CYCLISME: TIM MERLIER OUVRE LA « QUINZAINE SAINTE » A BRUGES-LA PANNE

Bruges La Panne 2022
Nouveau bouquet pour Tim Merlier à La Panne (photo Pierre Willemetz/Sports 5962)

Le printemps des classiques flandriennes démarrait officiellement ce mercredi 23 mars avec Bruges-La Panne 2022. Et cela même s’il y a déjà eu plusieurs courses disputées en Belgique: Omloop Het Nieuwsblad, Kuurne-Bruxelles-Kuurne, le Samyn, Grand Prix Monséré, Bredenne-Coxyde. Mais jusqu’au Tour des Flandres, plusieurs classiques World Tour vont s’enchaîner pour les coureurs au profil « flahute », avec cette année, le retour du public sur le bord des routes. L’année passée, elles étaient toutes à huis clos à cause du covid.

Dans un pays où le cyclisme est une religion, il n’est pas excessif de parler de « quinzaine sainte » pour désigner cette période. Les classiques et semi-classiques flandriennes s’enchaînent à raison de deux ou trois courses par semaine, avec, en apothéose, le Tour des Flandres. Alors que cette année, Paris-Roubaix arrivera plus tard suite à une inversion avec l’Amstel Gold Race.

Créée après la disparition en 2018 des Trois Jours de La Panne, épreuve à étapes de … 3 jours, la Classic Bruges-La Panne est devenue un rendez-vous TR7S attendu par les sprinters et autres Flandriens. Ceux-ci souhaitent préparer leurs prochaines courses sur des routes venteuses empruntées notamment par Gand-Wevelgem. A défaut de « bergs » ou de secteurs pavés, des bordures sont toujours à redouter sur ce parcours de 207,9 km à travers la Flandre occidentale.

Un beau plateau de sprinters à Bruges-La Panne 2022

Dans ce Bruges-La Panne 2022, les favoris étaient Mark Cavendish, le jeune Belge Arnaud Delie et l’Allemand Pascal Ackermann, vainqueur récent à Coxyde. Mais aussi le Belge Tim Merlier, l’Irlandais Sam Bennett, vainqueur sortant, le Danois Mads Pedersen, et le Néerlandais Dylan Groenewegen. Sans oublier les Français Arnaud Démare et Nacer Bouhanni, à la recherche d’un premier succès cette saison. L’équipe nordiste Cofidis comptait elle sur Max Walscheid, vainqueur du Grand Prix de Denain.

Les coureurs ont apprécié les conditions printanières (photo Pierre Willemetz/Sports 5962)

Parmi les autres régionaux au départ, Rudy Barbier (Israël – Premier Tech), son frère Pierre Barbier avec Quentin Jaurégui (B&B Hôtels – KTM) et Adrien Petit (Intermarché- Wanty Gobert) étaient engagés.

Deux absents de marque parmi les rois du sprint: Fabio Jakobsen retenu au Tour de Catalogne, et Caleb Ewan, malade. Mais il y avait en tous cas à La Panne un beau plateau d’hommes rapides.

Une course sans bordure

En ce mercredi scolaire, La Panne avait un air printanier. Les terrasses étaient bien garnies dès le premier passage des coureurs vers 14h. La côte belge avait déjà un air de vacances. Pas pour les coureurs qui ont profité de cette belle journée pour livrer bataille. Une bataille relative en l’absence de vent, et donc, de bordures.

Trois coureurs tentent ainsi leur chance dès le départ. Les Belges Dimitri Peyskens (Bingoal) et Jens Reinders (La Baloise Sport Vlaanderen) accompagnés de l’Italien Enrico Battaglin (Bardiani). Tous trois vont mener loin l’échappée du jour. Ils dépasseront les 7 minutes d’avance. Un écart qui va se réduire sur le circuit local, où le peloton maintient un écart de deux minutes.

On s’est donc retrouvé dans le scénario le moins excitant. Une longue échappée matinale dans une course sans difficultés sportives et sans vent. Un contrôle de la course par les formations de sprinters. un retour du peloton sur le circuit final pour un sprint massif à l’arrivée. Du déjà vu dans les courses UCI World Tour.

La confiance retrouvée de Bouhanni

Le trio est ainsi repris à 30 kilomètres de la ligne. Dans un sprint perturbé par la chute de Pascal Ackermann (Bora-Hansgrohe), Tim Merlier (Alpecin Fenix) est le plus fort et coiffe sur la ligne Dylan Groenewegen, 2è, et Nacer Bouhanni, 3è. Mais il faut la photo-finish pour départager les deux premiers.

Un sprint royal à La Panne (photo Pierre Willemetz/Sports 5962)

Tim Merlier et sa compagne Cameron Vandenbroucke, discrète au pied du podium pouvaient savourer cette nouvelle victoire, la 3ème de la saison,

Nacer Bouhanni lui était satisfait de retrouver le podium après sa chute du début de saison. Mais il tempère. » Non, quand on est sprinter on ne satisfaisait pas d’une 2è ou d’une 3ème place. C’est juste bon pour les points UCI. On prend toujours le départ pour gagner. ».

Néanmoins, une fois le moment de déception passé, le Vosgien avait le sourire sur le podium. » Ici, avec le Grand Prix de l’Escaut et Hambourg, c’est le championnat du monde des sprinters. C’est donc un bon résultat. » Un résultat qui lui redonne la confiance pour les prochaines courses, à commencer par la Roue Tourangelle dimanche.

Le premier Cofidis, Max Walscheid, termine 4è et Arnaud Démare 6è. Rudy Barbier, toujours affecté par une bronchite, a joué de malchance sur cette course et n’a pas pu disputer le sprint.

Vidéo Sports 5962. Le Beauvaisien Rudy Barbier a passé une mauvaise journée

Le classement de Bruges – La Panne 2022

1. Tim Merlier (Bel) AFC Alpecin Fenix en 4h45’41 »
2. Dylan Groenewegen (Ned) Team Bike Exhange à 00:00
3. Nacer Bouhanni (Fra) Arkéa Samsic mt
4. Max Walscheid (All) Cofidis
5.Olav Kooij (Ned) Jumbo Visma
6. Arnaud Démare (Fra) Groupama FDJ
7. Simone Consonni (Ita) Cofidis
8. Arnaud De Lie (Bel) Lotto Soudal
9. Jasper Stuyven (Bel) rek Segafredo
10. Heinrich Haussler (Aus) Bahrain Victorious tmt

Les courses de la « Quinzaine sainte »

  • Classic Bruges – La Panne (23 mars)
  • Grand Prix de l’E3 (25 mars)
  • Gand-Wevelgem (27 mars)
  • A Travers la Flandre (30 mars)
  • Tour des Flandres (3 avril)
Dylan Groenewegen, Tim Merlier et Nacer Bouhanni sur le podium de Bruges-La Panne 2022 (photo Pierre Willemetz/Sports 5962)

Les Flandriens se retrouveront dès vendredi à Harelbeke, en Flandre intérieure, pour le Grand Prix de l’E3. Ce sera une toute autre histoire avec un parcours proche du Tour des Flandres. L’an passé, le Danois Kasper Asgreen s’était imposé devant son équipier nordiste Florian Sénéchal.

Et là, c’est sur, les sprinters seront moins à la fête…

A propos de JEAN-MARC DEVRED 670 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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