LE PREMIER PARIS-ROUBAIX FEMININ DE L’HISTOIRE, AVEC LES MEILLEURES MONDIALES

Paris-Roubaix féminin
Thierry Gouvenou et Franck Perque ont présenté Paris-Roubaix féminin à l'hôtel de ville de Denain (photo JMD/Sports5962)
  • 129 pionnières prendront le départ de la première édition de Paris-Roubaix féminin samedi à Denain (13h35). Au menu: 116,4 kilomètres en direction du vélodrome de Roubaix, avec 29,2 kilomètres de pavés. Une semaine après les Mondiaux, les médaillées de Louvain se départageront notamment sur les secteurs de Mons-en-Pévèle et du Carrefour de l’Arbre. La tranchée d’Arenberg, trop proche du départ, n’y figure pas. Mais l’Italienne Elisa Balsamo, la Néerlandaise Marianne Vos et la Polonaise Kasia Niewiadoma auront de nombreuses rivales sur ces territoires nouveaux pour elles.

Après deux ans et demi d’absence, Paris-Roubaix renaît, en ce premier dimanche d’octobre. Mais la principale nouveauté, c’est l’organisation du premier Paris-Roubaix féminin, la veille. Et pour cette première historique, Amaury Sports Organisation (ASO), a décidé de mettre les moyens pour faire de cette première, une réussite.

Après un longue période d’indifférence, ASO se lance totalement dans le cyclisme féminin. L’été prochain, les organisateurs de la Grande Boucle vont relancer le Tour de France féminin, après l’avoir arrêté en 1989. La Grande Boucle féminine avait été organisée six fois, entre 1985 et 1985. Malgré la présence de Jeannie Longo et Maria Canins, l’épreuve n’avait pas vraiment pris auprès du public et des sponsors.

Une première très médiatisée

Parallèlement au Tour de France, ASO organise pour la première fois Paris-Roubaix en version féminine. Et là aussi, la société d’Issy-les-Moulineaux met le paquet pour médiatiser l’épreuve. La course sera diffusée dans le monde entier, comme pour les hommes. Sur son site, la société du Tour parle abondamment de la course féminine. Elle a ainsi publié une série de portraits de championnes, qui prendront part à cette première édition.  » Quand les Roubaisiennes entrent en scène », c’est le nom de cette série. Celle-ci présente les portraits de Audrey Cordon-Ragot, Chantal Blaak, Elisa Longo Borghini, Cécile Uttrup-Ludwig. et Lisa Brennauer.

Audrey Cordon-Ragot sur les pavés (photo ASO)

Ainsi, la championne de France Audrey Cordon-Ragot, avoue en rêver depuis son adolescence. « Tous ceux qui se sont imposés placent cette victoire au-dessus des autres. Il y a quelque chose de mythique parce que c’est une course de guerriers, on y marque l’histoire du cyclisme. »

Et cette révélation surprenante: « J’ai eu l’occasion d’échanger sur le sujet avec John Degenkolb et aussi Mads Pedersen. Celui-ci m’a par exemple donné le conseil de ne pas porter de gants. Au départ, j’ai cru qu’il se moquait de moi mais je l’ai tout de même écouté et je n’ai pas eu une seule ampoule »

Pour l’ancienne championne du Monde néerlandaise, Chantal Van den Broek- Blaak, « on ne peut comparer les pavés de Roubaix à aucune autre course. Je prends toujours l’exemple des Flandres, mais sur le Ronde, si tu es vidé, tu peux toujours essayer de t’en sortir, alors qu’à Roubaix, c’est impossible. C’est plat et il n’y a pas beaucoup de temps morts entre les secteurs. Et les pavés sont vraiment difficiles, ça rebondit. »

Un parcours sans Arenberg

Cette première édition a été présentée à la presse le mardi 28 septembre, lors de la traditionnelle reconnaissance des pavés. Thierry Gouvenou était accompagné du premier directeur de course de l’épreuve. Un garçon bien connu dans les Hauts-de-France puisqu’il s’agit de l’ancien pistard amiénois Franck Perque.

Celui-ci s’est félicité du plateau réuni samedi à Denain. Les meilleures coureuses mondiales seront là.  » La proximité des championnats du Monde, sur un parcours flandrien même s’il était différent de Paris-Roubaix, a facilité la présence des meilleures qui ont voulu doubler à quelques jours d’intervalle« , a confirmé Thierry Gouvenou, le directeur de course de Paris-Roubaix.

Le parcours de Paris-Roubaix féminin (document ASO)

Le final sera le même que celui des hommes, à l’exception de la trouée d’Arenberg. Celle-ci est située trop près du départ. » Attaquer les pavés à Arenberg aurait été trop violent « , explique aussi Thierry Gouvenou. Pour leur baptême du pavé, les coureuses vont affronter une portion plus digeste de 29,2 kilomètres, avec 17 secteurs au programme. Les deux parcours se rejoignent à 85 kilomètres de l’arrivée, alors que les dames se seront élancées de Denain depuis 33,9 kilomètres. Elles débuteront par le secteur quadruplement étoilé menant de Hornaing à Wandignies, long de 3,7 km. Pour elles aussi, l’exigeante route du vélodrome passe par les secteurs de Mons-en-Pévèle et du Carrefour de l’Arbre !

L’envie de la découverte du Paris-Roubaix féminin

Parmi les pointures, présentes: Elisa Longo Borghini. A 30 ans, la championne italienne va un peu à Roubaix en « pélerinage ». Son frère Paolo a en effet disputé Paris-Roubaix durant sa carrière pro entre 2000 et 2010. La numéro 3 mondiale est une spécialiste des Strade Bianche. Pour autant, elle ne se classe pas parmi les favorites et annonce se mettre au service de la Néerlandaise Ellen Van Dijk. » Le pavé, évidemment, ne me fait pas peur. Je suis cycliste professionnelle et je dois m’adapter aux courses qui me sont données. J’ai déjà bien en tête tous les secteurs pavés mais nous allons faire encore des reconnaissances dans la semaine précédant l’épreuve. Et au tout dernier moment, nous procèderons aux dernières évaluations pour décider quelles roues utiliser, quels pneumatiques et quoi mettre sur les mains, courir avec ou sans gants. On règlera les derniers détails. »

 » Que la course soit rapide ou lente, vous serez forcément épuisée à la fin »

Chantal Blaak

Chantal Van Den Broek – Blaak, au contraire, jouera sa carte personnelle. « Normalement, je suis bonne dans les courses très difficiles, quand ça a été dur toute la journée et qu’il y a un final corsé à venir. Roubaix, que la course soit rapide ou lente, vous serez forcément épuisée à la fin. Je pense que cela en fait une bonne course pour moi. »

L’Allemande Lisa Brennauer vise également la victoire. Avec plusieurs podiums dans des classiques pavées comme le Tour des Flandres et Gand-Wevelgem, elle a déjà prouvé sa capacité à s’exprimer sur des épreuves difficiles dans des conditions éprouvantes : « Je pense vraiment que c’est une course qui me convient. » Au lendemain des Mondiaux, Brennauer s’est directement rendue à Roubaix pour une nouvelle reconnaissance des pavés.

Les championnes motivées par Paris-Roubaix féminin

Parmi les favorites de ce premier Paris-Roubaix féminin, on n’oubliera pas non plus l’inusable Hollandaise Marianne Vos, 2ème au Mondial de Louvain. La championne du Monde Elisa Balsamo, 2ème au Grand Prix d’Isbergues, et la Polonaise Kasia Niewiadoma seront certainement dans le coup, tout comme la numéro 1 mondiale Annemiek Van Vleuten, qui a également reconnu les pavés.

Rendez-vous à 13h35 samedi pour le départ fictif qui sera donné face à l’hôtel de ville de Denain.

Les engagées dans Paris-Roubaix féminin

A propos de JEAN-MARC DEVRED 174 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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