SERIE OLYMPIQUE LES CH’TIS A TOKYO 18ème EPISODE HELENA CIAK (BASKET)

Helena Ciak avant Tokyo
Helena Ciak, intérieure de l'équipe de France (photo Cédric Lecocq/FFBB)

Une vingtaine de sportifs natifs du Nord-Pas-de-Calais ou assimilés sont sélectionnés pour les Jeux Olympiques de Tokyo (23 juillet au 8 août). Dans cette série olympique, nous vous présentons nos « ch’tis à Tokyo ». Aujourd’hui, dernier volet de notre série olympique avec la basketteuse originaire de Dunkerque Helena Ciak, qui dispute à Tokyo ses 2èmes Jeux Olympiques.

C’est avec une joueuse peu connue dans la région que nous terminons notre série. Elle fait partie de ces sportifs nés dans le Nord, qui y ont vécu un certain nombre d’années avant de partir dans une autre région commencer et développer leur carrière. C’est le cas des Roubaisiens Manon Hostens ou Karim Florent Laghouag, que nous vous avons présenté dans cette galerie de portraits.

Dans le cas de Helena Ciak, nous pouvons la comparer à une autre sportive nordiste « exilée ». C’est la championne de ski cross Ophélie David. Celle-ci habite depuis de nombreuses années au Grand Bornand. Mais elle a toujours de la famille sur la Côte d’Opale car elle est née à Cucq, près du Touquet.

Comme Ophélie David et Kristina Mladenovic

Comme Helena Ciak, Ophélie David est la fille d’un basketteur étranger: le Hongrois Jan Racz, qui a fait les beaux jours du grand Berck. Les anciens se souviennent. La comparaison vaut aussi pour une autre Dunkerquoise, Kristina Mladenovic, fille de sportifs étrangers de haut-niveau, venus d’Europe de l’Est pour jouer en France.

Helena est dans le même cas. Fille de l’international polonais Piotr Ciak, Helena foule ses premiers parquets à l’âge de 11 ans, avec son père comme premier entraîneur.

Cette grande joueuse (1m97) est née à Dunkerque, où son père jouait, le 15 décembre 1989. Lors d’une rencontre avec la presse dans un stage de préparation avec l’équipe de France à Paris, celle-ci nous avait confié son attachement à sa région de naissance. Elle a toujours de la famille, du côté de sa mère, qui vit dans l’arrondissement de Dunkerque.

Héléna raconte son parcours atypique dans cette vidéo de la Fédération française.

Mais comme toute basketteuse professionnelle, et comme son père, elle a beaucoup déménagé, en fonction de ses clubs. Après avoir découvert le basket dans le Loiret, à Fleury-les-Aubrais et Saran, Helena Ciak va débuter sa carrière pro à La Roche Vendée en 2010. Elle passera ensuite successivement dans les clubs de Perpignan, Lattes Montpellier et Bourges, avec qui elle gagne l’Eurocoupe.

Elle part ensuite deux ans en Russie, au Dynamo Koursk., où elle remporte le trophée suprême: l’Euroligue. En 2018, elle revient en France, à Montpellier d’abord avant de partir à Lyon, pour jouer à l’ASVEL.

Elle ne reste jamais plus de deux ans dans le même club. Ce qui se confirme cette année puisque après les Jeux, elle partira en Turquie, à Fenerhbaçe.

Une taulière de l’équipe de France depuis 2013

Remarquée au poste de pivot, elle est sélectionnée en équipe de France en 2013. Elle ne quittera plus la sélection depuis. Elle termine ainsi 4ème, au pied du podium, aux Jeux Olympiques de Rio. Sous la direction de Valérie Garnier, elle dispute les championnats d’Europe 2015, 2017 et 2021. A chaque fois, l’équipe de France féminine termine 2ème.

L’entraîneure de l’équipe de France Valérie Garnier, avec Helena Ciak derrière elle (photo FFBB)

A 31 ans, la grande Dunkerquoise a donc pratiquement tout gagné. Sauf une médaille aux Jeux Olympiques. C’est l’objectif de ces deuxièmes Jeux avec les « braqueuses ». Malgré son forfait suite à une blessure à la cheville pour le championnat d’Europe 2019, Helena Ciak compte plus de 90 sélections à son arrivée à Tokyo.

En équipe de France, la pivot nordiste, fait rarement partie du cinq majeur. A son poste, elle se trouve en concurrence avec une certaine Sandrine Gruda, considérée comme la meilleure joueuse d’Europe. Mais elle fait le travail à chaque fois qu’elle rentre sur le terrain. Ce qui explique la confiance que lui accorde Valérie Garnier.

Helena Ciak, lors de la finale perdue contre la Serbie, au dernier championnat d’Europe (photo Julien Bacot/FFBB)

A Tokyo, après un départ difficile de l’équipe de France, Helena Ciak espère bien décrocher cette médaille olympique qui lui manque. Les tricolores figurent déjà dans le dernier carré.

Ensuite, elle rejoindra le club turc de Fenerhbaçe où évolue l’autre Nordiste, l’Arrageois Nando De Colo. Deux joueurs de la région aux parcours si proches. D’où ce petit message adressé par Nando à Helena, lors de sa signature de contrat.

ENCADRE. Fin de série

Avec ce portrait de Helena Ciak prend fin notre série sur les sélectionnés nordistes à Tokyo. Quelques portraits manquent ? Pas vraiment. Pour les trois sélectionnés dans l’équipe de France de volley-ball, Barthélémy Cinenyeze, Yacine Louati et Daryl Bultor, vous pouvez lire l’article sur la sélection olympique publié en juin.

Pour l’athlétisme, nous avons exclu de cette série Pierre-Ambroise Bosse, Cyrena Samba-Mayela et Wilfried Happio. Ils sont certes tous les trois licenciés au Lille Métropole Athlétisme. Mais ils ne sont pas originaires de la région. Ils n’y vivent pas et ils s’entraînent ailleurs.

Enfin, nous avons laissé de côté aussi le jeune footballeur de Valenciennes Ismaël Doukhouré. Ce natif de Lille est un vrai Nordiste. Malheureusement, il n’a pas du tout joué durant le tournoi chaotique de l’équipe de France.

Mais nous aurons certainement l’occasion de reparler d’eux après les Jeux de Tokyo.

A propos de JEAN-MARC DEVRED 174 Articles
Journaliste professionnel depuis 1980, après des études de journalisme au CUEJ de Strasbourg. Carrière en presse écrite, en radio et surtout en télévision à France3 Nord-Pas-de-Calais.

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