plongés dans l’incertitude la plus totale, avec un président inscrit aux abonnés absents.

Changement de gouvernance

Celui-ci, Wilhelm Hubner, a fini par démissionner, tout en restant au conseil d’administration. L’ancien champion Alain Bondue a assuré brièvement l’intérim, avant de laisser place à Alain Bracke, le père du jeune pistard Théo Bracke.

Go Sport Roubaix Béthune
Les Roubaisiens ont essayé de contrôler le Tour des 100 Communes (photo Pierre Willemetz/Sports5962)

Pendant ce temps, les coureurs professionnels ont attaqué leur saison au Grand Prix de la Marseillaise, avec le moral dans les chaussettes… Et les équipements de la saison passée, puisque Go Sport reste malgré tout partenaire, tant qu’il existe. Mais à la suite de cette décision juridique, les collectivités, qui assurent 65% du budget, ont bloqué leurs subventions.

Rencontré à Béthune, le manager Daniel Verbrackel se veut résolument optimiste, malgré la gravité de la situation. « On avance. Doucement, mais on avance. Nous sommes toujours sous contrat avec Go Sport. Mais on anticipe la continuité de l’équipe en travaillant durement à la recherche de partenaires. Nous avons des pistes sérieuses avec des entreprises régionales et extra régionales. Nous avons des raisons d’être optimistes. Mais tant que rien n’est signé, ce ne sont que des contacts très avancés. »

Des économies sur les déplacements

Par mesure d’économie, le team pro a décidé de ne plus aller au delà de 500 km. C’est ainsi que la Drôme Ardèche Classic a été mise de côté. D’autant que le parcours ne se prêtait pas au profil des coureurs roubaisiens. Ils n’iront pas non plus sur certaines manches de Coupe de France comme le Tro Bro Léon. Ceux-ci sont plus à l’aise sur les routes ventées du plat pays. Ils étaient bien conscients qu’il leur fallait se montrer sur ces courses dans le Nord et en Belgique, afin d’attirer des sponsors.

« Nous conservons un état d’esprit de battants, de guerriers »

Maxime Jarnet, coureur de Go Sport Roubaix Lille Métropole

« C’est vrai que pour l’équipe, c’est une période délicate », confie le Boulonnais Samuel Leroux. « Mais on est encore sur les courses et c’est le principal. Nous gardons l’esprit combatif. C’est allant de l’avant qu’on pourra trouver des sponsors. »

Des propos que corrobore son jeune équipier Maxime Jarnet. « Nous conservons un état d’esprit de battants, de guerriers. Ce n’est pas facile pour tout le monde, coureurs ou staff. Mais plus on a des résultats et plus on se montre; cela servira à notre direction pour trouver des partenaires. Nous sommes tous dans le même bateau. A nous de faire des efforts et d’avoir des résultats.« 

Vidéo SPORTS 59/62 – Cyclism’Actu. Daniel Verbrackel, Samuel Leroux et Maxime Jarnet expliquent la situation de l’équipe

On l’a déjà vu pour l’ouverture de la saison en Wallonie, au Grand Prix Samyn. Norman Vahtra, Maxime Jarnet et Samuel Leroux se sont montrés dans le peloton de tête. On a même vu le Boulonnais attaquer le dernier tour en tête dans une épreuve relevée.

Le soutien de Johan Museeuw

Le plateau l’était moins au Tour des 100 Communes et au Grand Prix de Lillers, classés en 1.2 par l’UCI. Dans ces deux courses qui mélangeaient amateurs d’élite et pros des équipes continentales, Go Sport Roubaix voulait jouer les premiers rôles. A défaut de victoire, les Roubaisiens ont montré le maillot en essayant de contrôler les deux courses. Ils décrochent même un podium avec la 2ème place de l’Estonien Vahtra à Lillers, à un souffle de la victoire. Encourageant…

Un supporter de poids était au départ de ces différentes courses. C’est Johan Museeuw en personne. Le multiple vainqueur du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix (3 fois chacun) suit de près l’équipe roubaisienne. Son fils Stefano a en effet intégré le team nordiste, réputé pour être une excellente structure formatrice.

Go Sport Roubaix
Johan Museeuw en discussion avec l’organisateur du Tour des 100 Communes Samuel Pelcat (photo JMD/Sports 5962)

La motivation des coureurs de Go Sport Roubaix est rassurante malgré cet avenir incertain Pour l’instant, ceux-ci sont sûrs de pouvoir courir jusqu’aux 4 Jours de Dunkerque au mois de mai. « Les coureurs sont en contrat chez nous jusqu’au 31 décembre. A nous d’assumer et d’assurer un avenir sportif », conclue Daniel Verbrackel.

Tout espoir n’est donc pas perdu pour le team continental nordiste. 500 000 euros, c’est certes une somme. Mais rien de comparable aux investissements consentis dans d’autre sports comme le football. On suivra de près les performances des coureurs de Go Sport Roubaix Lille Métropole, qui auront à coeur de se montrer dans les prochaines courses, et d’éclaircir cet avenir. En animant des courses de Coupe de France notamment, comme ils l’ont fait la semaine dernière sur les routes du Nord.

On les retrouvera ainsi au Grand Prix de Denain le 16 mars. Une autre course sur leurs terres, où ils aimeraient rester malgré le contexte économique défavorable.

MADS PEDERSEN GAGNE LA DEUXIEME ETAPE DE PARIS-NICE

L’ancien champion du Monde Mads Pedersen gagne au sprint à Fontainebleau (photo ASO/Aurélien Vialatte)

Les probabilités ont été respectées quant au scénario de la deuxième étape de Paris-Nice, qui s’est achevée par un sprint massif devant le somptueux château de Fontainebleau. Au terme d’une longue ligne droite, Mads Pedersen s’est montré le plus puissant. Il devance le Néerlandais Olav Kooij et son compatriote danois Magnus Cort-Nielsen.

Il s’agit du deuxième succès sur Paris-Nice pour l’ancien vainqueur du GP d’Isbergues, qui s’empare de plus du maillot de leader de la course qu’il portera sur le chrono par équipes de demain. Au classement général, il devance de deux secondes Tadej Pogacar, qui a de nouveau pris les six secondes de bonifications sur le sprint intermédiaire placé dans le final.

Bryan Coquard loupe son sprint et son équipier de Cofidis Alexis Renard termine 9ème, juste devant le Picard Arnaud Démare, toujours à la recherche de sa meilleure forme.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1643 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.