RUGBY : BILAN POSITIF POUR LA COUPE DU MONDE A LILLE, LES PLUS ET LES MOINS

Bilan Coupe du Monde de rugby à Lille
le Siva Tau des Samoans samedi au stade Pierre-Mauroy (photo World Rugby via Getty Images)

La Coupe du Monde de rugby attaque sa 2ème phase, celle des matches couperets avec les 1/4 de finale ce week-end. La première, celle des groupes, vient de prendre fin avec notamment Tonga-Roumanie au stade Pierre-Mauroy. Lille, qui recevait cinq rencontres, a réussi son organisation avec la Monde du rugby. Les points positifs et les autres en guise de bilan de ces cinq semaines de Coupe du Monde à Lille.

On a aimé…

L’ambiance festive durant les cinq rencontres. Le public du rugby n’a rien à voir avec celui du football. Cela, on l’a encore constaté durant cette Coupe du Monde de rugby à Lille. Français ou étrangers, les spectateurs ont chanté et fait la ola lors des cinq matches, dans des tribunes bien remplies. Aucun incident dans le stade, en dehors ni dans le centre-ville de Lille. On a assisté à une belle fête du sport dans un contexte des plus sains.

Des matches spectaculaires. Un grand nombre d’essais ont été marqués durant ces matches. Le public ne s’est jamais ennuyé. Notamment lors d’Angleterre-Samoa, chargé de suspense. On a assisté à du rugby de haut-niveau, malgré les fortes différences entre les équipes du tri 1 et du tri 3.

La qualité de l’organisation. Pas de fausse note. Le comité local dirigé par Jérémy Bénages, a assuré. Et on remerciera surtout les volontaires (600 !) pour leur accueil et leur disponibilité. La plupart était bilingues, ce qui était appréciable pour les supporters venus du Royaume-Uni ou du Commonwealth. Une fois de plus, Lille a montré qu’elle savait organiser les grands évènements sportifs.

Bilan Coupe du Monde de rugby à Lille
Les Volontaires lillois ont été à la hauteur de l’évènement (photo JMD/Sports 5962)

Les cris de guerre des Iliens du Pacifique. Le « siva tau » des Samoans, et le « sipi tau » des Tongiens étaient aussi impressionnants que le « haka » des All Blacks. Cette tradition typique du rugby a été parfaitement respectée par les équipes adverses et les spectateurs lillois.

« Hey Jude » et « Sweet Caroline ». Le tube des Beatles servait de chanson d’ouverture avant, et celui de Neil Diamond d’au revoir après les matches. Le public anglo-saxon, mais aussi français, les a repris en coeur. deux bons moments multipliés par cinq. Sympa.

La richesse ethnique. Huit nations du rugby ont joué au stade Pierre-Mauroy. Quatre anglo-saxonnes ou du Commonwealth (Angleterre, Ecosse, Samoa, Tonga) et quatre Latines (France, Uruguay, Chili, Roumanie). Trois continents représentés, et donc des styles très différents et des publics colorés. Lille a vraiment été une capitale mondiale du rugby. Qui sont les grincheux qui prétendent que le rugby n’est pas international ?

On a (juste) regretté

La partition ratée du XV de France contre l’Uruguay. Certes, c’était l’équipe B. Mais on espérait plus d’efficacité de la part des Bleus contre les Uruguayens. Les joueurs cherchaient plus à briller individuellement qu’à jouer collectivement. Cela a donné un jeu brouillon et une victoire laborieuse, qui a contrarié les plans de Fabien Galthié.

L’absence d’une vraie fan zone. Lille était la seule ville-hôte dans ce cas. Le très modeste village du rugby sur la Grand’Place de Lille n’était ouvert que durant 9 jours. Pas de retransmission des matches sur écran géant; ce qui aurait fait le bonheur des supporters sans billet. Et certainement celui des commerçants de Lille et Villeneuve-d’Ascq. Les autorités préfectorales se sont montrées à nouveau bien frileuses.

Deux matches trop déséquilibrés. Ce n’est pas particulier aux matches à Lille. Mais les rencontres Angleterre-Chili, et Ecosse-Roumanie ont donné lieu à des scores fleuves, qui montrent que certaines équipes n’avaient pas leur place à ce niveau. Mais en dehors de ces duels, il y a quand même eu trois vrais matches.

Bref, le bilan de la Coupe du Monde de rugby à Lille est largement positif. France 2023 a en effet montré que les Hauts-de-France pouvaient être une vraie région de rugby. Il manque pour cela un club de haut-niveau. Et on espère donc que l’OMR parviendra en ProD2 dans les prochaines années. On peut aussi espérer une multiplication des licences, notamment au niveau des jeunes Nordistes. Auquel cas l’impact de France 2023 sera total pour notre région.

De plus, la Métropole de Lille marque donc des points avant les Jeux Olympiques 2024, avec le basket-ball et le handball durant deux semaines au stade Pierre-Mauroy à l’été prochain.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 1641 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.