ROUTE DU RHUM 2022 : CHARLIE CAPELLE, DE BOUCHAIN, L’HERITIER DE MIKE BIRCH

Route du Rhum Charlie Capelle
Charlie Capelle à Saint-Malo sur son trimaran (photo JMD/Sports 5962)

Charlie Capelle, c’est un habitué de la Route du Rhum. Il prendra ainsi le 6 novembre le départ de sa 6ème Transat française sur son petit trimaran « A Capella ». Cet ancien patron de chantier naval aujourd’hui retraité coure pour le fun. Installé de longue date à Lanester, pas très loin de Thomas Ruyant, Charlie Capelle est né dans le Nord, à Bouchain. Cela avant d’émigrer très vite sous d’autres cieux, avec ses parents nordistes. Et il est venu à la voile en admiration pour Mike Birch.

C’est un personnage dans le Morbihan, où il a construit un chantier naval. Mais aussi dans les milieux de la course au Large, où Charlie Capelle excelle, comme amateur éclairé. Mais ce Breton d’adoption est en fait un Nordiste de souche. Il est né à Bouchain le 15 mars 1955, de parents nordistes. Mais la famille a émigré peu après à Mirecourt, dans les Vosges, avant que le jeune Charlie prenne son envol en Bretagne, où il va fonder un chantier naval à Saint-Philibert, près de la Trinité-sur-Mer.

Vidéo Sports 59/62. Charlie Capelle rappelle ses origines nordistes.

Aujourd’hui, le chef d’entreprise d’origine nordiste a pris sa retraite. Mais il continue à naviguer sur son trimaran mythique construit il y a 40 ans, en hommage à Mike Birch. Avec l’âge, il a de moins en moins de parents proches dans le Nord. Mais il n’oublie pas que son père repose à Bouchain, dans sa terre à laquelle il était virtuellement attaché.

Sa 6ème Route du Rhum à la façon de Mike Birch

Le 6 novembre, Charlie Capelle prendra pour la 6ème fois le départ de la Route du Rhum. Ce sera même le 7ème pour son petit trimaran « A Capella ». Ce bateau est la copie conforme, le sistership du voilier avec lequel Mike Birch avait remporté la première Route du Rhum en 1978. Ironie du sort, le skipper canadien s’est éteint ce mercredi 26 octobre dans le Morbihan, où il résidait depuis longtemps. Birch tire sa révérence à l’âge de 90 ans, quelques jours avant le départ de la 12ème édition (Voir ci-dessous). Le Canadien était son mentor. Et Charlie Capelle a été le premier a annoncé la triste nouvelle.

« A Capella La Chaîne de l’Espoir » lors de la parade d’ouverture (photo Arnaud Pilpré/RDR2022)

« J’ai eu la chance de faire mon apprentissage chez Walter Greene, dans un chantier où il construisait un bateau avec sa famille », explique ainsi Capelle sur le site de la Route du Rhum. » ll débutait sa carrière après sa victoire sur le Rhum. J’ai participé à la construction de ce bateau avec d’autres camarades et si je n’avais pas rencontré Mike, je n’aurais probablement jamais fait de course au large. »

Et c’est bien en souvenir de Birch que le chef de chantier naval a créé les sistership de l’Olympus avec lequel le Canadien s’était imposé en 1978. Des petits trimarans jaunes appelés « A Capella ». A cette occasion, Charlie Capelle avait noué une amitié de plus de 40 ans avec le premier vainqueur de la Route du Rhum. En 2014, il avait ainsi eu l’occasion de naviguer à Saint-Malo avec son idole, qu’il côtoyait régulièrement dans le Morbihan.

L’hommage à Mike Birch, avant la Route du Rhum 2014, avec Charlie Capelle.

Charlie Capelle, un passionné de la Route du Rhum

44 ans après la victoire historique de Mike Birch, Charlie Capelle continue à naviguer par passion, en hommage à son vieil ami canadien, disparu ce jour. Nous l’avions rencontré la veille où il nous déclarait ceci.

« Je ne coure pas pour gagner. Ma démarche est avant tout historique« , rappelle ainsi Charlie Capelle. » L’ADN de la Route du Rhum s’est faite autour des « A Capella ». On va se tirer la bourre avec l’autre sistership, « Happy », de Laurent Etheimer . Pour nous, la Route du Rhum est avant tout une aventure. J’ai la chance à 67 ans de repartir. Je suis en forme. J’ai le record de participations avec le même bateau en vue. Mais comme je n’ai jamais mis moins de 21 jours pour faire la traversée, mon objectif, c’est de mettre 20 jours cette année. »

Sur ses six participations, Charlie Capelle en a terminé quatre. Il a chaviré en 2006, avant d’être récupéré sain et sauf. Et de récupérer son bateau après. Et il a abandonné en 2018, suite aux conditions météo dantesques.  » Je suis propriétaire de mon bateau. Je n’ai pas de sponsor. Avec mon expérience de vieux roublard, je me suis dit que si j’y allais, j’allais casser ou avoir un accident. Avec l’âge, je suis devenu plus sage. »

Charlie Capelle défendra la cause de la Chaîne de l’Espoir (photo JMD/Sports 5962)

S’il n’a pas de sponsor, le marin natif de Bouchain est épaulé par des donateurs ainsi que la société Proludique. Mais sur cette course, il offre son espace publicitaire à l’association « la Chaîne de l’Espoir ». Celle-ci va chercher des enfants gravement malades dans des pays pauvres, pour les faire opérer en France. Une quarantaine d’enfants ont ainsi été sauvés l’an passé par cette association caritative.

Pour aider les enfants malades

Skipper amateur, mais expérimenté, Charlie Capelle participe régulièrement à un circuit de courses en équipages, les Multi 2000, qu’il a gagné ces dernières années. Avec là aussi une démarche innovante.  » Je ne fais naviguer sur ces courses que des apprentis de mon chantier. J’ai eu la chance d’embarquer comme cela. C’est pourquoi je veux à mon tour offrir cette chance de naviguer aux jeunes. »

Charlie Capelle est donc un passionné…  » Chiant à vivre, comme tous les passionnés », confie t’il. A 67 ans, il a encore des projets voile. Le principal, participer à la Transat Jacques Vabre, car il adore la navigation en double, alors que le Vendée Globe ne l’intéresse pas. Mais la classe Rhum Multi n’est pas admise dans la Transat normande. «  On est en train de négocier avec les organisateurs pour faire changer cela. » Ou alors pour créer leur propre épreuve pour les voiliers « vintage », comme le sien.

Mais avant cela, ce marin aux racines nordistes va participer à sa 6ème Route du Rhum, dans l’espoir de la terminer donc en 20 jours. Et surtout, de continuer à prendre du plaisir sur l’eau, maintenant qu’il n’a plus les charges du chef d’entreprise sur les épaules.

A Saint-Malo, Jean-Marc Devred

MIKE BIRCH LA LEGENDE PART EN PLEINE ROUTE DU RHUM

Mike Birch avait gagné la première Route du Rhum en 1978 (photo DR Jean-Pierre Prével/AFP)

La nouvelle a secoué le village de la course ce mercredi 26 octobre. Mike Birch est mort à l’âge de 90 ans dans son domicile du Morbihan. Le Canadien, par qui tout a commencé lorsqu’en 1978, son petit trimaran jaune s’adjugea la victoire de 98 secondes devant le monocoque de Michel Malinovsky, est indissociable de l’histoire du multicoque et de son avènement dans la course au large.

Avant la course au large, Mike Birch avait convoyé des bateaux, apprenant un métier de marin qui était loin d’être sa première vocation. Né à Vancouver, il fût tour à tour mineur, ouvrier dans le pétrole, cow-boy, avant de poser un autre regard sur l’horizon.

C’est pourtant à 44 ans que Mike Birch s’aligne au départ de sa première transat, la redoutable édition 1976 de l’OSTAR entre Plymouth et Newport. Il enchaîne sur sa victoire dans la Route du Rhum 1978 et construit ensuite plusieurs multicoques sur plans Nigel Irens. Le petit 50 pieds Vital d’abord puis Formule Tag, grand catamaran de 26 mètres qui lui offrit la victoire dans Monaco New-York en 1985.

Vinrent ensuite les années ORMA, ces trimarans de 18,28 m sur lesquels Mike s’est adjugé par deux fois la troisième place sur la Route du Rhum – Destination Guadeloupe. La reine des transats était bel et bien indissociable de la vie du marin, lui qui s’aligna sept fois au départ.

 « Dans l’histoire de ce grand marin, on retrouve la magie, le mythe, l’aventure, tout ce qui a fait que la course rencontre un vrai succès populaire et sportif. Il y a dans son histoire l’aventure humaine du marin, l’aventure sportive, l’aventure technologique car sa victoire a marqué l’avènement des multicoques. » C’est ce que déclarait en guise d’hommage ce matin Joseph Bizard, Directeur Général d’OC Sport Pen Duick.

Une minute de silence a été respectée en l’honneur de Mike Birch. C’était à 17h, à l’occasion de l’inauguration du village de la course.

Infos OC Sport Pen Duick

A propos de JEAN-MARC DEVRED 917 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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